Connaissez-vous le Bateau-Lavoir à Toulouse ?

Maxime Vivas est taquin. Dans un récent commentaire, il me suggérait de consacrer une note de blog au restaurant fondé par ses fils. Je ne suis pas du genre à me complaire dans les démarches publicitaires. Mais dans le cas présent, nous sommes en présence d'un restaurant dont j'aime la différence (rue des Blanchers, quartier de la Daurade). Je me lance donc avec plaisir.

 

Depuis la pandémie, ils ont beaucoup souffert. Ils ont dû s'acquitter, comme devant, de 10 000 euros de cotisations diverses par mois mais les recettes n'ont pas été à la hauteur, d'autant qu'ils ne pouvaient disposer que de cinq tables espacées d'un mètre. Ils ont donc diversifié leurs activités. Frédéric a donné des cours de cuisine in situ, ce qui n'a pas compensé la perte de buffets dans les facultés, bien pratiques pour renflouer la trésorerie. Ils se sont également transformés en rôtisserie.

 

Ce Bateau aura marqué la rue à jamais. Nos amis ont créé une association de restaurateurs, à qui ils ont appris à se rencontrer, à se connaître, à être solidaires (et non adversaires) face à la mairie, à revendiquer pour tous, à s’envoyer des clients. Ils ont fait de leur rue un village.

 

Outre Mélenchon, ils ont accueilli des Gilets Jaunes, des militants communistes et France Insoumise. Ils ont inventé le repas «menu fretin » du mercredi pour les pauvres et les étudiants, à prix bradé. Ils ont tout récemment livré 40 repas complets et gastronomiques à 10€ (payés par une association de soutien) pour des GJ  désargentés. Il n'ont jamais refusé de donner à manger à des SDF qui viennent mendier.

 

Ils travaillent presque exclusivement avec des producteurs locaux (dont leur père !). Autant que possible des produits bios. Pas de congelé.

 

Le restaurant fournit la CGT depuis le début et à prix d’ami. Il est assuré est la Matmut cégétiste. Son électricité vient d’un fournisseur « vert » et elle est plus chère que la moyenne nationale. Il réserve  le restau gratuitement  un jour par semaine dans la journée à un maraicher du Lot.

 

Et il leur est arrivé parfois de ne pas se payer.

 

L’aîné a une émission sur Radio Mon Païs sur le thème du travail. Ils ont milité pour les GJ (voir le livre La rue était noire de Jaune), le cadet Raphaël a connu arrestation, GAV et procès lors des manifestations GJ. Il fut relaxé dans les grandes largeurs.

 

Connaissez-vous le Bateau-Lavoir à Toulouse ?

Connaissez-vous le Bateau-Lavoir à Toulouse ?

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