Culture : le projet d'Arnaud Montebourg est une alternative pertinente et sérieuse.

Festivals d’été engagés mise en lumière des enjeux de politiques culturelles les candidats sont sommés de se prononcer, revue des propositions. Réaction à une tribune des candidats à la Primaires Socialiste publiée dans Le Monde.

 

Pardonnez l’excès de matérialisme, mais la Culture ne saurait être une priorité pour 2012. En faire une serait un cache sexe des maux sociaux qui minent notre communauté. Il ne s’agit pas – très loin de là – de dénier l’utilité sociale de celle-ci, l’opportunité d’épanouissement et de convivialité qu’elle peut être pour l’Homme en société. La priorité doit être économique. Le parti, le candidat qui passerait deux mois à parler de jeux plutôt que de pain, à ne pas insister sur l’accession de la population au second en le faisant rêver aux premiers serait politiquement dans l’erreur. Il n'en reste pas moins qu'il est nécessaire d'en parler et de proposer. Les projets sont porteurs de sens.

 

Rendu des copies: M Valls: "le cours ne semble pas vous intéressr et cela se ressent". F Hollande et S Royal: "votre réflexion est partielle." M Aubry "Une tentative avortée. Soyez plus audacieuse." A Montebourg : "Vous vous saisissez plutôt bien de l'enjeu culturel dans l'espace politique de la République. Belles propositions. Continuez."

 

Manuel Valls me semble le plus éloigné. Transfert de la gestion des politiques culturelles vers les collectivités locales. Et comme il avance le poids du déficit public, j’ose croire que ces dernières devront faire plus – elles font déjà – avec autant sinon moins. Les collectivités peuvent en effet «agir au plus près des réalités de terrain.» Mais les enjeux, les intérêts, les modalités d’instrumentalisation de la culture sont divergeant sur le territoire. Et si l’Etat n’a plus les moyens financiers pour créer du supplémentaire, il a ceux de l’encadrement, de l’orientation des objectifs. Et là-dessus pas de proposition. Il s’agit simplement de rassurer le «citoyen-contribuable.» Même dans une période de vache maigre, cette vision de l’Homme-culture m’apparait pauvre.

 

Deux candidats se rejoignent et font presque la paire. C’est François Hollande et Ségolène Royal. «Vecteur d’émancipation, et de vivre ensemble» – entre autres institutions tout de même – l’éducation artistique serait la priorité pour François Hollande et notamment dans les quartiers populaires. Puisse François Hollande, avant la culture, s’arranger à proposer les mesures garantissant les services publics et l’emploi auprès de ces hommes et de ces femmes dans leur espace d’habitat. Parce que c’est ce qu’ils attendent. Ségolène Royal, propose un outil : «le médiateur culturel» dans les lycées afin de stimuler la participation et la création. D’ailleurs Martine Aubry argue est distribue les moyens : 10.000 emplois d’avenir. Le décompte est lancé, il en reste 290.000. C’est très bien, il faut le faire. Mais pour une politique nationale, ça me semble un peu court.

 

Enfin, deux autres candidat se rejoignent. C’est Martine Aubry et Arnaud Montebourg. La première aspire à un «Printemps de la culture». C’est une belle formule. Peut-être un peu désuète si on la compare aux Printemps arabe, espagnol, grec. Aux aspirations sociales, politiques et démocratiques qu’ils sous-tendent. Mais enfin, peut être que 2012 sera le Printemps de tous les Printemps…

Proposition phare la «coopérative artistique.» Et celle-ci me séduit parce qu’elle est une institution, une structure qui dans chaque territoire favorise la rencontre des artistes et des habitants. Arnaud Montebourg va plus loin dans la description. Mutualisation des moyens et créations pluridisciplinaires (arts vivants, numériques...) dans «des foyers de vie artistique à échelle humaine». Ceux-ci s'ouvreront aux échanges et aux rencontres autour de la pratique et du projet, de sa définition, des choix en «associant» la population au travail des artistes et conférant ainsi à la culture la possibilité d’assurer le rôle social qui est le sien. Pas seulement dans les quartiers populaires, pas seulement dans les lycées : partout en République.

 

Le mode coopératif est une petite révolution, une alternative sérieuse à ce qui s’est imposé dans le monde de la culture, de la consommation individualisée et surfacturée au hub cinématographique et capitalistique que sont les Pathé, Gaumont, UGC. Financement ? On prends l’argent là où il est : dans les fonds publicitaires des distributeurs qui diffusent à grands frais (pour le consommateur) la création dont on laissera le lecteur juger la qualité du contenu et la convivialité des espaces de diffusion.

 

La coopérative d'artistes, en interaction avec les habitant du territoire est une innovation sociale qui favorise un rapport populaire et démocratique à la culture. Je vote pour elle.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.