NDDL; pour en sortir ?

Pour faire suite à mon précédent article  "NDDL ; un projet inutile ?";  http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-uguen/010813/notre-dame-des-landes-projet-inutile ,  et  compte tenu que le conflit risque encore de durer, voire de dégénérer, il est peut être nécessaire de reposer la question des complémentarités des infrastrutures de transport et de l'aménagement du territoire. Nous y trouverions peut être une solution pour en sortir.

Dans les arguments développés par les opposants au projet de NDDL, cette problèmatique d'aménagement du territoire semble très secondaire au regard des conséquences écologiques (écosystèmes, espace rural à sauvegarder ).  Sans mésestimer, bien au contraire cet aspect des choses, il reste cependant à s'interroger sur la pertinence d'un aéroport international dans le grand Ouest.

Il est utile, auparavant, d'écarter du débat sur Notre Dame des Landes la question ou non du développement du transport aérien, même si certains persistent à avancer l'idée qu'il n'est pas "écologiquement responsable".  La réalité veut que ce transport se développe continûment, non seulement  au niveau mondial mais aussi en France. Pour en avoir confirmation, voici un article de "La Tribune"; Le gestionnaire des aéroports parisiens a accueilli 92,7 millions de voyageurs en 2014 dans les aéroports de Roissy et d'Orly, en hausse de 2,6% par rapport à 2013. Sans la grève la croissance aurait été de 3,6%" http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/20150115trib05f3dcfa8/aeroports-de-paris-trafic-record-malgre-la-greve-des-pilotes-d-air-france.html  . 

Par ailleurs, il est évident pour tout le monde que l'industrie aéronautique est un des fleurons de l'économie française et que chaque vente d'appareils continue à faire grandir, avec raison ou pas,  notre fierté nationale, à défaut d'emplois.

Je rappelle donc que le développement à l'international d'un aéroport  pour le Grand Ouest, a été relancé lorsqu'il a été question de la création d'un 5 éme aéroport dans la région parisienne dans les années 1970-80. Une des alternatives  à ce projet était donc le renforcement des plateformes régionales.  Si ce cinquième aéroport parisien n'a pas été construit, il n'en demeure pas moins que le trafic sur Paris augmente et que les aéroports parisiens s'aggrandissent, puisque  le developpement des aéroports régionaux est aussi dépendant du passage quasi obligé par Paris des voyageurs de province.. Considérant, la réalisation concomitante  des lignes TGVs "capitales régionales"-Paris, l'engorgement de Roissy-Orly,  va se poursuivre en raison du non-service rendu à l'international par les aéroports régionaux. C'est donc aussi une question environnementale et écologique pour la région parisienne. De fait, nous persévérons dans la construction en étoile vers Paris des réseaux de notre territoire national, sans laisser à nos territoires périphériques la capacité de s'en extraire, et la chance d'en faire bénéficier leurs économies.

Au vu de ces considérations, la réalisation d'un aéroport international pour le Grand Ouest, au regard de la population et de l'économie concernées, semble tout à fait justifiée. C'était d'ailleurs la conclusion du schéma de l'aire métropolitaine  de Nantes fait dans les années 70; "L'ouverture sur l'Atlantique des régions de l'Ouest doit avoir pour conséquence une politique aéroportuaire comportant la création d'un grand aéroport international  leur permettant des communications plus faciles. L'engorgement de l'espace aérien et les nuisances autour de paris ainsi que la nécessité de prévoir un grand aérodrome de fret proche de la mer, justifient ainsi l'implantation d'un équipement de cette importance." 

Alors en définitive, c'est "Notre Dame des Landes" qui a été retenu.  Mais il y avait un autre site qui avait été étudié et mis en concurrence; celui de "Guéméné Penfao", proche de Redon et quasiment  à équidistance de Rennes et Nantes..

le site de Guéméné Penfao.

En relisant l'étude comparative qui avait été réalisée en 1971, ( à rechercher sur le site du dossier d'enquête) on s'aperçoit que

  • - "pour les commodités d'implantation, pour les études de sols et d'hydrologie,  pour les problèmes de circulation aérienne, les sites se valent",
  • - le site de Guéméné ne présente aucune impossibilité technique (hormis la présence d'une ligne à haute tension à déplacer),
  • - que pour la répercussion  sur le trafic international le choix du site n'offre aucune influence.
  • - que le choix de Guéméné se justifie seulement dans le cas d'un aérodrome international.

Cependant  pour la génération de trafic, le résultat est très en faveur de Notre Dame des Landes.

C'est donc bien le trafic intérieur, Paris et villes de province,  (l'étude ne s'en cache pas d'ailleurs)  et la proximité d'une grande agglomération comme Nantes qui ont justifié ce choix de NDDL. Or aujourd'hui tout a changé. Nantes et Rennes ont leur ligne TGV qui les place à 1 heure 30 de Paris..  il est question d'une ligne TGV Rennes-Nantes  qui peut passer à proximité de Redon et donc de Guéméné-Penfao qui par ailleurs est situé à proximité de la voie express, Rennes-Vannes.

Ainsi donc,  si la question est l'ouverture au ciel international des régions Ouest et de la Bretagne en particulier, le choix du meilleur site Guéméné-Penfao, est certainement renforcé.  Placé sur les voies express Rennes-Vannes, il est situé à proximité du carrefour ferroviaire de Redon, prévu dans le scénario TGV Rennes Nantes. 

situation  de Guéméné Penfao © le Télégramme modifié Bernard Uguen situation de Guéméné Penfao © le Télégramme modifié Bernard Uguen

 

 




 

 

 

 

distances distances

 

par ailleurs , voici une  transcription des durée de parcours vers Guéméné Penfao, par rapport à ceux vers Notre dame des landes. (dessin pris sur le site de l'aréroport , auquel j'ai rajouté les informations vis a vis de Géméné Penfao)

 Ainsi la situation de Guéméné Penfao, pour des communications internationales, n'est aucunement pas préjudiciable à la population à l'est d'une ligne Rennes-Nantes.

Par ailleurs d'aprés le dossier d'étude, il semble bien que le site de Guéméné-penfao se rapproche plus d'un plateau  que d'une plaine, ce qui minimise, à plus ample informé, la question relative aux zones humides.

 

Nous ne savons pas comment  va évoluer la situation sur Notre Dame des Landes, mais le blocage semble assez sévère, amplifié d'ailleurs par des considérations parasites, ni écologiques ni relatives à l'intérêt régional.   C'est la raison pour laquelle il est temps, si rien ne s'arrange, de proposer une alternative.   C'est la motivation de ce billet.

Néanmoins, l'éventualité proposée ici, est une solution qui devrait s'insérer dans une véritable politique régionale aéroportuaire concertée dasn l'Ouest, au regard de ses nombreux aéroports bretons qui vivent d'expédients,  et d'une réflexion approfondie des complémentarités des moyens de transports. Il devient aujourd'hui calamiteux de continuer d'ignorer la question des complémentarités des moyens de transports, malgré les bons discours traditionnels sur l'intermodalité.

 

 

 

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