Congo-Brazzaville : Le FMI sauvera-t-il une nouvelle fois encore le régime de Mr 8%?

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Le Congo-Brazzaville fait partie des pays d’Afrique noire francophone ex-colonie française, dont on ne parle pratiquement jamais à l’ONU, à l’UE, à l’UA, à la CPI ou au FMI. Pourtant, il s’y passe actuellement des choses plus graves dans ce Pays. Un génocide est en cours actuellement dans le département du Pool, et les vrais opposants politiques au régime sont soit maintenu arbitrairement en prison, soit morts. Les cas de Paulin Makaya, du général Jean-Marie Michel Mokoko, d’Okombi, de Jean Ngouabi et du défunt Marcel Ntsourou confirment cette vérité.

Également, le bilan économique de la gestion du Congo-Brazzaville par le dictateur Sassou-Nguesso est plus que catastrophique et émaillé de plusieurs scandales de corruptions, de plusieurs scandales de détournements d’argent et des pillages de l’argent public. Le peuple Congolais est maintenu dans la terreur et dans la misère. Un rapport met à nu les liens opaques du clan Nguesso avec le géant du pétrole Gunvor sur la corruption dans la gestion du pétrole congolais.

Raison pour laquelle, pour beaucoup de Congolais, le recours à l’endettement du Congo auprès du FMI devrait être conditionné par la tenue d’une conférence nationale souveraine ; conférence nationale souveraine qui sera assortie d’une période de transition et d’un gouvernement d’union nationale. Et, cette période de transition aura comme mission principale d’organiser les élections démocratiques libres, transparentes et crédibles afin de doter le pays des institutions démocratiques.

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Pour cela, la France, le seul pays au monde à convertir les devises étrangères du FMI en monnaie CFA dans la zone Franc CFA, devrait soutenir la tenue d’une conférence nationale souveraine au Congo-Brazzaville. Parce que c’est le seul gage de bonnes gouvernances au Congo où, la population est abandonnée à elle-même. Le Président Emmanuel Macron devrait faire pression sur Madame Lagarde pour qu’elle conditionne l’aide du FMI, au Congo, par la ténue d’une conférence nationale souveraine. Il ne faut pas que ce pactole tombe au Congo sans garde-fous.

Or, dans ce contexte particulièrement tendu, le FMI se distingue par son silence sur l’illégitimité et sur les crimes économiques de Sassou-Nguesso, signe d’un soutien au régime de sa part. Cela nous rappelle le soutien de François Hollande : « le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit …» ; alors que ce dernier était interdit par trois articles de la constitution.

En Vérité, le FMI a toujours fait des prêts à Sassou-Nguesso sans condition aucune. Cette institution financière a toujours maintenu la coopération économique avec ce régime illégitime et corrompu jusqu’à la moelle. Les précédents financements du FMI au Congo n’ont servi qu’à enrichir le clan Sassou-Nguesso et les lobbys mafieux qui saignent le pays sur le plan financier.

En conclusion, le financement FMI à un putschiste illégitime et illégal ne peut que contribuer à renforcer la dictature et à alimenter le sentiment d’impunité dans le pays. Voilà une mauvaise nouvelle qui devrait rester en travers la gorge des Congolais. Le Congo n’est pas une propriété des Sassou-Nguesso. Le recours à l’endettement du Congo auprès du FMI devrait être conditionné par la tenue d’une conférence nationale souveraine, par une période de transition, par un gouvernement d’union nationale et par la tenue des élections libres, transparentes et crédibles au terme de cette transition.

Source: http://www.sukissa.co.uk/?p=22658

Par BISHIKANDA DIA POOL

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