Petit lexique “ corporate ”

D'après Samantha Bailly.

On ne pense pas sans mots. Voici la guerre des mots (et les mots de la guerre) du capitalisme financier. On vide les mots de leur substance réelle comme on vide les crânes et on les gave de la pensée du système. On embrouille. Pensons à l'expression "égalité des chances". Comment des chances pourraient-elles être égales ? Plus de hiérarchie mais du N+1 ou N-1. Les partis politiques n'ont plus de programme mais un ADN.

 

Roland Barthes l'avait prédit il y a bien longtemps : le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire. Il n'est même pas nécessaire que les gens adoptent la pensée du système, il suffit qu'ils utilisent son langage codé. Comme quand les responsables syndicalistes parlent de “ partenaires sociaux ”.

 

 

Petit lexique “ corporate ”

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