J’ai l’impression que nous sommes en train de marcher sur notre tête.
Nous manquons de médecins et nous faisons tout pour ne pas avoir à en former.
Numérus clausus, examens dissuasifs, hyper sélection des meilleures.
Et à l’arrivée, nous sommes obligés de faire venir des médecins étrangers.
Nos hôpitaux ne peuvent pas tourner sans cet apport.
Et tous ces jeunes qui ratent, qui loupent, qui se dépriment en pensant qu’ils sont nulles, qu’allez-vous en faire ?
Je ne reconnais plus mes études universitaires, ce temps béni de la Formation humaniste, cette ouverture sur d’autres facultés.
Maintenant, c’est bachotage.
7 jours sur 7.
Pas de recul, pas de temps pour philosopher, refaire le monde.
Formatage, mise en boîte. Étiquetage.
Et à la fin, des robots et des zombies.
Fini mes amis qui étaient prof de classe au cycle, violoncelliste, peintre, écrivain, râleur professionnel, pendant leurs études.
Fini tous ces bons médecins qui ont commencé leurs études sur le tard, après avoir cherché leurs voies.
Fini ces étudiants venant avec une maturité du soir.
Nous sommes en train de sacrifier une génération.