Congo-Brazzaville: la diaspora propose à l'opposition une primaire ouverte avant 2021

Congo-Brazzaville : seule l’élection primaire ouverte à toute l’opposition avant la présidentielle déclenchera la dynamique de la victoire

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Congo-Brazzaville : seule l’élection primaire ouverte à toute l’opposition avant la présidentielle déclenchera la dynamique de la victoire contre Sassou-Nguesso en 2021

Le propre de la complexité politique congolaise, c’est une vraie jungle apparente qui fait peur, mais où l’on a des bonnes raisons de croire que l’on peut retrouver une solution cachée.

Toutefois, les actions politiques collectives de l’opposition congolaise, depuis l’accession de Sassou-Nguesso au pouvoir par coup d’État en 1997 jusqu’à nos jours, aboutissent toujours aux résultats contraires de ce qu’attend réellement le peuple Congolais.

Et, même si la volonté y ait, toutes les actions collectives de l’opposition (la participation au monologue de Madingou et la multiplication des déclarations d’intention de candidature à la présidentielle de 2021) renforcent l’effet contre-intuitif de cette opposition que certains commencent à qualifier, à tort ou à raison, d’opposition en trompe-l’œil.

Pourtant, dans cette quête de sauver le Congo, la division est à éviter. Et la seule opération admise c’est l’addition des forces de l’opposition ; c’est l’union qui fait la force. Mais, force est de constater qu’aller disperser à l’élection présidentielle de 2021 en multipliant les candidatures de l’opposition contre le dictateur Sassou-Nguesso, qui a modifié unilatéralement la constitution et fait un hold-up électoral en 2016 pour rester au pouvoir, est un chemin particulièrement ardu, où les déboires sont plus fréquents que les succès. Et pour ceux qui s’entêtent, inspirez-vous vous de 2016.

En plus, la multiplication des candidatures de l’opposition n’a jamais garanti la victoire électorale et sceller le sort des dictateurs en Afrique francophone ; et la même chose peut-être affirmée pour le boycott des élections. Tous ces cirques font des leaders de l’opposition et du peuple Congolais des vrais prisonniers de Sassou-Nguesso. Et aucun leader de l’opposition congolaise ne pourra donner l’impression de l’ignorer. Une grande majorité de Congolais nourrissent toujours le projet d’une revanche électorale contre ce dictateur d’un autre âge, et jettent l’anathème sur tous ceux qui s'écartent de ce projet.

Mais à quelle condition et au prix de quelles contraintes l’opposition congolaise pourrait-elle battre Sassou-Nguesso en 2021 ? C’est la question majeure que se pose tout Congolais patriote ! Demandons-nous ce que pense l’association BISHIKANDA DIA POOL, notre réaction tournera autour d’un seul point : la tenue de l’élection primaire ouverte à toute l’opposition pour choisir celui qui va représenter cette dernière, à l’élection présidentielle en 2021 contre à Sassou-Nguesso.

  • La tenue de l’élection primaire ouverte à toute l’opposition pour libérer l’opposition et le peuple Congolais maintenus prisonniers au Congo et dans la diaspora par Ssasou-Nguesso.

Tout d’abord, le Congo sous Sassou-Nguesso ressemble à une prison à ciel ouvert, qui a comme prisonnier le peuple Congolais et les leaders formant la vraie opposition à Sassou-Nguesso. La relation qui les lie, nous fait penser au dilemme du prisonnier qui fait les délices des spécialistes des jeux. Il s’agit, on s’en souvient, du dilemme devant lequel se trouvent deux criminels qui ont été arrêtés pour le même crime et placé en garde à vue, mais contre lesquels la police ne peut avoir de preuve matérielle autre que la dénonciation qu’elle pourrait obtenir de l’un ou l’autre. Dans cette situation, chacun des deux prisonniers n’a que deux stratégies pour « s’en tirer » : nier les faits, soit trahir l’autre en l’incriminant. Mais si les deux résistent aux propositions et aux chantages de la police en refusant de trahir l’autre et en continuant de nier ; la police n’a pas de preuve pour les charges : elle ne pourra obtenir que la condamnation de chacun d’eux à un an de prison pour des délits mineurs. Par contre, si l’un des prisonniers accepte de trahir l’autre en le dénonçant, le dénonciateur est libéré, l’autre condamné à vingt ans de prison. Enfin si les deux se dénoncent mutuellement, chacun d’eux écopera dix ans de prison.

Également, connaissant les conséquences, chaque prisonnier sait que la réussite de sa propre stratégie dépendra de celle adoptée par l’autre. Mais, étant détenu séparément, ils n’ont aucune possibilité de communiquer et de se concerter. La structure logique du problème est telle que s’ils agissent « rationnellement », c’est-à-dire en fonction de leurs intérêts personnels, ils trahiront l’autre (ils dénonceront leur complice) et se retrouveront en prison pour 10 ans. Mais une seule chose pourrait faire la différence et permettre de s’en tirer à meilleur compte : la capacité de faire confiance à l’autre, et avec la certitude que celui-ci ne le trahira pas.

En comparaison avec le dilemme du prisonnier, les opposants Parfait Kolélas, Mathias Dzon, Munari, Tsaty-Mabiala, Paulin Makaya et compagnie se trouvent en situation de prisonnier vis-à-vis du dictateur Sassou-Nguesso. On suppose simplement que chacun d’eux n’essayera pas de gagner seul et de préférer ses propres intérêts égoïstes à ceux du peuple Congolais. Nous avons la connaissance du résultat en cas d’échec en 2021. Nos opposants sont pris dans cette logique infernale imposée par Sassou-Nguesso qui les mène fatalement vers l’échec, et qui sont les conséquences de leur manque d’organisation et de stratégie. Comme les deux prisonniers, une seule chose pourra faire la différence et permettre à chaque opposant de s’en tirer et de sauver le Congo : la capacité de se faire confiance et de faire confiance à notre peuple concernant le choix de celui qui représentera l’opposition en 2021. L’élection primaire ouverte de l’opposition peut parfaitement se comprendre et se justifier. C’est le seul moyen humain que nous sommes obligé d’employer pour atteindre l’objectif de battre Sassou-Nguesso en 2021 ; faire autrement c’est condamner le peuple pour 5 ans d'emprisonnement de plus.

  • L’élection primaire ouverte à toute l’opposition, à la société civile et aux individualités se réclamant de l’opposition pour la crédibilité et la pureté de l’opposition pour redonner l’espoir au peuple en 2021

 Aujourd’hui, plus personne parmi les leaders se réclamant de l’opposition, dans ce contexte marqué par une profonde méfiance du peuple à l’égard des partis de l’opposition, n’a la légitimité populaire. Ils sont tous accusés de copinage avec le pouvoir. Ils sont tous coupés du peuple. Aucun parti politique ne peut justifier 1000 adhérents encartés payant des cotisations chaque année. Ils comptent tous sur la solidarité tribale, sur la solidarité ethnique, sur la solidarité villageoise ou sur la solidarité départementale. Les partis formant l’opposition n’ont pas de base électorale nationale, et ne peuvent donner de légitimité nationale à leurs candidats à l’élection présidentielle de 2021. Certains leaders ne dépassent même pas le cercle de leur village. Il faut avoir le courage de le reconnaître, seule l’élection primaire ouverte de l’opposition donnera à celui qui représentera l’opposition à la présidentielle de 2021 la légitimité nationale et le poids électoral.

D'ailleurs, aujourd’hui aucun leader politique de l’opposition ne s’impose réellement comme leader incontesté comme l’avait été Lissouba ou Bernard Kolélas avant la conférence nationale souveraine de 1991. Chacun ne s’impose que dans son village natal : Madame Munari à Mouyondzi, Dzion Mathias à Gamboma, Tsaty-Mabiala une petite partie de Dolisie, Parfait Kolélas manipule une petite partie du Pool, etc. L’opposition comme l’ensemble des forces partisanes qui a pour vocation de prendre le pouvoir et de proposer une alternative n’existe pas. La discussion politique, sur le choix du meilleur candidat de l’opposition qui peut battre Sassou-Nguesso en 2021, ne doit plus se faire dans les partis politiques qui ne représentent que les villages ou les départements des leaders de l'opposition ; mais dans un cadre élargi nommé primaire de l’opposition pour la crédibilité de l’opposition.

Sur ce, l’élection primaire ouverte à toute l’opposition pour le choix de celui qui représentera l’opposition en 2021, redonnera la pureté à notre opposition. C’est un véritable triage nécessaire pour renouer la confiance avec le peuple Congolais. Tout sera plus clair si on commence par l’élection primaire. Tous les opposants nocifs, impurs qui nuisent au travail de l’opposition, seront sanctionnés par le peuple. Ces opposants n’ont pas toujours l’apparence nuisible. Comme des poisons, ils sont transparents et clairs, mais si vous l’avalez, vous êtes morts. Longtemps notre opposition a fait entrave au travail de l’opposition. La participation à la concertation de Madingou a été une vraie trahison, et beaucoup de Congolais jettent l’anathème sur les participants se réclamant de l’opposition.

  • Malgré les erreurs de jugement, le manque d’organisation et de stratégie de l’opposition ; la tenue d’une élection primaire ouvert à toute l’opposition déclenchera la dynamique de la victoire contre Sassou-Nguesso et l’espoir d'un changement démocratique. 

Pourtant la tenue de l'élection présidentielle en 2021 n’est qu’une étape d’un très long processus électoral qui commence par la mise en place d’une commission électorale réellement indépendante pour piloter le processus électoral, par le contrôle du recensement préélectoral, par l’établissement des listes électorales et des cartes d’électeurs à tous citoyens congolais ayant l’âge de voter. Il devient donc problématique quand une opposition s’engage dans une élection présidentielle en 2021 sans garanties de transparence et de respect des règles du jeu politique en matière électorale par le pouvoir dictatorial en place. Les élections pilotées par une CENI contrôlée par Sassou-Nguesso sont loin d’être crédibles, justes et transparentes. Et les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets.

Pire, au Congo, depuis le coup d’État de Sassou-Nguesso en 1997, tous les résultats des élections présidentielles sont toujours contestés ; et c’est d’ailleurs la principale cause des nombreuses crises de légitimité à l’origine de la dictature qui détruit ce pays. Une telle élection présidentielle n’aboutira non plus à l’alternance démocratique et à la mise en place de nouveaux dirigeants, mais seulement au recyclage d’une vielle classe politique honnie par le peuple Congolais.

Mais ceci dit, et contrairement à ce que nous venons d’évoquer, bien que les conditions d’une bonne élection présidentielle n’étant pas réunies pour 2021 ; et en dépit de ces manquements, nous pensons que la tenue d’une élection primaire ouverte aux partis politiques de l’opposition, à la société civile et aux individualités peut changer la donne. Elle va déclencher la dynamique de la victoire contre Sassou-Nguesso et l’espoir d’une vraie alternance démocratique dans le pays. Elle va mettre en place les conditions politiques qui permettront aux Congolais meurtris, par la mauvaise gouvernance de Sassou-Nguesso, de choisir entre plusieurs candidats de l’opposition, celui qui leur paraît le plus en situation de faire gagner l’opposition en 2021. Cela mettra l’ONU, l’UE, l’UA, la France ou la Françafrique dans l’embarras concernant Sassou-Nguesso. L’expression de la volonté populaire s’exprimera dans les urnes le jour de la primaire, et le rapport de force électoral sera visible.

  • Malgré les pièges et les obstacles tendus par Sassou-Nguesso, la primaire changera la donne, la peur changera de camp en 2021

Nous réaffirmons avec force, que pour la présidentielle 2021 biaisée d’avance, il faut organiser l’élection primaire ouverte à  toute l’opposition pour enclencher la dynamique de la victoire et la dynamique d’alternance démocratique en 2021 afin de susciter de l’espoir à notre peuple. C’est uniquement par ce processus que l’opposition aura son capitaine incontesté qui conduira les laisser-pour-comptes congolais vers la victoire. Tous les Congolais se réclamant de l’opposition devront être associés à la désignation du candidat qui les représentera à la présidentielle de 2021 contre Sassou-Nguesso. Nous savons que l’opposition est multiple, et chaque parti à sa propre idéologie. Mais une seule chose devrait les unir : la défaite électorale de Sassou-Nguesso.

La chance de notre opposition, c’est que le peuple congolais veut une revanche électorale contre Sassou-Nguesso, et aussi il a conscience que cette revanche pour prendre forme, doit passer par une élection primaire ouverte à toute l'opposition avant la présidentielle. Nous proposons que tout participant au primaire s’acquitte d’une modique somme de 200 FCFA. S’il y a 1 million de participants, cela fera un budget de 200 millions de FCFA. Et cet argent financera la caution de 25 Millions et les frais de campagne de l'élu de la primaire. En cas de victoire contre Sassou-Nguesso, les autres candidats deviendront d’office des ministres, et le premier ministre sera le deuxième de l’élection primaire. Le mandat présidentiel se transformera en une transition avec comme mission principale d’organiser une conférence nationale souveraine dont les décisions seront exécutoires. À La fin de la transition, chaque parti retrouvera sa liberté.

Pour l’organisation de la primaire, nous appelons à une concertation de l’opposition pour la mise en place des structures et des règles de jeu à respecter. Cette élection devra être ouverte à toute l'opposition : partis politiques, société civiles et individualité en opposition avec les anti-valeurs prônées par Sassou-Nguesso. Le but de l’élection primaire est d’élire le chef de fils de l’opposition consensuel sur le plan national et international par ses qualités personnelles, et politiques, par son autorité et par ses relations sur le plan international gage de garanties pour des élections apaisées.  


Pour terminer, en vérité le Congo est à la croisée des chemins. Le débat sur la dynamique de victoire contre Sassou-Nguesso et celui de l’alternance démocratique en 2021 devraient intéresser le peuple Congolais en général et l’opposition en particulier. Parce que les blessures causées par ce dictateur dans tout le pays ont du mal à guérir. Et des vrais traumatismes continuent à tourmenter les survivants et leurs familles. Alors que les pays environnant traversent une période de croissance économique et d’avancement social, le Congo s’enfonce des crises de légitimité en crises socio-économiques et sanitaires. Et aux yeux de la population congolaise, le premier responsable c'est Sassou-Nguesso. L’opposition congolaise est donc face à un dilemme : organiser l’élection primaire ouverte à toute l’opposition (avant la présidentielle de 2021 pour demander aux Congolais de choisir entre plusieurs leaders de l’opposition, celui qui leur parait le plus en situation de faire l'unanimité) ou bien continuer dans la division sans soutien populaire et dynamique de la victoire en 2021.

Par l’Association BISHIKANDA DIA POOL

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