Lettre ouverte: M. Macron, soutenez le renouvellement démocratique en Algérie

Avec quarante-deux millions d'habitants dont 60% parlent « réellement » le Français, les Algériens, comme tous les migrants africains francophones, sont naturellement attirés par la France. Oui, Monsieur le Président, c'est ce que nous pourrions appeler, le revers de la médaille... «Françafricaine».

Paris le 26 février 2019,

Monsieur Emmanuel MACRON, Président de la République Française,

Avec quarante-deux millions d'habitants dont 60% parlent « réellement » le Français, les Algériens, comme tous les migrants africains francophones, sont naturellement attirés par la France. Oui, Monsieur le Président, c'est ce que nous pourrions appeler, le revers de la médaille... « Françafricaine ».

En avril 2019, devraient avoir lieu en Algérie, des « élections » présidentielles.

Le Président Bouteflika, âgé de 82 ans, très sérieusement malade et invalide, ne s'est pas adressé à la nation depuis ... 6 ans. Il « achève » ainsi son quatrième mandat alors que la constitution n'en prévoyait que deux. Son entourage s'agite par ailleurs activement et sans décence, depuis quelques semaines, pour « vendre » sa candidature à l'occident et dans une moindre mesure à une population algérienne désabusée.

Pourtant, dans ce pays jeune, qui exporte (malgré-lui) chaque année des milliers de médecins et d'ingénieurs vers la France, le Canada et les Émirats notamment, il existe des personnalités politiques intègres, qui se battent inlassablement pour un remplacement véritablement démocratique de ce régime despotique et archaïque.

Ce renouvellement politique démocratique tant espéré en Algérie, comme en Afrique, serait pourtant un gage de stabilité et d'espoir durable dans ce carrefour euro-africain sous tension.

En France, les Algériens qui sont par ailleurs très souvent franco-algériens, ont été particulièrement indignés et accablés par l'attitude de certains hommes politiques Français et pas des moindres, qui sans pudeur, vantaient « l'alacrité » ou « les capacités intellectuelles parfaites », d'un Abdelaziz Bouteflika pourtant déjà aphasique et impotent.

Monsieur le Président, la « Patrie des droits de l'homme », serait-elle, elle aussi, entrée en soins palliatifs ?

Aujourd'hui, la société algérienne, longtemps muette et timorée parce que muselée, semble s'éveiller.

Les stades deviennent de véritables tribunes politiques, ou les jeunes Algériens qui représentent 56% de la population, crient avec sarcasme leur ras-le-bol, La rue gronde, l'université s'agite et l'Algérie convulse.

Monsieur le Président,

Vous avez très probablement été approché par certains apologistes de ce régime en quête de soutien, alors que l'opposition au cinquième mandat, spontanée ou manipulée, progresse avec force.

Aussi, permettez moi de vous indiquer que personnellement, j'accorderai mon assentiment en m'inspirant de la sage citation d'Henry Miller, qui disait :

« Oui, l'homme a ce choix : laisser entrer la lumière ou garder les volets fermés ».

Aidez les Algériens et l'ensemble des peuples asservis, à enfin ouvrir les volets !

La France et les démocraties occidentales, ont le devoir de plaider sans transiger, la démocratie dans les pays du sud, au nom de l'universalité des droits de l'homme.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.

 

Dr Vétérinaire F.K. Bouchareb,
Élu écologiste et membre du comité national du Mouvement des Progressistes

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