Center Parcs et les 7 godillots.

7 députés La République En Marche isérois pour Center Parcs.

Center Parcs et les 7 godillots.

 

Selon Wikipedia, ils sont 308 et 2 apparentés… 308 députés LAREM et 2 apparentés, distillant les resucées de ce qui fut, jadis, la Macronie triomphante.

Parmi ces 308 et 2 apparentés, il s’est trouvé 7 Isérois pour déclarer publiquement leur flamme à Pierre et Vacances, au Center Parcs de Roybon et à Gérard BREMOND, illustre bétonneur/saccageur d’espaces naturels. (Monique Limon, Olivier Véran, Jean-Charles Colas-Roy, Catherine Kamowski, Marjolaine Meynier-Millefert, Caroline Abadie, Didier Rambaud.)

Résumons : au terme d’une dizaine d’années d’intenses luttes, polémiques, affrontements, au terme d’une enquête publique concluant clairement à la nécessité d’abandonner le projet, au terme de plusieurs jugements dont celui de la cour d’appel du TA de Lyon confirmant le résultat de l’enquête publique, le Conseil d’Etat conclut… qu’il convient de rejuger l’affaire !!! 

En pleine solidarité avec la majorité des « zélus » locaux, du Rassemblement National à feu le Parti Socialiste et aux Républicains, il n’en fallut pas plus pour que nos sept godillots montent au créneau en affirmant, selon le site « Place Gre’net », que le Center Parcs serait « une opportunité de développement du territoire des Chambarans » (sic). Ils ajoutent que le même Center Parcs constituerait « un projet porteur d’emploi » ainsi qu’« un important vivier d’activité qu’il ne faut pas sous-estimer, notamment eu égard à la situation de l’emploi dans ce bassin. »

Ces gens-là semblent pour le moins manquer de discernement. Selon le magazine « Le Revenu »,  « pour l’exercice clos le 30 septembre 2018, Pierre et Vacances  affiche une perte nette de 45,9 millions d'euros » tandis que son titre baisse de 2%... Si ce déficit s’avérait supérieur antérieurement, il n’empêche pas l’auteur de l’article de considérer que les investisseurs restent pour le moins inquiets, et on les comprend.  Nos 7 godillots oublient, de surcroît qu’en dépit des niches fiscales et des juteuses subventions, les Center Parcs existants et leurs propriétaires rencontrent d’énormes problèmes liés à la dégradation des coûteux cabanons dont ils ont fait l’acquisition et à la baisse concomitante des loyers versés. Ils veulent, de plus, ignorer que les « emplois » promis sont, en réalité, des sous-emplois payés au lance-pierre et que les conditions de travail, aux dires de nombreux employés des Center Parcs, sont déplorables. Center Parcs et Pierre et Vacances ne sont qu’un système constitué sur l’exploitation du pauvre monde et sur une fuite en avant, puisant dans les bénéfices issus de la promotion immobilière, pour combler  – insuffisamment – leurs déficits. Dans ces conditions, on est en droit de se demander quels sont les réels mobiles des « zélus » qui soutiennent un tel projet et prétendent y investir massivement l’argent du contribuable.

 

Au-delà de la seule question économique, rappelons que le point de rupture conduisant au mouvement des « Gilets Jaunes » s’est d’abord constitué autour du refus crispé du gouvernement de revenir sur la taxe carbone, qui conduisait à une augmentation massive du prix du diesel. Que nos 7 godillots, et tous les autres, daignent se souvenir de leurs couinements courroucés en faveur de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique, avant que Jupiter ne les désavoue. Pour les députés LAREM, le souci écologique ne vaudrait-il que lorsqu’il s’agît d’alléger le portefeuille de la population laborieuse mais non lorsqu’il s’agît de saccager la forêt ?

Nos 7 godillots ont-ils oublié l’accord de Paris sur le réchauffement climatique ? Pensent-ils au saccage d’une centaine d’hectares de zone humide, à la pollution probable d’une nappe phréatique à haute valeur environnementale, à la circulation de centaines de véhicules sur nos petites routes, à la construction délirante d’une bulle tropicale dans les Chambaran, aux milles cabanons implantés dans la forêt tronçonnée et à la population qui s’y entassera, au gaspillage d’eau, aux eaux usées… ? Ne voient-ils pas que toutes ces aberrations constitueront un véritable crime contre une nature qu’il faut désormais défendre pied à pied ? Tout ça pour une poignée de sous emplois ?!  Pensent-ils que, des milliers de jeunes, peut-être des millions de par le vaste monde, se préparent à manifester pour qu’enfin les gouvernements se décident à répondre aux défis du réchauffement climatique et de la dégradation continue de l’environnement ?

Ces gens-là, nos 7 godillots, ne sont, au fond, que le tenants d’un autre âge, d’une vieille conception, d’un logiciel très ancien. Ce qu’ils considèrent comme progressiste, c’est l’idée que la croissance infinie dans un monde fini régira la société humaine jusqu’au bout. Ils croient que le profit et sa « main invisible » conduiront à la « fin de l’Histoire » chère aux ultra-libéraux. Ils ne veulent voir ni la lutte des classes qui se déchaine, ni la violence des minorités privilégiées qui s’octroient le droit de confisquer la plus grande part des richesses produites. Ils se croient dépositaires d’une intangible vérité alors qu’ils ne propagent qu’illusion, colère et désenchantement.

Nos 7 godillots veulent ignorer qu’en 22 mois de gouvernement, eux-mêmes, leur leader, leur souverain mépris, ont contribué à instaurer, en France, un climat délétère et qu’ils se sont attiré l’hostilité, sinon la haine, d’une majorité de la population. Aussi feraient-ils bien de renoncer à leur rêve imbécile.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.