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Billet de blog 18 janv. 2022

DE RÉVOLTE À QUASI RÉVOLUTION AU SÉNÉGAL ET AUTRES Ière PARTIE MÉTAPHORE...

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DE RÉVOLTE À QUASI RÉVOLUTION AU SÉNÉGAL ET AUTRES

Ière PARTIE

MÉTAPHORE DU "DERNIER COUP DE HACHE"   

                                  « L’Africain, adepte de la contrebande politique maillon faible des institutions » S. Beye

Ce serait presque une idiotie, si je n’entamais par Gramsci, militant progressiste jeté en prison sous le régime fasciste italien. Il y mourut en 1939. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans ses Cahiers de prison, il nota : «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.» Cette fameuse phrase prophétique ne laisse aucun doute au basculement dangereux dans lequel est entré notre monde. L’humanité en nous finit par être corrompue, pernicieusement, par la diversion informative, le renoncement au collectif, l’effacement silencieux de la micro société, l’incitation à la méfiance réciproque, la familiarisation avec l’exercice  banal du mal, l’initiation à la servitude volontaire, la culture de la peur de tout type de soft diktat, verbal, comportemental… prélude à la liquidation de l’humain au moins par sa chosification qui se vit graduellement, dernière marche avant sa contraction en nombre.

Le capitalisme ayant prouvé ses limites, le monde, l’Occident en particulier, renoue de plus bel avec la doctrine de domination et de prédation. Les puissances occidentales s’adonnentà la re conceptualisation des mécanismes de captation de ressources des contrées lointaines. Problème : des puissances mondiales, régionales, nouvellement révélées troublent le jeu classique de positionnement sinon de consolidation ; dès lors postées prioritairement dans l’offensive, quel jeu d’alliance entre elles, par ailleurs chacune avec les pays cibles ? Pour ces derniers, à défaut de s’inscrire dans cette voie hors de portée, la contre-offensive plus qu’une logique est un impératif. Pour l’Afrique, les Caraïbes et l’Amérique Latine, la contre-offensive économique pour le moins qui est envisageable à court terme, libère des contraintes de survie, un premier pas vers la résistance à l’affaissement de l’espace résiduel de souveraineté. Le schéma de re colonisation revisitée de la zone CFA notamment, comme ce serait le cas abouti en Côte d’Ivoire, est synonyme d’une lente annexion tout bonnementA intégrer car de bonne guerre, que de larmoyer à longueur avec des demandes d’annulation de la dette en même temps exécuter le ravalement de façade du FCA l’« ECO » tronqué, s’appliquer à la récitation lors des séminaires et autres des mesures/slogans imposés induisant des consommations publiques qui renflouent à flot des caisses de l’Occident…  Face aux agressions capitalistiques, l’Afrique notamment n’a pas un choix plus indiqué. Il est une règle connue en économie : qui ne peut exporter doit gérer ses importations -compter d’abord sur soi. Le champ des possibles est vaste en termes de résolutions, entre autres : l’autosuffisance alimentaire, la promotion du sentiment national, poser les bases concrètes de Recherche & Développement, l’« Économie sociale, solidaire et environnementale » une voie alternative qui a fait la preuve de sa pertinence universelle et dont la promotion de l’enseignement est une recommandation onusienne. C’est là, un pare feu contrant les dérives du capitalisme -je n’ai connaissance de la micro finance sur le terrain au Sénégal, le micro crédit oui. D’autre part la contre-offensive au plan des relations internationales sur le moyen terme, par des approches innovantes progressivement libératrices du joug occidental. Faute des deux, la souveraineté qu’exigent les peuples ne viendra que par de voies brutales face à l’Occident, non souhaitables évidemment.

L’urgence d’opérer une bifurcation géopolitique est au cœur des occupations des nations, toute sphère confondue. Le monde a changé de cap, aucune société au Nord n’est épargnée bien que mieux organisée elle cherche un souffle adapté; au Sud surtout en Afrique, le souffle de résistance au chaos mondial porté par le peu d’avertis est plombé par les tiraillements politiciens érigés en distraction nationale permanente, non sans effet de faire absenter tout un continent du champ des connaissances des réels enjeux majeurs du monde ; l’autonomisation croissante des populations par l’élévation du niveau socio culturel serait un minimum. La turbulence mondiale est de plus en plus forte au moment où dans le cas du Sénégal, notre société devenue finalement émiettée se vide quasiment de l’idéal de sauvegarde effective des intérets communs familiaux, collectifs sociaux et professionnels, nationaux tout comme une digue dont le soubassement subit l’érosion non apparente,ce qui présente un porche royal la culture du mensonge aidant, à toutes formes de violences et agressions internes et étrangères qui friseraient l’état de nature. La téranga, cette chartre qui mobilisait chaque Sénégalais-e pour le « defare suñu reew »[i]comme enjeu sociétal majeur, tarit cédant le pas au « boule falé »[ii]qui consacre la sous citoyenneté accélérée depuis le Sopi -tout Sénégalais où qu’il soit en est responsable. C’est l’ère du bradage detout presque : la notion du sens, le principe de courage, l’intelligence collective, l’esprit critique induisant la misère morale et surtout le sabordage intellectuel, l’esprit de Nation à savoir du service publique,-constat est que, la térangale peu qui en reste, s’arrête au porte du poste de travail dans le public-, le patrimoine foncier et maritime géo stratégiquement risqué. Nourri de l’idéologie du « boule falé » chacun y va de son JE ceci…JE cela… Plus le NOUS, ce qui dés-accélérait dans l’éthique vision la seule à prôner,la remorquage par pays autre de la gouvernance politique, économique, culturelle et sociale. Et qu’est-ce qui en paie le prix fort, les jeunes générations, tout comme partout en Afrique.

Tous surpris, mais ne pas s’étonner en observateur averti toute discipline confondue, sans caution aucune que la jeunesse sénégalaise fasse preuve de détermination d’une révolte à tort ou à raison, lors des émeutes de mars 2021. Une révolte de cette frange de la population qui a pour singularité, de n’être pas estudiantine est à décrypter dans l’intérêt général. Par sa virulence, les tactiques adoptées et surtout la tranche d’âge de la pré adolescence au jeunes adultes, c’est une première au Sénégal, rien à avoir avec les révoltes pré électorales des 30 dernières années portées par des politiciens, la société civile et le milieu intellectuel. Ce mouvement constaté au Sénégal et partout en Afrique jusqu’aux Caraïbes, porte la marque du besoin d’une Afrique africaine, des Caraïbes caribéennes. Ne pas le lire comme la réémergence de révoltes s’inscrivant dans la continuité de la lutte de libération inachevée des pères des indépendances, serait une erreur tant la fenêtre ouverte n’est que le courant d’air de trop tel un survoltage reçu, alimenté par l’absence supposée ou non de toute perspective concrète de bien-être voire une sortie de tunnel séculaire des peuples[iii], la jeunesse en premier. Cette dernière veut l’autonomie dont jouirait un État-nation dans le contrôle parfait de sa destinée.La mainmise sur nos états depuis soixante ans en moyenne, tiens à ce que j’appelle l’anesthésie socioculturellequi frappe toutes les couches ; pourtant C. Anta Diop d’alerter : « l’impérialisme culturelle est la vise de sécurité de l’impérialisme politique. »

A cela s’ajoute que, la mondialisation expression parfaite des limites du capitalisme, induit la dureté du camp de concentrationqu’est la zone CFA. C’est cette existence de goulag dont la jeunesse veut tordre le coup, en coupant les racines. Rompre avec la France néo colonialiste en brisant toutes les chaînes, trouve sa justification dans une jeunesse contestataire si diversifiée qu’elle atteint une masse critique dont la lecture par les pouvoirs -local et métropole- doit être sereine, objectivement adaptée.Là est en réalité, la réincarnation en force toutes choses égales par ailleurs, des engagements à la Nkrumah, Lumumba, J. Nyerere, Nasser, Cabral, Kenneth Kaunda, Mandela, Sékou Touré, Modibo, C. Anta Diop etc. Plus en amont, ces contestations sont la version moderne des premières révoltes d’esclaves au 19ème.Enfin, le changement libérateur des carcans néo colonialistes longtemps cautionnés par les peuples eux-mêmes par attentisme : agir ou subir. Simple question : Esclavage + Colonisation + Néo colonisation = urgence du monde noir d’applaudir pensez-vous ?Bien heureux que le mouvement partout ne puisse que s’inscrire dans la dynamique de reconquête de la souveraineté, de l’intégrité nationale tant territoriale que culturelle, surtout j’allais dire. De grève en grève multidimensionnelle, de révolte en révolte multiforme le Sénégal tout comme le monde noir partout, entame une révolution par le changement radical de la face des choses, telle la situation d’«esclavage » économique et culturel sous tutelle étrangère. Là est « Le dernier coup de hache » porté aujourd’hui de par le monde noir par un panafricanisme pragmatiquepour l’éclosion d’une vraie indépendance, une réelle souveraineté. Ce renversement de situations quant aux bénéfices escomptés et réalisables en cours d’effectivité, serait comparable aux conditions de vie qui suivirent l’esclavage, consacrant bel et bien une révolution réussie par ces populations. La déclaration de 1848, est un artifice qui ne fait que succéder aux luttes de libération des esclaves. Ce dernier coup, qui sonne comme un référendum transcontinental et acquis par la communion d’esprit surtout de volonté, certes fatal, résulte de la somme des coups successifs du premier -depuis la réduction des populations à l’esclavage- au  dernier qui abat l’arbre de ses racines. Incontestablement, aujourd’hui les consciences libératrices à la Frantz Fanon s’agrègent ; «Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n’est pas en nous, mais au-dessus de nous…» de Césaire, de résonner en hymne panafricain.Oui, «il n’y a pasdepas sans liberté.» A. Camus. Ce, d’autant plus évident que c’est une règle universelle.

C’est à cela que s’est appliquée cette jeunesse, pour avoir compris, que toute contrée quel qu’en soit le statut où vit le monde noir, n’est que pur camp de concentration déguisé dont l’édification par le ciment de la culture occidentale rend indolore l’impact destructeur. Et ceux à même d’en saisir la visée machiavélique lors des indépendances, certains qui se sont opposés ont connu un sort tragique ; honneur leur revient bien sûr. Point de spontanéité ou d’improvisation quant aux mouvements mondiaux menés et assumés ouvertement de nos jours dans le monde noir. L’engagement pour une Afrique africaine depuis la traite négrière est sans interruption sous toute forme surtout hors du continent : du Négrospirituals  au Rap en passant par le chants zoulou le Reggae …, le théâtre, le cinéma, la poésie, la peinture, la sculpture, les luttes de terrain… En témoignage d’engagement, ce verset poétique de David Diop :

« Afrique, mon Afrique

Afrique des fiers guerriers

Dans les savanes ancestrales          

Afrique que chante ma grand-Mère

Au bord de son fleuve

[.....................................................]

C’est l’Afrique ton Afrique qui repousse

Qui repousse patiemment obstinément

Et dont les fruits ont peu à peu

L’amère saveur de la liberté. »[iv]

Et, comment faire accepter à cette Afriquede la jeunesse en souffrance sous les décombres de coffres potentiels «explosifs», des terres offertes à tour de bras à d’étranges étrangers, des politiques et autres venus d’ailleurs qui émargent gracieusement,sur cette terre nourricière de l’Occident des siècles durant, où chaque personne quasi lambda, y va avec un tel Président ou haut placé Africain est un ami qui s’entend « j’ai des entrées très faciles »quand tel Président ou haut placé Africain crie sur les toits son amitié comprenez « eh j’échange et rencontre même »tel homme politique en vue voire un citoyen lambda du Nord ; bien sûr sombre amitié sans confidence réciproque à laquelle s’accroche ledit Africain, amitié aussi artificielle que l’air psychédélique du clim’, ce à contrario de la réalité de l’indigence croissante du peuple sous caution inconsciente des non avertis plus majoritaires ; v’là le machin sur fond de confiscation internationale officialisée, quant au Président ou haut placé qui en lieu et place choisit son peuple, il est diabolisé en prélude à l’asphyxie du pays et/ou sa liquidation : Ameth Sékou Touré, Cabral, Castro, Chee, Chavez... aujourd’hui Assimi Goïta l’illustration parfaite de l’adage africain« la vérité est la fille du temps » ; l’important est qu’ il n’y a pas de victoire certaine de surcroit meilleure que lorsqu’on s’investit avec dignité dans le combat pour la défense de ses intérêts ce, quel qu’en soit l’issue. Et voilàune jeunesse africaine en poupe avant-gardiste activiste qui répète à l’envi à la face du monde : «Seigneur, je ne veux plus aller à leur école, Faites, je vous en prie, que je n’y aille plus »[v]exemplairesles cas Antillais avec l’initiative d’instituer des écoles nouveau genre comme l’école panafricaine et de la Nouvelle Calédonie où la France a loupé la marche de l’histoire en cette quasi fin du  21é siècle, refusant le simple report du référendum, le 3èmedont la tenue n’honore pas les termes des accords. Tout à l’opposé de la Grande Bretagne qui libéra Hong Kong en toute élégance, les journaux hexagonaux n’ont d’ailleurs pas manqué de souligner cette exception.

Mais voilà la France, que de s’atteler à une adaptation à l’Afrique, et sa diaspora l’on note des jeuxde diversion par le stratagème de «l’approche du danger rend docile» : urgence d’agir contre les attaques incontrôlées des djihadistes au Sahel, guerre civile ici, exactions de dictateur là-bas nécessitant intervention d’une coalition là-bas, épidémie etc. l’immigration africaine stigmatisée, sans compterl’alerte incessante des chefs d’état en pompiers pyromanes depuis des décennies, pour la dangerosité pour l’Afrique de sa croissance démographique. Une hantise de néo colonisateurs biensûre face à une saine natalité porteuse de dividendes démographiques. Vois-tu chère France patrie mienne aussi, une voix de me dire doucereuse et préventive« Femmes noires ! nos bien aimées faites nous l’honneur de nous faire plein d’enfants.» La première institution de fait ne serait-elle pas les citoyens ? pas de citoyens, pas d’espace institutionnel par la même d’organes publics dirigeants. La France se cherchant dans une natalité défaillante veut nous ramener à ce rang. Jamais elle ne tira le continent vers le haut, vous avez compris. L’aide portée à l’Afrique aurait plutôt tendance à promouvoir l’inconsistant. A preuve l’inexistence d’un tissu industriel, en lieu et place de très coûteux investissements tous quasi improductifs. Se pose t’on la question pourquoi la France dont la puissance de feu économique est l’agro-alimentaire et 1er producteur mondial d’électricité par central nucléaire, ne soumet ses expertises à l’Afrique par sous- région ? Si le cas du nucléaire se comprend relativement, celui de l’agro- alimentaire est incompréhensible du point de vue pratique ; mais par stratégie c’est ce couper l’herbe sous les pieds, impensable harakiri. La GOANA-Sénégal, que j’ai vite qualifiée le nucléaire vert-procédé à haute capacité de résolutions- qu’est-elle devenue ? Au-delà de l’inefficience étatique constatée l’on peut noter sans la moindre accusation, le mutisme de la France pour promouvoir l’idée et accompagner la réalisation ce qui serait tirer vers le haut le pays soulageant les populations, neutralisant les déficits…

Enfin, l’état français serait-il beaucoup moins adulte qu’en Allemagne, Grande Bretagne, USA… pour courroucer ses actuelles et anciennes colonies dans leur maintien sous emprise séculaire sans aucune forme de ménagement ? Tirant son rang mondial au demeurant biaisé de cette main mise, lequel rang demeure malgré tout moindre par rapport aux pays précités, l’inciterait en continu à faire agréer par le monde entier une envergure somme toute fantasmée, qui serait meilleure n’eut été le lourd poids bien sûr imaginaire des immigrés et leurs pays respectifs.Et à jamais, il fallait asseoir une croyance nationale par construit socio culturel négatif ciblant le monde noir tout en se dédouanant en la loi relative au caractère positif de la colonisation au point de prévoir l’inscrire dans les manuels scolaires -loi finalement révoquée- contre laquelle j’écrivis dans mon essai : « Je reste convaincu que c’est faute des visions politiques réelles pour la nation, d’absence notoire d’esprit de bâtisseur, d’incapacité à faire rêver le peuple, et de faillite d’idées républicaines avec pour corollaire un stalinisme rampant, que ces politiques à la base se sont appliqués à cetteloi en lui prédisaient les vertus de la pierre philosophale alors qu’elle n’est que tromperie du peuple. Ladite loi réellement ne fait que dé promotionner la France à l’extérieur. Et ce malgré la levée de bouclier du plus grand nombre de la population française à commencer par certains historiens et l’opposition, la volonté de la maintenir a demeuré obstinément. »[vi]Inimaginable que l’Allemagne et la Grande Bretagne eussent même l’embryon d’une telle ambition ; funeste n’est-ce pas ?

Il faut noter l’inaptitude de l’état français sous perfusion politique, économique, financière, francophoniquede l’archipel d’entités politico-géographiques (Afrique et Caraïbes), de s’affirmer sans artifice dans le cercle des puissances. Cette fragilité de fait, la conduit à la radicalité, instinct primaire d’une politique de domination non sans effet pervers du serpent qui finira par se mordre la queue.

La révolte voire la révolution dans ces parties surexploitées loin d’être spontanée, résulte d’une maturation; autres époques autres pratiques de relations. Bien au-delà des pouvoirs respectifs, et sans aucun esprit de revanche contre la France l’Afrique reste ouverte, mais en partenariat revisité. Des actes forts libérateurs sont de mise partout plus encore dans les contrées en perte d’intégrité. Oui, l’Afrique est entrain d’écrire son histoire et c’en est une révolution au sens de mettre les choses à l’endroit. Le discours dominant, la servitude, l’exploitation économique, la relégation culturelle… n’ont que trop duré.

Il n’y a pas mieux que de conclure par Patrice Émery Lumumba, l’un des pères des indépendances africaines, panafricaniste irréductible, s’adressant à femme chérie depuis sa prison, il écrivit une missive prophétique de la fin d’un si long cycle d’inhumanité que vit le continent, extrait :

« Nous ne sommes pas seuls, l’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde, se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte, le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai pas, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau, et qu’il attend d’eux comme il attend de chaque Congolais d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance, et de notre souveraineté. Car sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’homme libre. L’histoire dira un jour son mot, mais ça ne sera pas l’histoire qu’on enseignera aux Nations Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire, et elle sera au Nord et au Sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité. Mais ne pleure pas ma compagne. Moi je sais que mon pays qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté. Vive le Congo.»[vii]

Seydou Beye

beyeimpact.art@gmail.com

[i]Defare suñu : agir en citoyen, attitude et comportement.

[ii]Boule falé : je m’en foutisme

[iii]Les travaux de chercheurs ont-ils un intérêt pour les pouvoirs sous les tropiques ???

[iv]David Diop, Coups de pilon, Ed. Présence Africaine, 1973.

[v]Prière d’un petit enfant nègre pp. 86-87 in Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache – de la langue française ; L. S. Senghor / PUF 1992

[vi]« L’intégration alibi, une guillotine sociale – Réplique pour une sociéthique », Seydou Beye, l’Harmattan, 1999.

[vii]Patrice Lumumba dont la dernière lettre à sa compagne Pauline doit être méditée. : «… Que pourrai-je dire d’autre ? Que mort, vivant libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte, c’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où on nous regarde du dehors tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir… ».

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