PLEUR, Ô MON PAYS BIEN AIMÉ - Prière à l'aube

« Pleure, ô mon pays bien aimé »

Prière à l’aube

 

Pour un Sénégal apaisé, ma prière est de paix et d’amitié à l’adresse de tous. Ma pensée est davantage tournée vers chaque Sénégalais -se- et ce, de la base au sommet sans exception, le bonheur de chacun -e- est le mien car « je ne guérirai jamais de mon pays ».

Certes, le moment est beaucoup moins joyeux, mais l’espoir est de mise, « la plume, plus forte que l’épée » pour consolider la concorde nationale. Ce qui se passe dans notre pays, n’est bénéfique pour personne ; c’est déplorable. 

OUI, JE PLEURE DU COEUR POUR LE SÉNÉGAL OÙ J'AI MAL. 

Apprenons de notre passé, aussi du spectacle qui se livre aujourd’hui à la face du monde, pour mobiliser des moyens intelligents d’extinction définitive, de tout embryon de discorde majeure.

J’appelle la jeunesse à la retenue, la décence, l’observation stricte des principes républicains. Le Sénégal est beau, envié pour sa générosité, sa culture, son savoir-être…

Que dis-je ?

Pour exorciser le risque grandissant d’instabilité, un extrait du verset poétique issu de :

Les mots du silence* 

« Je ne crie pas

Mais j’écris

Les MOTS que les années m’ont fait ingurgiter

Je les restitue nus, à l’images des MAUX de ce monde

Cédant au serment prêté de la plume de pisser l’encre

En lieu et place des larmes et du sang qui coulent

En fleuve de l’inhumanité inondant la paix »

 

QUE LA PAIX SOIT ! 

En ce moment difficile, j’ai devoir de prière, d’affection sincère pour la communauté nationale sans distinction d’opinion et d’obédience. Ce qui compte pour tout-e- Sénégalais-se-,c’est l’unité du peuple forgée d’une FOI certaine et héritée de nos ancêtres.

Oui, le Sénégal importe pour chacun-e- de nous, si bien que le vivre ensemble prime, notre pays sait intégrer depuis de très longues dates, des populations venues se greffer à la tienne. Notre pays, la téranga qui lui colle à la seule évocation de son nom, sonne comme un second nom. La paix sociale qui en découle, est le socle sur lequel tout peut prospérer tant bien que mal jusqu'ici. L'ENTRETIEN DU PROGRÈS SOCIAL NOUS INCOMBE, ABSOLUMENT, MÉRITE DE NOTRE HÉRITAGE OBLIGE.

Et, comment ne pas penser à nos enfants pour la jouissance de ce joyau, ce patrimoine incommensurable frappé d’indivision. Je veux que, à nos enfants, aux enfants de ceux-ci ainsi je de suite, la sauvegarde de cet héritage soit partagée. Ce qui appelle, à dissoudre tout embryon de peur pour l’amour pluriel, la bienveillance, léquité, légalité républicaine...

Que dis-je ?

Sénégalaise, Sénégalais, souviens-toi du texte livré par Alan Paton, dont un extrait :

« Pleure, ô pays bien aimé, sur l’enfant qui n’est pas encore né et qui héritera de notre peur. Puisse-t-il ne pas aimer trop profondément cette terre. Puisse-t-il ne pas rire avec trop de joie lorsque l’eau coulera entre ses doigts, ne pas se taire trop gravement lorsque le couchant fera flamboyer le veld. Puisse-t-il ne pas être trop ému lorsque les oiseaux de son pays chanteront, ne pas donner trop de son cœur à une montagne, à une vallée. Car s’il donne trop, la peur lui prendra tout. »

Voilà que ce n’est pas ma personne ni la tienne qui compte, c’est notre pays tant aimé. Je sais que le cœur de chacun-e- de nous, est poinçonné de la conviction d’une chartre nationale séculaire pour ne pas dire millénaire, féconde -bien au-delà des principes démocratiques-, et davantage en ces moments de remous.

N'OUBLIONS PAS, NOS PAYS SONT FRAGILES, PLUS VULNÉRABLES QUE D'AUTRES AUX INFILTRATIONS DANGEREUSES, DIFFICILEMENT CONTRÔLABLES... EN SÛRETÉ, SÉCURITÉ L'ÉTAT S'Y APPLIQUE ET LA PROGRESSION EST DE FAIT.

Peuple mien, dans toute son entièreté quel que soit le rang des uns et des autres, je mise sur toi, seul responsable pour contrer tout danger, esquiver toute manipulation extérieure, décrypter toute tentation de nuisance dans la cité entre voisins commanditée ou non, ton épanouissement n'est pas sans celui du voisin. Détrompe-toi. Autant toute nation se doit de s’ouvrir, autant la vigilance ne doit faire défaut en ces temps de chamboulements géostratégiques.

La communion de pensée depuis la famille déjà, est le moteur essentiel, d'une dynamique collective pour une bonne production de la nation à même de produire des solidarités adéquates aux sollicitations des populations. Sans l’unité, la solidarité nationale, la course au leadership mondial ne peut prospérer.

Le Sénégal est un vieux pays, doté d’outils dans beaucoup de domaines dont la promotion ne se fera que par les Sénégalais eux-mêmes, la responsabilisation individuelle s'impose, la voie est tracée, les volontés se multiplient. Reste à bien organiser l'intelligence tant en salariat public et privé qu'en libéral. Trop d’individualisme entrepreneurial -absence de culture de concertation, coordination et négociation dans les règles de l’art- ce qui entre autres dans des champs de regroupements politique, culturel, social... rend difficile voire impossible des compromis, obligée donc la compromission d'où appauvrissement en synergie et efficience. Chacun est à ses intérêts personnels poussés et à des prétentions financières très démesurées, conduisant la société en proie à sa propre tragi-comédie. De l'espoir tout de même, si on se ressaisit bien souvent, s'écoute, concède à juste titre ; mais sagesse oblige par moments, ce qui nécessite d'humilier son ego par dose de spiritualité, je ne parle pas de religion là. La refondation est possible sans heurts.

C’est fort de la séculaire croyance inébranlable dans notre téranga, « l’ouverture tout en s’enracinant dans les valeurs civilisationnelles nègres - L. S. S. » et la capacité de taire au mieux les points de divergence pour capitaliser les points de convergence, - hélas marques dont nous risquons d’inverser l’impact pour l’attractivité de toute sorte-, que le Président L. S. Senghor dans son discours d’investiture déclarait :

« Les Sénégalais ont prouvé au monde étonné, qu’ils savaient, à l’heure du péril national, communier dans un commun vouloir de vie commune en oubliant les querelles sous le baobab. Cette vibrante unanimité je l’ai sentie, hier, dans les rues de notre capital... 

 Jamais notre pays n’a été investi de périls aussi réels ; jamais notre pays n’a été tant calomnié ; jamais il n’a été nécessaire de l’organiser et le défendre… 

Par ses réformateurs religieux et politiques, comme par ses écrivains et artistes, véritablement le Sénégal a été, reste un des levains de l’Afrique. »

Apprenons de notre passé, je disais. Le monde étonné de ce que vit notre pays, l’on se doit de lui prouver, notre aptitude d’éteindre les tensions et conflits majeurs, dont la complexité de survenance appelle chacun-e-, à la pondération pour la défense de la République.

Si je peux, humblement servir, de courroie de transmission informelle à la jeunesse pas que dailleurs, ne serait-ce que d’un atome impact, j’aurais réussi à cotiser ici, mon intention de contribuer à la digue nationale contre l’imprévisible, l'irréparable à moyen/ long terme ; des ennemis extérieursguettent alors que nos failles sont grandissantes. 

Pour dire vrai, depuis quelques décennies mon observation des faits, attitudes et comportements en somme l'idée du Sénégal qui se dégage de plus en plus dans notre société, m'offre une lecture inversée de la trilogie fameuse "UN PEUPLE - UN BUT - UNE FOI"en cela qu'elle se décline insidieusement de plus en plus plurielle à savoir des peuples, des buts, des fois. 

Ladite observation, tient du même gène ce que jai  twitté en 2017, le 08 Aout, « Le Sénégal depuis 2000 ne vit pas une DÉMOCRATIE ni une AUTOCRATIE, ni une DICTATURE mais une ANARCHIE ORGANISÉE, Macky fait ce quil peut avec. »

Il nous incombe à tous de pallier le risque de dérapage des évènements.

L'occupation contrainte sous décision préfectorale de la Place de la Nation dès les manifestions de 2011, pour contestation, me donna espoir de voir mettre à l'endroit la déclinaison plurielle issue à tort ou à raison de ma lecture, par la même "recoudre" le tissu social et urbain en désintégration continue -un phénomène mondial n'est-ce pas toute choses égales par ailleurs. 

Je ne désespère pas même avec ce douloureux évènement carloccasion nous est donnée de transformer les menaces en opportunités.

Ce que traverse le Sénégal aujourd'hui, est une erreur capitale, sans conteste elle nous incombe tous.

J'ESPÈRE CETTE ERREUR FÉCONDE D'ESPÉRANCE, D'AMOUR, DAVANTAGE DE SPIRITUALITÉ ET DE PAIX. 

Là, est ma prière, d’humble citoyen républicain, pour un Sénégal apaisé, prospère et souverain.

Ah que « J’aime mon pays d’un amour qui arrache les larmes. » Lamine Coura Gueye, homme politique averti.

 

Que Dieu bénisse le Sénégal !

Bien sincèrement

SEYDOU BÈYE

 Beyeimpact.art@gmail.com

*Les mots du silence, in Recueil de poésie Les brisures de soleil, S. Bèye, l’Harmatan Paris, 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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