Un restaurateur taxé par l’URSSAF car il mange dans la cuisine de son resto.

Un inspecteur de l’URSSAF contrôle un restaurant. Contrôle de routine qui se passe normalement. Juste avant de partir, l’inspecteur, avec l’air de ne pas y toucher, demande au restaurateur où il mange le midi. «Ici même » répond le restaurateur. S’il avait anticipé une question aussi perverse, il aurait répondu : « je ne mange pas » ou « j’apporte ma gamelle ».

 

L’URSSAF réclame 14 000 euros à ce restaurateur comme redressement fiscal pour les trois dernières années en se basant sur la dépense moyenne par client, soit 107 euros. Pour l’URSSAF, il s’agit d’un avantage en nature soumis à cotisations sociales et à impôt. Dans son infinie bonté, l’URSSAF accepte un échelonnement sur trois ans.

 

Le restaurateur tente alors d’expliquer au crétin urssafien ce que tout le monde sait, à savoir que les propriétaires, gérants, chefs,  employés, ne mangent pas la même chose que les clients. Ils achètent des produits plus simples pour se faire une cuisine de base : steaks, pâtes, frites, salades etc. Le restaurateur explique ainsi qu’il retient 6 euros par repas (et non 107) à ses employés.

 

Ce n’est pas la première fois que l’URSSAF tombe sur le poil d'un restaurateur. Dans sa logique, elle aurait pu – ce qu'elle a déjà tenté de faire – ajouter aux 107 euros le coût de l’énergie pour préparer des pâtes et des frites, celui de la main d’œuvre, d’une partie du loyer  payé par l’entreprise, et même de majorer ces coûts de la TVA en vigueur. On imagine alors un crétin de l’URSSAF passant chez Bocuse !

 

Des litiges ont été plaidés ces dernières années. La justice s’est montrée plus intelligente que les crétins de l’URSSAF en estimant que la valeur réelle d’un avantage en nature ne peut pas s’apprécier par rapport au coût d’un repas pris dans un restaurant mais par rapport au coût d’un repas pris à domicile.

 

Je conseille à deux cuistots toulousains de ma connaissance de se munir de goudron et de plumes en prévision de la visite d'un crétin urssafien.

 

Pendant ce temps-là, Patrick Balkany mange gratuitement en prison. Á nos frais. Et à ceux du crétin de l'URSSAF. Il y a une justice !

 

Au fait, et si un électricien change une prise dans sa cuisine, il se passe quoi ? Et si un professeur d'anglais donne un cours particulier d'une heure à son fils ? Et si un cultivateur se fait une omelette sur le pouce avec les œufs de sa ferme ? Et sui une retraitée de l'enseignement privé mange à l'œil tous les jours dans un palais présidentiel ? Et si une prostituée couche gratuitement avec son souteneur ?

 

 

Un restaurateur lourdement taxé par l’URSSAF car il mange dans la cuisine de son resto.

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