MEXIQUE QUEL PROCHAIN PRESIDENT ?

Les gouvernements du PRI qui ont régné pendant 71 ans, totalement corrompus avaient au moins “ l’avantage “ d’un accord tacite avec les cartels et donc de se partager les zones d’influence et les dividendes  de la drogue...

Les gouvernements du PRI qui ont régné pendant 71 ans, totalement corrompus avaient au moins “ l’avantage “ d’un accord tacite avec les cartels et donc de se partager les zones d’influence et les dividendes  de la drogue...

Monsieur Guillaume Beaulande, dans Mediapart du 11 janvier fait une analyse intéressante mais trop succinte de la situation du Mexique à la veille des élections présidentielles et législatives de juillet prochain . La situation mexicaine est en fait beaucoup plus complexe ne serait-ce qu’en raison de l’influence sur les électeurs aussi bien que sur les élus, notamment locaux, des divers Cartels de la drogue, véritables gouvernements du pays depuis au moins deux mandats. Les gouvernements du PRI qui ont régné pendant 71 ans, totalement corrompus avaient au moins “ l’avantage “ d’un accord tacite avec les cartels et donc de se partager les zones d’influence et les dividendes de la drogue particulièrement durant le mandat du président Carlos Salinas de Gortari (1988-1994) ce qui n’est plus le cas depuis les deux présidences successives du PAN.

PARTI DE LA REVOLUTION DEMOCRATIQUE

Malgré la remontée du PRI aux élections législatives, on peut penser effectivement que Andrès Manuel Obrador a cette fois-ci des chances de l’emporter. Il fait une campagne efficace 6 ans ‘est à dire depuis les dernières élections à l’issue desquels il a constitué un « gouvernement légitime » contre le gouvernement légal de Felipe Calderon. Les divisions du PRD, les luttes de clans internes, l’ont certainement privé de remporter les précédentes élections. Le PRD ne voulait plus d’AMLO (Andrès Manuel Lopez Obrador) qui ne voulait plus du PRD. Si actuellement le PRD a réussi une coalition pour présenter AMLO en 2012 et si les ambitions personnelles et les égos démesurés ne prennent pas une importance excessive dans la campagne, il aura des chances de l’emporter. Encore faut-il souligner que le Parti du Travail (PT) ne représente pas une force en soi et se bornant à se renforcer à chaque élection. Parler de la GAUCHE RADICALE s’agissant du PRD est nettement excessif. N’oubliions pas qu’il s’est formé en 1989 à partir d’une scission du PRI et que ses principaux fondateurs notamment Cuauhtemoc Cardenas dans l’entourage duquel se trouvait Lopez Obrador ont toujours représenté une droite qu’on a tendance maintenant à qualifier de centre droit . Il est vrai que le programme de AMLO s’est quelque peu “gauchi “ et qu’il veut sans doute démocratiser le système. Il ne semble pas toutefois qu’il ait rompu avec le libéralisme. D’autre part les fraudes électorales, y compris dans les élections internes ne sont pas l’apanage du PRI ni du PAN auxquels le PRD n’a rien à envier. A ce titre les élections de 2009 pour la direction du PRD finalement remportées par Amalia García à la présidence en juillet 1999 à l’issue d’une comédie et de revirements en revirements, vols et bourrages d’urnes, combinaisons diverses qui aura duré un an, ont donné un spectacle lamentable et bien peu démocratique de ce parti qui jusqu’à présent ,a réussi néanmoins à gouverner avec succès le District Fédéral (la ville de Mexico) dont «le maire actuel » Marcelo Ebrard n’a pas pu se faire désigner candidat pour les prochaines élections présidentielles

ATENCO 2006

Une précision utile, M. Enrique Peña Nieto, n’est pas “la candidate favorite”du PRI comme l’indique à plusieurs reprises l’article du 11 janvier dans Mediapart , mais LE candidat favori du PRI. Il faut savoir que Monsieur Enrique Peña Nieto était gouverneur de l’Etat de Mexico lors des sanglants événements de San Salvador Atenco et Texcoco de 2006 et à ce titre reponsable des tortures, viols, arrestations arbitraires comme de la mort de deux jeunes gens. Malgré de nombreux témoignages , sa mise en cause directe et les dénonciations d’Human Watch Right, d’Amnesty International, de la Commission Civile Internationale d’Observation des Droits Humains (CCIODH) dont le rapport a été présenté au Parlement Européen, M. Enrique Peña Nieto n’a jamais assumé sa responsabilité dans ces événements qui continuent à marquer les populations de San Salvador Atenco et Texcoco Bernard Riguet

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