L’élection présidentielle américaine

Quand l'élection du président Biden a été confirmé, il y a eu dans la rue où nous vivons des expressions de joie. L'élection présidentielle américaine peut paraître compliquée parce que il y a le vote populaire et le vote du collège électoral.

Les Etats-Unis vit, depuis 1789, sa deuxième République. A cette époque là on se méfié de donner tous les pouvoir à un seul homme et donc le pouvoir présidentiel est le deuxième article de la Constitution fédéral alors que le Congrès est le premier pouvoir, le troisième étant le judiciaire. En outre, la méfiance des Etats, seulement les 13 issue de la colonisation, de créer un exécutif, a donné lieu au Collège Electoral, qui servait de filtre puis une façon aussi, de garder un peu de contrôle sur cette élection/

Cette vieille République comme me disait un ami a le plus vieux parti politique, le Parti Démocrate crée en 1829. Ce n'est pas mal pour un jeune pays!

L’élection présidentielle américaine de 1980 a été présentée en France de façon caricaturale. La Convention Démocrate du mois d’août est apparue à la télévision sous son aspect hystérique et bariolé au milieu dune cité (New-York)où les déshérités étaient laissés à l’abandon. (N’oublions pas que New-York investit deux fois et demie plus pour un jeune noir que pour un jeune blanc.) Le petit écran est allé plus loin en présentant les dimanches soirs qui ont précédé l’élection, un feuilleton américain soulignant les mauvais côtés de l’ institution présidentielle; un western de la politique où le politique faisait figure de méchant. La revue ‘Pouvoirs’ s’inscrit dans cette lignée en ‘Jubilant un ensemble de données, sondages et études pour démontrer l’inconsistance des institutions américaines.

La réalité est beaucoup plus complexe. Dans un premier temps, il ne faut pas perdre de vue que la démocratie existe aux USA, sans heurts sur le plan technique, depuis 1778 qui fut le début de la première république qui termina quand la deuxième commença en 1789 et on est toujours à la deuxième avec une interruption pour les Etats du Sud qui avaient fait sécession puis ayant perdu la guerre civile , ils ont été occupé par l’armée du nord durant la période appelé de Reconstruction pendant lequel il n’ont pas eu d’élections. Il faut donc lui accorder le mérite de .la continuité.

George Washington élu Président de la République américaine en 1789.

Il ne faut pas non plus oublier que l’Amérique n’est pas n’importe quel pays et que ses structures politiques modelées par le temps ont permis de maintenir la stabilité démocratique sur l’ensemble d’un vaste territoire peuplé d’ethnies et religions diverses, plus ou moins assimilée à selon qu’elles étaient nouvellement ou anciennement débarquées de toutes les régions du monde. ne faut pas s’arrêter à l’apparente désorganisation des procédés de désignation des candidats aux élections présidentielles américaines mais les situer dans leur contexte historique où ils apparaissent alors comme l’étape actuelle d’une évolution à l’écart des contraintes institutionnelles de la Nation. La démocratisation est intervenue dans un domaine qui était à l’origine celui de l’appareil des partis. La Constitution Américaine prévoyait (et prévoit toujours) la possibilité de deux tours à 1′ élection présidentielle. Premier tour; choix des grands électeurs et vote de ceux-ci. Deuxième tour en cas qu’aucun candidat n’obtiendrait la majorité absolue des grands électeurs, le choix revenant à la Chambre des Représentants. L’effet de 1’ensemble des procédures électorales majoritaires à rendu inutile le deuxième tour et l’a peu à peu remplacé par un avant – premier tour, celui de la désignation des candidats.

La permanence de la bipolarisation

PARTI DEMOCRATE -Joseph Biden, Parti Démocrate

est la raison pour laquelle la désignation des candidats à pris une telle importance (la pratique démontre qu’un des candidats désignes par les deux principaux partis, sera élu président) et l’ évolution des procédures de désignation tendent a la démocratisation de celles-ci tout en s’efforçant de les maintenir dans le cadre des formations politiques, phénomène qui est à la fois une conséquence et un élément constitutif de la bipolarisation.

PARTI REPUBLICAIN -Ronald Reagan, qui fut Gouverneur de la Californie, faisant deux mandats puis devenu Président de la République.

Il s’agit donc d’une dichotomie; augmentation du nombre des participants tout en restant dans le cadre limité des partis et l’aboutissement sera nécessairement un compromis. De nombreuses voix s’élèvent contre le collège électoral et reprennent l’ argumentation de Neal PIERCE – 1968. Or, la forte exagération des tendances qui en résulte est un des éléments qui rend inutile le deuxième tour prévu par la Constitution; deuxième tour très dangereux car la pratique démontré qu’une assemblée (la Chambre des Représentants en l’occurrence) ne fait qu’entériner le choix des électeurs et par la-même ne sert à rien (l’élection du Président Allende par le Congrès chilien) ou pourrait voter contre le choix du suffrage universel ( c’est arrivé aux Etats-Unis en 1824) de l’abaissement de la majorité électorale à 18 ans (nous savons que les jeunes votent moins).

Or, le pourcentage de votants par rapport aux électeurs potentiels ne dépasse pas 56% mais par rapport aux électeurs inscrits, nous obtenons une toute autre image, 78,9%. De 1958 a 1968, la participation, calculée selon les normes internationales dépasse 80%.

Autre point d’importance, l’abaissement de la majorité électorale, a fait baisser la participation au niveau d’avant guerre alors qu’elle était nettement plus forte dans la période dont nous venons de parler (1958-1968). Ceci étant dit, le pourcentage des non-inscrits aux Etats-Unis est presque trois fois plus important qu’en France. Presque trente pourcent en 1972 alors que pour la France, Alain Lancelot donne 12,8% en 1877, 10% en 1955, une forte baisse à 4,5% en 1956 provoquée par le vote à l’Assemblée Nationale de l’inscription obligatoire (restée en instance déviant le Conseil de la République), puis une lente remontée jusqu’en 1964 à 7,1%. (je n’ai pas les chiffres actuels.)

La population américaine se distingue par sa grande mobilité (un américain déménage tous les ans) et l étude WOLFINGER et ROSENSTONE sur les élections de 1972 qui comprend une population représentative de 88 105 personnel en âge de voter qui montre l’importance du temps de résidence dans la non-participation électorale. La combinaison du découpage des temps de résidence avec des tranches d’ âge allant pour l’un de moires de 4 mois à 10 ans, pour l’autre des 18-24 ans à +70 ans ne montre aucune exception à la règle. La proportionnalité est même remarquable atteignant un maximum de -28% par rapport a un citoyen ayant la même résidence depuis 10 ans. La grande mobilité de la population ainsi que la faible participation des nouveaux citoyens place les Etats-Unis dans une situation tout à fait différente de celle des pays européens et explique le rapport de 3 : 1 des non-inscrits.

Cela est une raison de plus pour comparer ce qui est comparable, c’est à dire le pourcentage des votants par rapport aux inscrits. La participation électorale aux Etats-Unis à de telles implications sur la crédibilité de ses institutions qu’il n’est pas inutile de prendre en considération différentes études dont elle a fait l’objet. Le niveau d’instruction apparait comme la variable démographique la plus importance; en ce qui concerne la participation dans les études de CAMPELL- The American Voter-I960, de MILBRATH-1965, de BRABER – Citizen Politics-1969 et de WOLFINGER et ROSENSTONE – Who Votes-1980 (élections de 1972). Certaines études contestent la prédominance de l’instruction mais présentent l’inconvénient de ne pas considérer l’instruction en elle-même. Par exemple; BENNET et KLECKA – Social Status and Political Participation-1970 qui divisent la population en classes. La ‘upper middle class’ , qui comprend un quart de la population active et se compose des professions libérales, des chefs d’entreprises et de fonctionnaires, mélange des niveaux d’instruction fort différents car on trouve chez les premiers 80% ayant une formation d’enseignement supérieur alors que les deux catégories suivantes ne présentent que 45%.

De façon semblable, NIE et KIM-1978, déterminent des niveaux socio-économiques qui mélangent des variables qui ont chacune des effets qui leur sont propres. Par exemple; le niveau d’instruction, la profession et le revenu. WO1LFINGER et ROSENSTONE montrent clairement 1′ importance de l’instruction sur la participation électorale non seulement sur l’ ensemble de la population mais en décomposant par groupe d’ age. Ainsi, le pourcentage de participation électorale passera pour les jeunes de 18 a 24 ans de 14 à 85% selon qu’ils ont eu une instruction primaire ou ont passe plus de cinq ans dans une université.  De 70 à 78 ans la différenciation sera toujours apparente, 58% et 94% eten sera de même pour toutes les catégories intermédiaires. Ces résultats rendent peu crédibles l’argumentation souvent avancée que les intellectuels ne votent pas .

Ne pas différencier les différents composants dune catégoric peut entrainer des conclusions fantaisistes. Par exemple; certains auteurs (CONVERSE et NIENNI – Non-voting Among Young Adults-I971) ont trouvé de bonnes raisons psychologiques pour la baisse de participation en fin de vie. Or, ce déclin chez les plus de 60 ans est une conséquence non pas de l’âge mais de la modification des rapports numériques entre sexes (les femmes votent moins), le veuvage (le célibat entraine lui aussi un affaiblissement de la participation) et l’ éducation. L’ étude de WOLFINGER et ROSENSTONE fait apparaître l’âge comme le deuxième facteur agissant sur la participation après le niveau d’instruction. Le revenu apparaît, pour ces mêmes auteurs, comme l’ élément venant en troisième position. En revanche, son importance sera mise en lumière par ceux qui ont tendance à mettre en doute la notion de démocratie américaine. Reiter en 1979 raisonnera de la façon suivante. La faible participation des moires fortunes n’incitera pas les hommes politiques à légiférer dans leur intérêt. Naturellement, cela suppose que les défavorises qui ne participent pas aux élections aient une position différente des votants sur les options politiques ou ne se reconnaissent pas dans les mêmes partis. Or, il n’en. L’étude de l’ élection de 1972 par le Michigen Center for Political Studies obtient une image partisane identique pour le Parti Démocrate 51,4% et 51,3% en comparant l’ensemble des américains en âge de voter aux votants. Le Parti Républicain obtient 36% pour l’ensemble de la population et 39,7% pour les votants.

La comparaison des attitudes a l’égard des mesures considérées comme étant libérales ou conservatrices donnent des résultats 6a les votants se distinguent a peine de l’ ensemble de la population en âge de voter avec un léger penchant des non-votants vers le conservatisme. En ce qui concerne l’ opinion des non-votants mur les candidats aux élections présidentielles, on la trouve ni moins bonne ni meilleure que celle des participants (BRODY – The Puzzle of Political Participation-1978. WEISBERG and GROFMAN-I979.).

Le système américain permet-il de designer le meilleur candidat ?. La question ainsi posée ne permet pas de donner une véritable réponse car rien ne nous renseigne sur la valeur, en tant que président, des candidats qui ne seront pas désignés. En revanche, l’observation de l’histoire récente nous donne d’intéressantes indications. Malgré tout ce que l’ on pourra dire sur la personnalisation d’un pouvoir présidentiel, la règle générale, aux Etats-Unis, est que le candidat qui sera celui du parti qui réunira le vote des groupes d’ influence les plus marquants. Depuis 1932, il s’agit du Parti Démocrate qui réunit la majorité du vote syndicaliste, juif et noir a celui des catholiques qui étaient de la démocrate. Seules, des circonstances exceptionnelles feront designer, par le suffrage universel, le candidat du Parti Républicain. Nous avons 4 exemples de circonstances exceptionnelles. Un troisième candidat, transfuge du parti dominant qui permet an candidat du part! minoritaire de l’emporter. (Theodore ROOSEVELT au temps ou les Républicains étaient dominants, qui permettra 1’élection du démocrate WILSON en 1912 et WALLACE, qui en 1968, permettra l’élection du républicain NIXON.) Un candidat exceptionnel. (EISENHOWER, h2ero de la guerre en 1952)

– Un candidat extrémiste du parti majoritaire. (McGovern en 1972 qui permettra au président sortant d’obtenir le résultat exceptionnel de 62% des voix. Il s’agissait de NIXON) – L’ élection de 1980 nous offre le quatrième exemple d’un président républicain l’emportant sur le parti dominant alors que celui-ci gagne les élections à la Chambre des Représentants. Le mandat du président sortant se caractérisait par la faiblesse autant en ce qui concerne l’aspect international que le cote intérieur. Il s’agissait d’un président peu préparé à la politique dont la sélection et l’ élection étaient dues à la vague antipolitique qui s’était emparée du pays après le Watergate.

L’élection des présidents démocrates permet de faire les remarques suivantes. Apres la mort de Franklin ROOSEVELT, tout le monde donnait TRUMAN perdant. On oubliait qu’il était candidat démocrate. NIXON, en 1960, qui avait été un vice-président actif et efficace ne put rien contre KENNEDY, qui bien que catholique, avait l’avantage d’être démocrate. JOHNSON, après la mort de KENNEDY, qui eut la tache facilité par l’extrémisme de droite du candidat républicain GOLDWATER. A noter que GOLDWATER a remporté la nomination républicaine au détriment de ROCKERFELLER, qui lui, était républicain lib2ral, uniquement en raison de la vie sentimentale de ce dernier.(un divorce, un remariage et un accouchement qui tombaient en pleine campagne de désignation)

Les syndicats apolitiques sont eux aussi capables de coiffer 1′ ensemble du syndicalisme national mais deviennent vulnérables aux scissions à la suite d’une guerre ou à l’ occasion de profonds troubles sociaux ou économiques. En revanche, les syndicats contrôlés par un parti communiste se sont montrés incapables de conserver l’unité du mouvement ouvrier.

 

 

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