M le Président, je ne suis pas antisémite.

Discours du Président de la République © Le chiffon rouge du Lauragais

 

Monsieur le Président,

 

A l'occasion du rassemblement inter-communautaire de Toulouse qui s'est déroulé le 17 mars 2013 afin de rendre hommage aux victimes d'une folie barbare qui s'était déroulée un an auparavant, je me suis déplacé par soutien aux familles:

 

Parce que je suis pacifiste.

Parce que je suis un citoyen du monde.

Parce que je défends les valeurs humanistes.

Parce que je suis un homme libre, ainsi que ma pensée.

Parce que je refuse le terrorisme d’État et le terrorisme individuel.

Parce que je suis un républicain.

 

J'étais présent parce que la France s'est dotée le 09 décembre 1905 d'une loi dite « loi de séparation des Églises et de l’État » qui est pour moi garante de la laïcité. Cette loi était la suite obligée de la révolution de 1789. Durant plusieurs décennies, la France vivait des troubles et des violences parce que l'église de Rome refusait que « sa fille » garantisse la liberté de conscience à tous ses sujets devenus citoyens, sans oublier les pertes financières pour le Vatican qui sait compter ses louis d'or.

 

Monsieur le Président, votre discours a mis l'accent sur l'antisémitisme. Vous annoncez la création d'un comité interministériel contre le racisme et l'antisémitisme. Vous précisez qu'une surveillance accrue sur internet veillera à pourchasser les individus qui tiendront des propos antisémites. Pourquoi ignorer les propos anti-musulmans que l'on trouvent également sur le web en très grande quantité ?

 

La presse nous indique que cette marche blanche était un rassemblement inter-communautaire mais il faut reconnaître que le CRIF de Toulouse en fut la cheville ouvrière.

 

Pour le CRIF, lorsqu'un citoyen s'interroge sur la politique de l’État d'Israël, il est immédiatement taxé d'antisémitisme et systématiquement la référence à la plus immonde des horreurs que fut la shoah nous est rappelé. Que feront alors les services de l’État Français lorsque qu'un citoyen critiquera la politique de colonisation de Monsieur Netanyahou. Sera t' il considéré comme un terroriste ?

 

En ce qui me concerne, je me refuse à considérer que l'acte du tueur en scooter est un acte antisémite. N'oublions pas qu'il a exécuté également des musulmans. Cette barbarie est l'acte d'un petit délinquant, ignorant et manipulable parce que l'école et la justice de la République ont échoué. Parce que son environnement familial ne lui a pas permis de devenir un enfant de la République.

Ce sont des citoyens d'une République INDIVISIBLE et LAIQUE qui ont été exécutés.

 

Monsieur le Président, vous souhaitez que toute la « lumière » soit faite concernant cette affaire afin de comprendre comment ce jeune a pu basculer dans l'horreur. Je vais vous donner le point de vue qui est le mien.

 

La misère, la pauvreté, le communautarisme et l'ignorance sont sources de violences.

 

Lorsque depuis des décennies l’État abandonne des zones géographiques de la République, qu'il supprime les services publics au lieu de les renforcer, qu'il détruit son école publique en subventionnant sans compter les écoles confessionnelles privées sources de communautarisme, qu'il supprime les planning familiaux dans les cités.

Voici des réponses à vos interrogations.

 

Lorsque le respect des individus, de la morale et des valeurs républicaines n'est plus transmis, que des policiers, des femmes et des hommes politiques ne respectent pas la loi et n'ont pas un comportement exemplaire, que notre jeunesse ne trouve pas d'emploi, ne pouvant se projeter dans l'avenir, que certaines chaînes de la télévision publique utilisent l'argent des contribuables afin de produire des émissions d'une médiocrité intellectuelle inconcevable au lieu de cultiver les citoyens.

Voici d'autres réponses à vos interrogations.

 

Lorsque les Politiques, de gauche comme de droite, sont de connivence avec le néo-capitalisme afin d'appauvrir les peuples en Europe, source de suicides, de vies brisées et de dignité humaine malmenée par la spéculation et de capitalisme financier.

Voici encore des réponses à vos interrogations.

 

Monsieur le Président, je ne considère pas que l'acte du tueur de Toulouse se limite à de l'antisémitisme. L'environnement social de ce jeune laissait la porte ouverte à toutes formes de propagandes. Afin d'éviter d'autres drames il est plus qu'urgent de restaurer l'école de la République afin de développer des esprits libres et critiques. Il est plus que nécessaire d'abroger toutes les lois anti-laïques qui vident de sa substance la loi de 1905, de supprimer le concordat en Alsace/Moselle et dans les territoires d'outre-mer, de mettre fin aux subventions attribuées aux écoles confessionnelles sources de communautarisme afin de vivre ensemble dans un espace public pacifié. La laïcité, ce n'est pas la reconnaissance des religions, c'est la liberté de croyance, c'est la liberté de conscience.

 

Monsieur le Président, j'ose espérer que ma reflexion ne sera pas interprétée comme une pensée antisémite parce que je refuse cette vision simpliste concernant ce drame qui nous a réuni hier à Toulouse. Si tel est le cas, les services de l’État sauront me retrouver grâce à mon adresse IP.

 

Veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République, mes salutations républicaines.

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