LA NECESSAIRE DIPLOMATIE AU MALI

Malgré quelques déclarations de soutien il est condamné à constater son isolement alors que depuis  quatre jours il est entré dans une guerre à l’issue improbable.

Malgré quelques déclarations de soutien il est condamné à constater son isolement alors que depuis  quatre jours il est entré dans une guerre à l’issue improbable.

En quelques jours, sans renoncer à sa ligne stratégique le gouvernement français semble néanmoins avoir pris la mesure de la situation dans laquelle l’a mis  son engagement militaire. Malgré quelques déclarations de soutien il est condamné à constater son isolement alors que depuis  quatre jours il est entré dans une guerre à l’issue improbable.

Le Président français ne peut pas revenir en arrière mais du moins pourrait-il  moduler ses choix en prenant appui sur la diplomatie davantage  que sur les armes et faire en sorte que celle-ci remplace les Rafales.

L’Algérie est le pays limitrophe le plus intéressé. Outre ses capacités militaires et économiques considérables, ce pays bénéficie d’une diplomatie efficace.  La qualité de ses diplomates et son efficacité est universellement reconnue  et cela dès avant même son indépendance. Toutefois l’Algérie est en position délicate en raison de la présence même d’islamistes d’Aqmi sur son territoire et de différents courants intégristes. On ne peut pas croire que ces questions n’aient pas été abordées lors de la visite du président Hollande au président Bouteflika en décembre dernier. Parmi les autres pays limitrophes du Mali, le Burkina Fasso  et son président Blaise Comparoe  a une grande influence dans la région, outre qu’il  est Médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la Mali. En s’appuyant sur la diplomatie de l’Algérie d’une part et sur le Burkina Fasso  d’autre part, la France pourrait sortir de ce guêpier avant qu’il ne soit trop tard  et participer à la recherche d’un compromis avec les belligérants. Il faudrait pour cela éliminer l’hypothèse du quotidien algérien l’expression dans son article  intitulé « la mouche qui a piqué Hollande »

 http://www.elwatan.com/international/le-dialogue-politique-pris-de-vitesse-13-01-2013-199282_112.php

 http://www.liberte-algerie.com/editorial/le-serval-et-le-fennec-192394

 http://www.lexpressiondz.com/edito/167279-la-mouche-qui-a-pique-hollande.html

 Au lieu de se féliciter de l’unanimité de la classe politique française pour approuver sa décision, le président français ne pourrait il écouter l’opinion et les avis de ceux qui s’en démarquent.

On a pu lire en effet dans le JDD de cette fin de semaine les déclarations  mesurées  et sensées de Dominique  De Villepin.  J’ai toujours condamné sa politique mais comment ne peut on pas voir dans ses propos la marque de la lucidité et d’une grande expérience diplomatique.

 « ... Tirons les leçons de la décennie des guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye.Jamais ces guerres n’ont bâti un Etat solide et démocratique. Au contraire, elles favorisent les séparatismes, les Etats faillis, la loi d’airain des milices armées.Jamais ces guerres n’ont permis de venir à bout de terroristes essaimant dans la région. Au contraire, elles légitiment les plus radicaux.Jamais ces guerres n’ont permis la paix régionale. Au contraire, l’intervention occidentale permet à chacun de se défausser de ses responsabilités »

 Ecouter De Villepin, adversaire politique honorerait le président Hollande et lui donnerait les clés du début d’une solution qu’il dit rechercher.

 http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Villepin-Non-la-guerre-ce-n-est-pas-la-France-585627

 Si le gouvernement  prend au sérieux les menaces de représailles en France même, il est urgent d’en prendre l’exacte mesure  et tenter de sauver les otages aux mains des islamistes.

 Bernard Riguet

 

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