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Billet de blog 25 janv. 2017

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Monique Lauray nous a quittés

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En 2011, j’avais déjà évoqué  cette artiste magnifique, ancienne employée de France Télécom où elle avait été la collègue de mon beau-père, avant d’aider son mari garagiste dans leur village de Montaut-les-Crénaux, sa principale source d’inspiration, sa Montagne Sainte-Victoire.

Monique est partie, sereine, après une « longue maladie », à l'âge de 63 ans. Elle a peint jusqu’à son dernier souffle, de la main gauche car la droite ne répondait plus.

Elle ne l'évoquait que très rarement, mais son nom de jeune fille était Ingres. Dans son cas, bon sang ne mentait pas.

Elle était cotée depuis longtemps mais répugnait à faire de l’argent avec son œuvre. Comme d’autres, j’avais convoité ce tableau saisissant inspiré par la chanson “Nuit et Brouillard” de Jean Ferrat. Elle m’avait dit qu’elle ne ferait jamais d’argent avec les victimes des camps de concentration et avait offert le tableau au Musée National de la Résistance.

De même, elle avait offert à la veuve de Jean Ferrat un chaleureux portrait du chanteur qu’elle admirait au plus haut point. Je la cite (dans un texte de février 2011):

« Par sa musique sublime, son écriture rebelle et poétique, le choix de ses textes, Ferrat m’accompagne très souvent dans ma peinture et m’inspire. Sa voix, son charme, la force et le talent avec lesquels il porte ses chansons me touchent. Qu’elles soient graves ou tendres, j’aime de ses chansons en saisir l’âme, en vivre ses émotions.

Profondément humain, éveilleur de conscience, avec le désir ardent de combattre l’injustice et le malheur il nous rappelle que la liberté est une quête permanente au prix de la vie. Des poètes tombés, aux peuples soulevés, femmes en lutte, victimes du racisme, au nom de l’idéal … « il ne chante pas pour passer le temps ».

Envoûtant et charmeur dans ses chansons d’amour, il nous conte aussi la beauté de la nature, nous mettant en garde de nos actions destructrices, nous parle de l’amitié, du temps qui passe et des moments simples de la vie.

Et si instinctivement je m’évade par la couleur, préférant la palette flamboyante à la tristesse du monde, je n’en suis pas moins sensible. Alors, à mon très modeste niveau, j’essaie à ma manière, pour ma prochaine exposition de lui rendre hommage, tant il me manque.

Aux siens, à son mari Bernard en particulier, j’adresse mon souvenir le plus ému.

PS : on peut admirer certaines de ses œuvres ici.

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