Sabikia Ahmed Mze, 43 ans, prof, mère de 3 enfants dort dans une geôle de Moroni

« Je me rends même si je n'ai jamais reçu de convocation officielle, car mon mari ne doit pas payer pour moi. Mais il faut que tout le monde sache que mon péché originel, celui qui a déclenché cette chasse à la Femme est d'avoir écrit "État de droit aux Comores" sur une banderole.»

 

Ces mots sont ceux de Madame Sabikia Ahmed Mze âgée de 43 ans, professeur de Lycée, mère de 3 enfants qui dort dans une geôle de la prison de Moroni aux Comores depuis le dimanche 10 janvier 2020.


Depuis 2019, cette maman a décidé de prendre la tête de l’expression de la femme comorienne dans le débat sociétal en mobilisant des femmes comme elle pour que la société dans laquelle elles vivent prépare mieux celle qu’elles laisseront à leurs enfants.

Pour que les femmes comoriennes prennent leur place aux cotés des hommes dans une société où la présence de femmes dans les instances de décisions est quasi inexistante.

Malgré la répression qui a suivi un setting que ces femmes avaient organisé en novembre 2019 sur la place de l’indépendance dans la capitale des Comores, Moroni. (Certaines en portent encore des séquelles psychologiques et physiques), Sabikia et les « wadzadze Wairoumbi » (les mamans conscientes) ne sont pas rentrées à la maison, mais continuent d’appeler à une meilleure vie pour elles et la population comorienne.

Parce -que trop de jeunes comoriens préfèrent braver la mort en montant sur des embarcations de fortunes en ayant conscience de ne peut-être jamais arriver à destination plutôt que vivre dans leur pays, Sabikia et ces mères ont décidé de prendre part au débat public pour réclamer aux politiques de meilleures conditions de vie pour leurs enfants, un meilleur service à la population par l’action politique.

Parce que, ce que subit depuis le 10 janvier Sabikia Ahmed Mze est une violence faites aux femmes comoriennes et à toutes les femmes qui croient aux valeurs de Liberté, d’Egalité et de DROITS individuels et fondamentaux.

Parce que l’engagement citoyen et la revendication de meilleures conditions de vie ne sont pas des crimes.

Nous demandons à toutes celles et ceux qui croient comme nous signataires de cet appel que le respect des Droits de l’Homme est fondamental dans toute société et la place de la Femme comorienne dans la sphère publique, un beau projet pour les Comores. D’appeler à la libération immédiate de Sabikia Ahmed Mze car sa place n’est pas dans une prison mais aux côtés de ses élèves et de sa famille.

Signer la pétition pour sa libération ici

 

#FreeSabikia 

 

 

 

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