le changement pour l'école

Le changement pour l'école c'est mal parti

 

26 Mai 2012 Par bigarade56

François Hollande nous en avait convaincu le changement c'est maintenant. Il aurait du spécifier la forme que prendrait le changement pour l'Ecole.

Comme conseiller éducation Jean-Marc Ayrault a nommé un tout "jeune recteur retraité" JP De Gaudemard.... En Mars 2012, il prit sa retraite obligatoire, atteint par la limite d'âge (65 ans) de Recteur de l'Académie d'Aix Marseille, laissant son poste au Recteur Dubreuil qui en prévision de la défaite sarkozyenne s'échappait ainsi du cabinet de Châtel. M De Gaudemard était arrivé dans cette académie 5 ans plus tôt tout auréolé de la mission que lui confia le premier des ministres de l'éducation nationale du sarkozysme pour réformer les lycées. C'est sûrement parce que ce haut fonctionnaire s'était illustré par sa clairvoyance et son goût très prononcé de la concertation lors de cette mission de confiance reçue des mains propres de l'ancien président que notre nouveau premier ministre le charge d'incarner le changement en matière scolaire. A moins que le premier ministre apprécie sa compétence en matière de gestion des ressources humaines. Dans ce cas il devait s'informer auprès de cet enseignant de l'académie d'Aix Marseille (auquel la provence a consacré un articlehttp://www.laprovence.com/article/a-la-une/arles-linstituteur-ne-veut-plus-etre-paye-pour-rester-a-la-maison), ancien collaborateur des Recteurs Zorbib, Rollin, Blanchet, Treuil, Monteil spécialiste de l'école maternelle, chargé successivement des projets d'établissement, de la formation des cadres, de la coordination de l'action pédagogique, du développement de l'industrie du multimédia, inventeur du club des entreprises partenaires de l'académie et de l'incubateur des produits ludo-éducatifs de la belle de mai, qui fut également responsable, pour les ministres Jospin, Bayrou et Allègre, des universités d'été consacrées à la formation des consultants de la fonction publique, ou pour le développement de l'industrie du multimédia, qui, revenu d'un congé longue maladie, handicapé, a été placé au placard, pendant toute l'ère De Gaudemard,  au mépris des demandes formulées par la HALDE.

Vincent Peillon lui aussi a choisi de faire du neuf avec les mêmes hommes et leurs vielles idées Pierre Yves Duwoy est devenu directeur de cabinet mais jusque là il était secrétaire général du ministère de l'éducation nationale. Encore un œil neuf qui est responsable en grande partie du regard comptable pseudo économique que posèrent pendant 10 ans les ministres Darcos et Châtel sur l'école. 

Tandis que les combattants du savoir, des connaissances, de l'intelligence, de l'égalité, résistions par patriotisme scolaire bien décidés à sauver et développer notre tradition dans une Europe toute tournée vers des politiques néo libérales pour l'école. Eux participaient de toutes les exclusions imposant leur idéologie restreinte et leur pensée unique. Tellement unique d'ailleurs que Ayrault et Peillon ne trouvent rien de mieux à faire que de prendre les mêmes pour continuer leur oeuvre alors que nous avons voté pour le changement.

Voici juste quelques signes concernant deux des hommes clef de la future concertation annoncée. Leur grande qualité commune est la connaissance des organisations syndicales sur laquelle comptent un peu trop le premier ministre et le ministre de l'éducation nationale pour faire éventuellement taire les revendications singulières comme celles des enseignants désobéisseurs.

Alors bien sûr, pour faire vite, le Ministre annonce la suppression des évaluations CM1-CM2 avec le retour à la semaine de 5 jours. C'est beaucoup plus simple que de relancer les débats sur l'évaluation formative qui traversent les courants pédagogiques de notre nation. Ou de poser les  termes d'une concertation qui prennent en compte la chronobiologie, la psycho sociologie scolaire, l'analyse du travail des enseignants. Autre décision rapide du Ministre, sortir les rapports de l'IGEN non publiés comme si le label "non publié" était un label de sérieux. Pourtant lorsqu'on lit particulièrement celui consacré à l'école maternelle on voit bien que c'est u rapport alibi pour tous ceux qui veulent supprimer cette exception culturelle française dans le système éducatif européen. Le corps du texte est composé d'une compilation d'articles comparatifs entre les dispositifs de garderie des pays d'Europe du Nord et notre école maternelle. La pédagogie y est grossièrement caricaturée, les seuls experts appelés à la rescousse sont le docteur Zorman chantre de la recherche des prédispositions au non-apprentissage et l'inévitable A Bentolila promoteur de l'apprentissage précoce de l'écriture su chère à Nicolas Sarkozy . Rien des travaux des P.Boisseau, B.Brigaudiot, A.Florin, L.Lentin, JF.Simonpoli, pédagogues et linguistes spécialistes des acquisitions de la langue orale à l'école maternelle que le sarkozysme a chassé des écoles, en menaçant les maîtresses lorsqu'elles consacraient trop de temps à travailler selon leurs préconisations. Avec la course aux apprentissages précoces, l'édification de la socialisation comme objectif de l'école maternelle et la disparition d'une inspection pédagogique spécifique, la chasse à l'oralité était devenue la tarte à la crème de l’anti-école maternelle, mais cela n'empêche pas l'émission d'une conclusion du type "les murs sont envahis par des productions écrites" qui confond sciemment causes et effets!!!

Enfin pour clore, aussi rapidement que le premier ministre et son ministre de l'éducation ont donné de mauvais signes aux résistants que nous sommes, relevons le peu de femmes en responsabilité dans leurs cabinets pour les questions scolaires et éducatives, la quasi inexistence de spécialistes de la pédagogie ni de la formation des enseignants, l'absence grotesque de tous les mouvements pédagogiques et  l'annonce d'un calendrier à la hussarde pour décider d'une loi d'orientation pour l'école dès cet été.

Que de mauvais signes pour le changement maintenant dans l'école! C'est à se demander si Vincent Peillon ne souhaite pas que très peu de députés de gauche ayant des idées pour l'école ne soient élus dans la majorité présidentielle puisqu'il a déjà pensé à tout ou tout pensé! L'inconvénient des "conseillers de campagne-spécialistes" quand ils accèdent "au pouvoir" avec le candidat qu'ils ont soutenu c'est que pour y arriver ils ont écarté tous les concurrents de leur parti, ils ont pillés les idées des proches qu'ils ont écartés, et, à la fin de l'histoire, il ne reste qu'eux persuadé d'être les meilleurs et détenteurs de La vérité, alors que pour nous c'est à ce moment là que le travail commence!!!!

 

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