L'attaque, témoignage d'une victime: barbarie et complicité politique

Témoignage d'une victime de l'attaque au couteau avenue Marx Dormoy le 13 février 2018 à 23h. Loin d'être un fait divers comme le rapporte la presse ( le Parisien et BFM) cette acte barbare qui a touché huit personnes est le symptôme de la situation apocalyptique des réfugiés abandonnés à leur sort et condamnés à une «vie nue» depuis plus de six ans sous l’œil indifférent des politiques.

Quelques semaines après son élection j’ai tenté d’alerter le président Macron sur la situation inhumaine pour ne pas dire apocalyptique des réfugiés à Paris Porte de La Chapelle. Sans succès. J’ai le triste honneur aujourd’hui de faire  avec d’autres personnes la une du Parisien et de BFM mais cette fois en tant que victime d’une agression par un jeune  réfugié marocain de 17 ans venu à Paris il y a un an d’après le rapport de police. Ce jeune erre  dans la détresse totale entre La Chapelle, Jaurès et Stalingrad comme des centaines d’autres comme lui, abandonnés depuis des années (plus de 5 ans) dans ces quartiers par les pouvoirs publics.  Face à l’indifférence générale de nos gouvernants et à la violence imposée par des  conditions de vie bestiale, il est devenu lui-même un barbare. Tout dans sa vie réduite à la vie nue l’y incitait. Point besoin d’être radicalisé selon l’expression dorénavant politiquement correcte pour passer à l’acte, sa situation inhumaine suffit en soi pour comprendre la haine qu’il ressent et qui l’a conduit à passer à l’acte. Face à un tel traitement indigne et méprisant, il se pourrait que moi-même dans ses conditions de non vie j’eusse agi comme lui, envahit par un sentiment de haine à l’égard de moi-même et des autres et animé de la volonté de tuer. Sans doute direz-vous, je suis sous l’effet du syndrome de l’otage compatissant à l’égard de son agresseur. 

Ce mardi 12 février  entre 23 et 24 heures ce  jeune marocain a poignardé sans mobile six  personnes selon la Presse, en vérité huit car deux ne se sont pas déclarés. Je suis celui qui a été touché dans le dos à proximité du rein (voir BFM). Heureusement, après une nuit passée aux urgences à l’hôpital Bichât et après un scanner il s’est avéré qu’aucun organe (notamment le rein) n’ait été affecté. Je m’en sors vraisemblablement grâce à son Dieu Allah avec quelques points de suture et une balafre qui sur la plage ferait envie aux tatoués. Je n’ai jamais vécu de telles scènes aussi hyper violentes dans tous les voyages à risques que j’ai fait et notamment en Israël et en Palestine. Il a fallu que ce soit à quelques pas de chez moi, dans Paris et dans le dix huitième arrondissement.

Ce jeune qui selon la presse a  gratuitement poignardé des civils femmes et hommes, noirs et blancs a été  qualifié de manière un peu facile comme étant sous l’emprise de l’ivresse  (Le Parisien), ce qui permet de classer l’affaire et de la ranger dans la rubrique des faits divers. Bien trop simple et pratique. Belle pirouette qui dédouane un peu vite la responsabilité des gouvernements successifs qui se moquent (c’est un euphémisme) de la situation des réfugiés de même que de celle des résidents du Nord de Paris qui depuis six ans sont sous pression et abandonnés par les édiles républicaines et les soi-disant représentants démocratiques du peuple. Pour ma part ces responsables politiques de droite, de gauche et de la RPM aujourd’hui sont  aussi  les complices de cette radicalisation en laissant les réfugiés crevés de froid en les abandonnant à leur sort misérable dans la rue en plein Paris. Je suis furieux et j’en veux encore plus aux pouvoirs publics qu’à ce jeune mineur qui dans sa haine s’en est pris indifféremment à tous passants quelque soit le genre et l’origine. Il a aussi blessé deux jeunes maghrébins  eux-mêmes réfugiés qui m’ont conduit pour me secourir dans le café le plus proche et qui malgré leurs blessures aux bras se sont enfuis de peur d’aller à l’hôpital et de se voir reconduire dans leur pays. Voilà la belle France de la Déclaration Universelle  des Droits de l’Homme qui entretient la haine et qui ose parler d’accueil des réfugiés. .Bernard Kalaora (Anthropologue en colère EHSS)

 

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