La mort du Travail?

Un article du Monde d'aujourd'hui (http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2015/09/01/quand-la-generation-y-impose-ses-codes_4742386_1656994.html) me semble intéressant, qui évoque un possible changement de mentalités, et peut être entendu comme un signe d'espoir.

D'après cet article, les personnes nées après 1980 accorderaient davantage d'importance à leur temps libre qu'à l'argent, au mépris de l'indépassable morale capitaliste.

A force d'exploiter la précarité et le chômage, les entrepreneurs et les politiques, soucieux d'établir un rapport de force favorables avec les syndicats, tout absorbés par leur volonté de détruire le code du travail, de dévaster les solidarités, et de terroriser les salariés dans le but d'engranger les plus grands profits, auraient-ils fini par tuer la poule aux oeufs d'or en démonétisant durablement la "valeur travail"?

Ce serait une ironie particulièrement savoureuse: à force de s'entendre répéter qu'"il n' y a pas de travail pour tout le monde", qu'"aucun collaborateur n'est irremplaçable", ou que "désolé on n'embauche pas... Par contre un stage..." se pourrait-il que, lassés de se battre pour rien et d'être pris pour des pigeons, les êtres humains comprennent qu'ils ont mieux à faire que travailler...

Le patronat qui exploite le chômage de masse comme arme et abaisse les salaires ne scie t-il pas la branche sur laquelle il prospère? C'est bien évidemment trop tôt pour le dire, et un article du Monde ne fait pas le printemps...

 

 

"Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien,
de même que la branche, n'ayant plus de suc ni d'aliment à sa racine, devient sèche et morte."

La Boétie.

 


 

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