Loi de surveillance généralisée Lettre à "mon" député

Bonjour,

Comme tout "bon citoyen" impliqué dans la vie de la cité, je m'inquiète de la loi sur le renseignement qui sera votée aujourd'hui.

J'ai donc contacté mon député Mr AlainFauré, député de la 2ème circonscription de l'Ariège, appartenent au groupe "socialiste", pour lui faire part de mes doutes sur la légitimité de cette loi intentatoire aux libertés fondamentales et, cependant, passée en urgence par un "gouvernement de gauche"...

Voici la teneur de nos échanges puisque le secret de la correspondance n'a plus lieu d'être à partir de ce soir si la loi passe et que, de plus, c'est un représentant élu de la république qui s'exprime.

La 1ère lettre du 19 avril

Monsieur le député.
En tant que représentant élu de ma circonscription, je refuse catégoriquement que vous votiez en mon nom la loi relative au renseignement du 05 mai prochain comme attentatoire aux libertés fondamentales de tout citoyen de ce pays.
Si votre vote s'ajoute à ceux inconscients des députés qui s'apprêtent à brader nos libertés le 05 mai vous en serez tenu personnellement pour responsable.
Souhaitant avoir été entendu,
Cordialement,
Marc Bienne

La réponse de Mr Fauré

Monsieur Bienne bonjour, Dans un système de représentativité le député vote en son âme et conscience. En veillant autant que possible à rester dans une ligne proche de ceux qui l'on désignait. Mais sur des sujets aussi vastes et différents que par exemple un budget d'état et le droit de mourir dans la dignité, il n'est pas toujours facile de s'affirmer sans doute et réflexion et en étant toujours sur d'être dans la ligne décrit qui ont voté pour moi. Pour être franc avec vous, je n'aime pas trop limiter les libertés des citoyens. Cependant s'il s'agit de sauver des vies, cela demande réflexion. Mais dans ce cas aussi, le sujet est vaste et complexe. Par exemple limiter la liberté de rouler vite en voiture ou interdire de boire en conduisant ne me gêne pas . Car cela a permis de sauver des vies. Mais interdire de s'exprimer ou de consulter des informations quelle qu'elle soit me contrarie. Mon avis pour être précis à votre égard est que je doute de l'efficacité de cette loi. Elle est très technique alors je l'tudie de prêt avant de me positionner. Projet de loi en cours de discussion loi sur le renseignement Dans ce qui dit qu'est ce qui est vrai Qu'est qui est faux ? Pour ce qui est du ton de votre mail je suppose qu'il y a du second degré dans l'intonation perçu de la demande. http://www.gouvernement.fr/le-vraifaux-du-gouvernement-sur-le-pjlrenseignement

Cordialement Alain Fauré

2ème lettre envoyée hier pendant les 6 heures de Médiapart:

Bonsoir Monsieur Fauré,

Merci pour votre réponse...

Pour vous éclairer sur ce qui est en jeu, voici un lien que je vous conseillerais fortement de regarder avant demain... https://www.youtube.com/watch?t=2733&v=SWW0pIbSN58 Prenez le temps, ensuite il sera bien tard.

Cordialement, Marc Bienne

Sa réponse et c'est là que tout cela devient très intéressant après la participation de Mr Pouria Amirshahi à la soirée Médiapart...

Mr Brienne (sic) bonjour je connais Pouria collègue à L'assemblee nationale, il appartient à la catégorie des personnes "Il y a qu'à et faut qu'on". Son vécu est celui d'un apparatchik qui passe son temps à monter des coup et vivre dans le virtuel. En clair je ne supporte pas ce genre d'individu de quelque parti qu'il soit. En l'occurrence hélas il appartient au mien. Triste sire, toujours convaincu d'avoir raison pas de remise en cause et très donneur de leçon, le genre de personne que nous gagnerions à laisser partir. Mais hélas il s'accroche, car sans le PS il n'est rien. Son poste de député il le doit au parti. Bref j'aurai tendance à faire l'inverse de ce qu'il dit afin d'être sûr d'être dans le vrai. Cordialement Alain Fauré

Ma réponse, aujourd'hui:

Monsieur,
Évidemment, si votre niveau d'analyse se situe à ce niveau et que, concernant nos libertés fondamentales,  les éléments qui font que vous allez décider aujourd'hui de voter en notre nom une loi scélérate s'appuient sur le ressentiment et le mépris que vous semblez afficher pour l'un de vos collègues à l'Assemblée Nationale, je n'ai pas grand chose à ajouter...
Toutefois, si.
Il y a 3 ans, presque jour pour jour, nous étions réunis avec quelques amis et je me souviens avoir fêté l'élection de François Hollande ou plutôt, pour être franc, la fin (provisoire?) de la triste période Sarkosiste.
Avec le recul, vous comprendrez que si c'était à refaire, je me garderais bien d'enrichir les déjà trop bien pourvues familles de champagne en ouvrant l'une de leurs bouteilles.
Vous parlez de socialisme?
Mais, Monsieur, votre parti n'a de gauche et de "socialiste" que le nom, j'espère que vous ne vous illusionnez pas vous-même à ce propos.
Toutes les valeurs de la gauche, les espoirs d'un changement économique radical, d'une régulation des marchés financiers, le souhait de nombreux de nos concitoyens d'infléchir le cours mortifère des évènements qui s'annoncent en raison des politiques économiques et "sociales" qui sont misent en œuvre à travers le continent européen contre la volonté de la majorité de ses habitants, ont été trahis depuis 3 ans.
Posez-vous sincèrement la question, auriez-vous voté cette loi scélérate si votre "Parti socialiste" était resté dans l'opposition?
Je ne le pense pas, imaginez le tollé que cela aurait provoqué!
Je vous rassure, il se pourrait fort que vous soyez de nouveau, bientôt dans l'opposition et pour longtemps...
Pour ma part je ne tolérerai jamais qu'un gouvernement, quel qu'il soit, puisse être autorisé légalement (par lui même) à espionner massivement ses citoyens sous prétexte de nous protéger.
Cette loi est anti-constitutionnelle et des actions auprès de la cour européenne des droits de l'homme seront intentées dès sa validité votée par notre conseil constitutionnel.
Notre système est basé sur la séparation de l'exécutif et du judiciaire, seule à même d'assurer les citoyens contre les abus d'un état toujours enclin surveiller "sa" population.
Autoriser la collecte de méta-données, l'écoute massive de nos conversations téléphoniques, la géolocalisation et l'intrusion légalisée des services de renseignement et de police dans nos vies privées est à mes yeux et aux yeux de beaucoup un crime contre la démocratie.
Vous vous apprêtez donc à participer à ce crime et à brader nos libertés au simple motif que vous n'appréciez guère votre collègue de l'assemblée?
Je vous laisserais donc juger par vous même de votre niveau de légitimité à représenter ceux qui ont voté pour vous aux dernières législatives...
Pour ma part, mon opinion est faite.
Cordialement,
Marc Bienne

 

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