Promotion de l'Economie Solidaire par le Conseil Régional de Rhône-Alpes

Malgré les remarques ci-dessous, il faut redire toute l’estime que mérite cette Commission "Economie Sociale et Solidaire" (ESS) de la Région RA, en fonction des premières avancées remarquables et concrètes qu’elle a su obtenir.
Le point de vue, présenté ici, découle de certains échos qui se font jour, suite aux informations parvenues au monde associatif (rattaché à l’ESS), à propos : 1) de la diffusion de l’enquête INSEE / l’ESS, 2) de la Communication lancée sur l’ESS et 3) du budget prévisionnel du Contrat Sectoriel ESS du Conseil Régional.

 

 

 

 

 

1) Communication réalisée suite enquête INSEE :
Non diffusé sur la plaquette INSEE de 2007 (contrairement à la plaquette de 2002), la part relative des trois catégories de structures constituant l’ESS est précisée sur le site web de l’INSEE. De façon synthétique cela permet de voir, sur le récapitulatif ci-dessous, les poids respectifs et les évolutions entre 2002 et 2007, pour les associations et pour la "coopération" (les mutuelles représentant moins de 10%) :
Associations : 83,4% du nombre des structures en 2007, contre 82,0% en 2002, soit + 1,4 point
Coopératives : 12,4% du nombre des structures en 2007, contre 11,0% en 2002, soit + 1,4 point
Associations : 76,7% du nombre de salariés en 2007, contre 75,0% en 2002, soit + 1,7 point
Coopératives : 13,6% du nombre des structures en 2007, contre 15,0% en 2002, soit - 1,4 point
Donc, en matière d’emplois, le monde associatif est 5 fois plus important que l’ensemble de la "coopération"
et sa part obtient un accroissement de 1,7 point entre 2002 et 2007, alors que la "coopération" perd 1,4 point
!

2) Le plan de communication sur l’ESS, conduit par la Région et la Chambre Régionale de l'Economie Sociale et Solidaire (CRESS), semble avoir été perçu comme :
- s’appuyant principalement, au niveau des départements, sur une intervention/promotion de la "coopération"

- recherchant, régionalement, à donner à l’ESS essentiellement une image "employeur".
Cette image "employeur" n’est-elle pas réductionniste par rapport aux diverses finalités de "l’autre économie" qui croise essentiellement les dimensions de l'utilité sociale et sociétale, de la rigueur entrepreneuriale, de l'emploi, et de l’expression citoyenne (démocratie participative) ?

3) Le contrat sectoriel ESS de la Région, à la lecture du budget prévisionnel actuel, laisse constater une faible part d’aides envisagées pour secteur associatif (hormis un peu pour le secteur "Service à la personne"), contrairement à la prépondérance dont bénéficie la "coopération" et les fédérations d’insertion par l’économique !

 

 

Par ailleurs, la dernière enquête nationale sur le monde associatif, publiée fin 2007 par le Laboratoire Matisse (CNRS Paris Sorbonne), montre la part importante des associations rattachables à l’ESS (environ la moitié de l’ensemble des associations nationales) et l’apport du Bénévolat. Voir quelques extraits ci-dessous :
- « un volume d’emploi de 1 050 000 emplois en équivalents temps plein,
auxquels s’ajoute le travail de près de 14 millions de bénévoles » soit 935 000 emplois en ETP.

- « une croissance importante du volume de travail bénévole, qui a augmenté à un rythme annuel moyen de 5 % »

- «c’est l’augmentation du nombre d’associations qui explique alors, pour une grande part, l’augmentation considérable du volume total du travail bénévole enregistrée durant la période : 30 % en 6 ans. ».

Le bénévolat n’est-il pas un riche gisement d’énergies renouvelables et gratuites, permettant l’implication citoyenne et générant du "vivre ensemble territorial" ?De plus n’offre-t-il pas une possibilité d’accès à des activités pour tous les citoyens volontaires qui peuvent trouver ainsi une place dans la société (en arrivant à "exister" hors le salariat … et du mythe du plein emploi) ?
Ne parler que de l’EMPLOI semblerait donc une approche biaisée donnant une image réductionniste de l’ESS ?...

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