Besnard Pierre
Abonné·e de Mediapart

12 Billets

0 Édition

Billet de blog 27 mai 2021

«Rispecte ze (impériales) roulzes»

Alors qu’un cessez-le-feu va à nouveau recouvrir du voile de l’indifférence les crimes de guerre, l’occupation militaire et l’Etat-apartheid d’Israël, la lâcheté des gouvernements européens et américain à les confronter expose leur propension à instrumentaliser des valeurs humanistes et universelles au seul service de leur pouvoir.

Besnard Pierre
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’échange asymétrique d’amabilités explosives entre le gouvernement israélien et le Hamas a cessé dans la nuit du 20 au 21 mai. Oui, après 11 jours d’affrontement, 262 morts (dont 68 enfants) et près de 8 000 blessés côté Palestiniens, 12 morts (dont 2 enfants) et environ 350 blessés côté Israéliens, 90 000 déplacés dans la bande de Gaza, des écoles et des hôpitaux endommagés, des immeubles et des maisons rasés, « l’ordre règne » de nouveau au Proche-Orient.

Si l’on peut légitimement se réjouir que les armes se soient tues, les logorrhées apathiques que sont les communiqués de presse internationaux au sujet de la « sortie de crise » dans cet énième épisode du conflit israélo-palestinien feraient rougir de honte tout.e candidat.e à l’élection de mister.miss monde qui se respecte. Qu’on puisse convoquer une verbosité aussi abondante au service d’un vide d’initiative aussi sidéral est proprement prodigieux.

La communauté internationale salue la « cessation des hostilités » et invite à la « relance d’un véritable processus politique entre les parties » pour « s’attaquer aux causes profondes » du conflit. Le ministre des affaires étrangères Le Drian prône la « politique des petits pas » pour qu’une « logique de confiance puisse s’instaurer ». Le secrétaire d’Etat Blinken réaffirme le droit des deux peuples, palestinien et israélien, à « vivre en paix et en sécurité ». Le chef de la diplomatie allemande Maas souhaite « rétablir la confiance et trouver une solution politique ». La présidente de la commission européenne von der Leyen appelle à un dénouement « qui amènera une paix durable et la sécurité pour tous ».

Ayons une pensée pour les personnes chargées de faire les copiés-collés des communiqués qui suivaient les affrontements de 2008, 2012, 2014. Elles occupent vraiment des « boulots à la con ».

En réalité ces appels au dialogue, ces rappels du droit international et ces évocations de la solution à deux Etats ne sont que le troisième acte d’une sinistre pièce maintes fois rejouée. Car peu ou prou ce sont les mêmes causes qui produisent les mêmes effets et les politiques communiquent encore comme s’ils attendaient un résultat différent (preuve, selon Einstein, qu’ils sont fous… ou particulièrement malhonnêtes). Ainsi l’Etat d’Israël, population : plus de 9 millions d’habitants (dont 6.7 de religion juive pleinement citoyens), contrôle illégalement au vu du droit international les territoires de la Cisjordanie et la bande de Gaza peuplés d’environ 6.5 millions de Palestiniens. Ces derniers sont donc sous le coup d’une occupation militaire durable qui les relègue en citoyens de second rang sur leur propre terre. Pour plusieurs ONG, dont une israélienne, c’est un apartheid.

A cela il faut ajouter les politiques de colonisation, d’expropriation, voire de nettoyage ethnique mises en œuvre par le gouvernement de Tel-Aviv en Cisjordanie et particulièrement dans Jérusalem-Est. Si cela ne suffisait pas, la radicalisation de l’opinion israélienne, un pouvoir illégitime car non-majoritaire et affaibli vis-à-vis de son aile droite et un appareil sécuritaire laissé en roue libre pour contrôler une population arabe déclassée fragilisent la doctrine de maintien de l’ordre.

Il faut « sous-traiter » la continuité de la domination des « sous-citoyens » arabes à des gangs de colonisateurs et autres troupes paramilitaires, ultra-nationalistes et/ou ultra-orthodoxes. Se sentant soutenus ou tolérés par leurs institutions ces groupes se rassemblent dans les rues de Jérusalem aux cris de « Mort au Arabes » et enchaînent passages à tabac et lynchages.

Ce à quoi un peuple, refusant de mourir en silence comme le souhaitent toujours les impérialistes de tout poil, choisit la résistance, parfois pacifique comme lors de la « Marche du retour » en 2018, parfois armée. Une majorité de Palestiniens célèbre donc avec allégresse les tirs de roquettes par des opposants à l’ordre colonial en direction des terres de leurs oppresseurs. Peu importe que 90% de ces roquettes soient interceptées par le dispositif anti-missile de l’ennemi, le message à lui et au monde passe encore ; « nous sommes toujours là et nous nous défendrons ».

Ensuite la puissance occupante déplore ses morts et mobilise sa force armée, infiniment supérieure en quantité et en qualité, pour causer des centaines, puis des milliers de tués, de blessés et de sans-abris avec une violence inouïe sur un territoire théoriquement sous sa responsabilité, ce qui constitue un crime de guerre. Cette montée aux extrêmes dure quelques jours, voire quelques semaines. Puis la pression retombe, on s’accorde sur une trêve avec médiation internationale, les appels au calme, au dialogue et à la paix se succèdent et le cycle se répète.

Le monde y est tellement habitué que les réactions de ces vingt dernières années sont parfaitement interchangeables. Tout en appelant à la « solution diplomatique » ou au « processus politique », les Etats-Unis et l’Union Européenne vont dresser une digue rhétorique (et diplomatique) pour protéger l’Etat hébreu de toute responsabilité face à ses crimes.

D’abord en niant le droit de résistance à une occupation armée illégale et le droit à l’auto-défense face à un pouvoir colonisateur violent ne rendant de compte à personne. Ensuite en soulevant de fausses équivalences entre les belligérants, comme si le tir de roquettes artisanales était une attaque comparable aux bombardements d’une armée moderne et très bien formée, possédant un armement de pointe. Comme si le ratio de victimes était de 1 pour 1, alors qu’il est le plus souvent de 1 pour 10 voire pour 100 en défaveur des Palestiniens. Comme si les protections du bouclier anti-missile et des abris creusés face à des fusées rudimentaires se comparaient aux terrains nus ou aux bâtiments d’habitation nivelés à coup de missile dernier cri.

Ajoutant l’aveuglement à l’indécence, les autorités américaines et européennes ignorent purement et simplement les éléments déclencheurs de ces crises à répétition tels que les invasions brutales d’édifices religieux, les lynchages et les expulsions violentes s’apparentant à du nettoyage ethnique, et travestissent avec mépris les actions de résistance à l’occupation armée en actes de terrorisme.

Dénigrer le combat des opprimés contre leurs oppresseurs n’est certes pas noble mais c’est surtout l’hypocrisie crasse qui a de quoi vous faire fulminer. Parce que le « camp occidental » se perçoit et se projette comme le « camp du bien » où sont respectés et promulgués les droits humains, où les politiques, les éditocrates et les intellectuels peuvent débattre pendant des heures sur la « diplomatie des valeurs », les mérites de la « guerre d’ingérence » ou de l’« intervention armée humanitaire ».

A chaque fois qu’il faut embrigader leur population dans un but précis, guerrier le plus souvent, les appareils médiatico-étatiques se mobilisent pour rendre compte des horreurs commises par un groupe quelque part sur la planète contre un autre groupe sans défense. Horreurs intolérables pour ces garants autoproclamés de la noble vertu. Si c’est insuffisant, ils empilent les craintes de déstabilisation régionale, le risque terroriste, les menaces pour la sécurité du monde.

Ainsi ont été détaillés et commentés le génocide des Ouighours, la guerre civile en Syrie, les crimes de Daesh ou d’Al-Quaeda au Moyen-Orient ou au Sahel. Ces exactions-là méritent toute votre attention et indignation, voire une réponse diplomatique ou armée. Les atrocités saoudiennes au Yémen, les conséquences du blocus américain de l’Iran, les coups d’Etat sanglants au Mali ou au Tchad et donc la barbarie israélienne en Palestine sont des maux nécessaires au maintien de l’ordre dans le monde.

Tout l’enjeu est là. Les Occidentaux n’ont que faire des victimes innocentes de la terreur étatique ou groupusculaire. Ce qui les préoccupe c’est de maintenir une domination sous une forme ou une autre sur des régions et des populations entières. Soyez les vaisseaux de notre impérialisme et vos péchés seront pardonnés, niés, oubliés.

Un secrétaire à la Défense de Reagan a un jour décrit Israël comme le « porte-avions insubmersible » de l’Amérique au Proche-Orient. Joe Biden, dans les années 90, disait que s’il n’existait pas, il faudrait créer l’Etat hébreu pour « protéger les intérêts américains » dans la région. Trente ans plus tard, le constat est toujours valable. Les Etats-Unis financent la « sécurité » israélienne à raison de 3.8 milliards de dollars par an. Financement intéressé puisque Tel-Aviv l’utilise pour acheter au complexe militaro-industriel étatsunien les moyens de sa « défense ».

 Lors de l’opération « Bordure protectrice » à Gaza en 2014, l’administration Obama/Biden reconstitua les stocks de bombes et missiles de Tsahal en voie d’épuisement dû aux meurtres de milliers de Gazaouis (contre plusieurs dizaines de tués israéliens, civils et militaires). La relation est tellement co-dépendante que le Premier Ministre Netanyahou pût se lancer dans une diatribe virulente contre l’accord sur le nucléaire iranien d’Obama devant le Congrès réuni sans crainte d’aucune représailles.

En Europe, le soutien repose sur une solidarité entre impérialismes, français et anglais principalement, qui furent très actifs dans la région, notamment après la Première Guerre mondiale. Les puissances impériales d’alors furent les promoteurs du mouvement sioniste (par le soutien à l’émigration et les politiques de ségrégation ethnique visant à diviser pour mieux régner) et de la création de l’Etat d’Israël (Londres s’abstenant pourtant lors du vote final à l’ONU). France et Royaume-Uni se veulent encore les associés de la puissance américaine, ils en sont surtout les vassaux, alignés sur la défense de ce qui sert la puissance hégémonique.

Plus généralement la culpabilité européenne est forte (et légitime) d’avoir été le terreau principal de l’antisémitisme depuis le Moyen-Age jusqu’au XXème siècle, culminant avec l’Holocauste durant la Seconde Guerre Mondiale. « Pourquoi faire payer les Palestiniens pour les crimes européens, depuis les massacres médiévaux jusqu’aux chambres à gaz nazies ? » est la question à 120 points.

La Hongrie et la République tchèque entretiennent également des liens renforcés avec Israël, admirant sa pleine souveraineté nationale et son rejet pour toute forme de coercition supra-étatique. Percevant les tentatives de positionnement commun en Europe sur la colonisation, les exactions ou le processus de paix comme une ingérence intolérable dans leurs propres affaires extérieures, Budapest et Prague les bloquent quasi-systématiquement. Les parallèles entre Orban et Netanyahou, leaders de droite qui s’autocratisent dans des démocraties illibérales (autoritarisme pour l’un, apartheid pour l’autre), ne sont pas fortuits.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis 12 ans, cerné par les affaires, maintenu au pouvoir par une « coalition de toutes les tendances de l’extrême-droite » est en outre une figure pour tout régime ou mouvement politiques revendiquant une homogénéité identitaire, par la culture unique, par la religion et le sang, imposée violement si nécessaire.

Depuis quelques années on assiste aussi à un rapprochement géopolitique entre les régimes arabes théocratiques (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Bahreïn) et Israël dans le but partagé de combattre l’influence iranienne ou par accointance politico-sécuritaire. Un comble pour la « seule démocratie du Proche-Orient » mais en réalité une suite logique à sa radicalisation sous l’effet d’un conflit sans fin.

L’appareil sécuritaire israélien de contrôle de la population et de contre-insurrection est un modèle du genre pour tout système politique voulant se maintenir par la force. Les sociétés commerciales de sécurité et de surveillance, cyber ou physique, sont au cœur des échanges avec les puissances du Golfe ou tout autre état visant à contraindre sa population. Un seul exemple ; en Janvier 2020 un rapport de l’ONU suggérait qu’un logiciel espion d’une société israélienne avait été utilisé par Mohammed Bin Salman, prince héritier d’Arabie Saoudite, pour espionner Jeff Bezos, propriétaire du Washington Post, employeur de feu Jamal Khashoggi, opposant politique.

Autre terre d’exportation, de collaboration et de reconnaissance mutuelle entre régimes violents ; l’Amérique du Sud. Luis Leonardo Almagro Lemes, le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), a tweeté sa solidarité avec Israël, partenaire historique et stratégique, sans un mot pour les victimes palestiniennes. L’OEA avait entériné un coup d’Etat en Bolivie en 2019 dont les auteurs, chrétiens intégristes, s’étaient empressés de reconnaître Jérusalem comme capital de l’Etat hébreu dans une tentative de se concilier l’administration Trump.

Voilà pourquoi les condamnations sans équivoque (ou circonvolution verbeuse) de la domination violente d’Israël sur la Palestine proviennent en partie de peuples ou d’Etats ayant eux-mêmes été victimes de l’impérialisme occidental, quel qu’en soit l’aspect. Au Nicaragua, en Argentine, à Cuba on affiche sa solidarité avec le peuple palestinien. Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien Jorge Arreaza a condamné les « bombardements inhumains et indifférenciés » de l’armée israélienne. Evo Morales, l’ancien président bolivien, renversé par le coup d’Etat de 2019, a fustigé le « massacre du peuple palestinien avec l’appui impérialiste des USA ».

La République Islamique d’Iran et la Syrie de Bachar Al-Assad ne sont pas en reste, alliant la parole de soutien aux actes. La résistance palestinienne, politique ou armée, existerait-elle encore sans leur support ? Sans effacer leur nature théocratique ou dictatoriale, reconnaîtra-t-on que ces régimes font autant si ce n’est plus pour la survie et la lutte pour l’indépendance palestiniennes que toutes les jolies déclarations de principe occidentales jamais accompagnées de quelconque pression politique ?

Mais c’est en directe opposition avec les récits que se racontent les élites dirigeantes d’Europe et d’Amérique. « Nous sommes les seuls promoteurs valables de valeurs vraiment universelles et humanistes » est le synopsis du roman qui justifie leur place de dominants autant sur le reste du monde que sur leur propre population.

C’est pourquoi ils se sentent menacés par l’« importation du conflit israélo-palestinien ». L’idée que soit remise en cause leur propagande d’universalité légitimant leur domination leur est insupportable. Remarquez comme ils s’enorgueillirent de l’émoi mondial suscité par l’incendie accidentel de Notre-Dame en Avril 2019 et des promesses de don qui affluèrent de partout. Elan de solidarité témoin de la bienveillance universelle. Comparez avec les barrages qu’ils dressent contre l’émotion de millions de musulmans, d’autres croyants, d’agnostiques ou d’athées quand la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam et antérieur de plus de 300 ans à Notre-Dame, est profanée par des bandes armées deux fois en moins d’une semaine (7-10 mai).

Notez comme les manuels d’Histoire ou les monuments nationaux glorifient les figures de résistance à l’occupation étrangère, qu’elle fût française, allemande, russe, impériale, nazie ou communiste. Mettez en parallèle les qualificatifs accolés aux organisations palestiniennes prônant le soulèvement armé contre l’occupant israélien. Appréciez l’accueil des mouvements de la société civile contre l’apartheid d’Afrique du Sud dans les années 90 par rapport aux réactions à la campagne « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS).

Expliquez à un enfant qu’il est souhaitable pour la liberté d’expression d’aborder en classe la caricature insultante d’une figure religieuse révérée mais que manifester dans la rue sa solidarité à l’égard d’un peuple opprimé risque de faire le « jeu de l’antisémitisme ». Justifiez que si Poutine ou Loukachenko menace ou enferme une journaliste ou un dissident, ces derniers sont faits citoyens d’honneur au Parlement Européen alors que quand Tsahal cible et détruit la Tour Al-Shorouk, immeuble d’habitation et bureaux de chaînes de télévision et de nombreux médias, c’est un dommage collatéral dans un acte d’auto-défense.

Cette dissonance cognitive de nos élites politico-médiatiques s’explique par le fait que dans leur environnement socio-économique, personne ou presque ne porte la parole des Palestiniens avec constance et fermeté. Leur classe dirigeante n’a que très peu intégré d’éléments de culture arabo-musulmane, encore regardés comme suspects ou hostiles aux valeurs occidentales. A l’inverse, des personnalités intellectuelles, culturelles, politiques ou médiatiques, parfois de culture ou de religion juive, tout-à-fait intégrées dans les cercles du pouvoir portent haut les préoccupations de l’Etat hébreu. En outre ils vouent aux gémonies tout contradicteur de sa politique. Ce n’est ni un complot, ni une cabale, juste une lutte d’influences et d’intérêts.

Il est de fait très périlleux pour tout individu voulant accéder à cette caste d’élite de prendre fait et cause pour la liberté et l’indépendance de la Palestine. Si vous vous y risquez, votre champ médiatique sera restreint. Politiques et intellectuels vous brocarderont plus qu’à votre tour et si vous dépassez la ligne du débat démocratique tel qu’ils le tolèrent, vous serez ostracisés jusqu’à ce que mort social s’ensuive.

Les citations hors contexte, les accusations sans fondement, les amalgames antisémitisme-antisionisme-critique du gouvernement israélien sont les armes des chasseurs de sorcières dont le but est d’écarter toute voix dissonante de la ligne « Israël comme avant-poste occidental face au terrorisme islamiste ». Que vous soyez membre du Congrès américain comme Ilhan Omar, réalisateur anglais, à succès et engagé comme Ken Loach, candidat au poste de Premier ministre britannique comme Jeremy Corbyn, chercheur réputé et directeur d’école comme Pascal Boniface, vous ne saurez être épargnés.

En France, par tradition, il existe une unique exception à cet axiome de la scène politico-médiatique : la réactivation périodique d’une ligne de politique étrangère « gaullo-mitterandienne », prétendant au non-alignement sur les Etats-Unis. Pour ne pas gâter les intérêts nationaux dans les pays arabes, il est de bon ton à l’occasion de mâtiner son discours vis-à-vis d’Israël d’un accent plus sévère que celui de l’oncle Sam. Feu Jacques Chirac s’en était fait une spécialité. Lui dont l’héritage politique touche encore les dividendes de son « non » à la seconde Guerre d’Irak, seul moment de bravoure dans une présidence pour le reste très alignée avec l’Amérique (les Afghans en savent quelque chose).

C’est pour faire revivre un moment « chiraquien » en France et à l’international qu’Emmanuel Macron prétendit s’énerver contre un factionnaire de police israélien à Jérusalem en Janvier 2020 pour lui rappeler de respecter les « roulzes » concernant la gestion des lieux saints. Cette mise en scène communicationnelle pathétique est à ce jour la seule remise en cause du pouvoir impérialiste, autoritaire et brutal israélien par ce chef d’Etat similairement brutal, autoritaire et impérialiste.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
Guerre d’Algérie : la parole aux héritiers
Elles et ils sont petits-fils et petites-filles d’indépendantiste, d’appelé, de harki, de pieds-noirs, de juifs d’Algérie, de militant à l’OAS. Chacun et chacune à leur échelle, elles et ils dépassent les silences, les traumas et les assignations mémorielles.
par Rachida El Azzouzi et Khedidja Zerouali
Journal — Violences sexuelles
Le youtubeur Léo Grasset est visé par une plainte pour harcèlement sexuel
La vidéaste Clothilde Chamussy, de la chaîne « Passé sauvage », accuse l’animateur de « DirtyBiology » de harcèlement sexuel. Il est mis en cause par sept autres femmes pour violences psychologiques, sexistes et sexuelles. Il « conteste totalement les accusations » relayées à son encontre.
par Sophie Boutboul et Lénaïg Bredoux
Journal — Écologie
Écologie : encore tout à prouver
Le remaniement ministériel voit l’arrivée du novice en écologie Christophe Béchu au ministère de la transition écologique et le retour de ministres délégués aux transports et au logement. Après un premier raté sur la politique agricole la semaine dernière, le gouvernement de la « planification écologique » est mis au défi de tenir ses promesses.
par Mickaël Correia et Amélie Poinssot
Journal — Société
Maltraitances en crèche : le bras de fer d’une lanceuse d’alerte avec la Ville de Paris 
Eugénie a récemment raconté à un juge d’instruction le « harcèlement moral » qu’elle estime avoir subi, pendant des années, quand elle était directrice de crèche municipale et qu’elle rapportait, auprès de sa hiérarchie, des négligences ou maltraitances subies par les tout-petits.
par Fanny Marlier

La sélection du Club

Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
Macron triomphe au Palais Garnier
Depuis sa réélection à la présidence de la République, Emmanuel Macron est plongé dans une profonde mélancolie. La perte de majorité absolue à l’Assemblée nationale n’a rien arrangé. Au point qu’il est question d’un « homme en fuite ». Et s’il s’était réfugié, juste à côté, au Palais Garnier ?
par Paul Alliès
Billet de blog
RN-LREM : Après le flirt, bientôt un enfant ?
Rassemblement national et Marcheurs ! flirtent juste, pour l’instant. Mais bientôt, ils feront un enfant. Bientôt, le système y verra son issue de secours. Bientôt, se dessinera la fusion du projet « national-autoritaire » et « euro-libéral ». Comment y répondrons-nous ?
par Ruffin François
Billet de blog
Voilà comment Jupiter a foudroyé Jupiter !
Emmanuel Macron a sans doute retenu la leçon de Phèdre selon laquelle « Jupiter nous a chargé de deux besaces : l’une, remplie de nos fautes, qu’il a placée sur le dos ; l’autre contenant celles d’autrui, qu’il a pendue devant » : les siennes, il les a semées et les sème encore …
par paul report