Covid19 : la necessité de garder la mémoire

Quand l’état veut effacer les noms et les mémoires au delà des chiffres

Des chiffres faux sont annoncés tous les jours, aujourd’hui on élague les vieux, la les soignants… et on va jusqu’à effacer les noms de ceux qui sont infectés ou morts… Mais c’est nos civilisations qu’on tue par cette minutieuse déconstruction de l’histoire immédiate. Un vrai travail de dictature.

Les EHPAD meurent dans le silence, les soignants sont sacrifiés et à domicile le printemps est meurtrier. On ne teste pas. On ne protège pas. Au contraire on trie pour calculer à minima. On triche, on camoufle, on floute, on zappe, on oublie la vérité.

 

Aujourd’hui toujours pas de décompte des morts du COVID19, ici 10, la 12, ailleurs 25 ou encore 39… pire dans les appartements sombres on meurt à domicile dans les toux, les myocardites virales, on meurt dans la solitude la plus sinistre. La famille est loin et saura plus tard. On doit cacher la mort, on doit la supprimer des statistiques. Une affaire d’Etat, la belle affaire. On ne doit pas frapper d’indignité les séries d’ENARQUES qui se sont succédés à la DGS, à la santé ou ailleurs. On doit laisser l’aura au responsable du carnage fulgurant pendant que le COVID s’acharne sur chaque corps pour en infecter d’autres. Il a quartier libre, c’est open bar… une population sans masque, sans chloroquine, sans respirateur… la teuf pour le corona qui s’en donne à cœur joie dans l’espace temps macronien dilaté à l’extrême d’une pensée complexe. On sacrifie les riens et surtout qu’ils n’existent pas.

Ici ils sont chez eux, là ils sont trop vieux, ailleurs ils sont en résidence encore de vieux… là, c’est des soignants cela ne compte et on ne les comptera pas dans un registre macabre… une réplique très DGS…

Mais quid de nos civilisations ? Quid de nos morts ?

Quel est le sens d’une vie s’il sa mort n’est pas reconnue dans sa vérité ?

 

Alors les chiffres, les vrais sont une part de mémoire, elle est ultime, primale et essentielle. Elle fait sens pour l’Histoire, commune, familiale et individuelle. Chacun a droit à cette ultime reconnaissance de l’être léger que nous sommes. La mort de ceux qui partent par le COVID19 est en soi un sacrement de l’individu pris dans le fracas d’une pandémie atroce dans sa violence et sa rapidité. La mort se doit d’être prise dans le respect. Une ultime initiation qui doit retrouver sa vérité pure.

 

Aussi qu’ils soient infectés ou morts, ils doivent la reconnaissance par les noms. Qu’ils soit vieux, jeunes soignants, caissiers, camionneur, transporteurs, flic ou mendiant… ils ont droit à un nom dans un registre dans cette catastrophe intemporelle. C’est un droit à la dignité. Un devoir de mémoire.

La mémoire de nos pères pour les EHPAD, la mémoire de ceux qui ont été morts pour la France, ma mémoire des morts aux champs d'honneur, les murs de déportés, les listes Shindler ou d’une Shoah, de tout temps la mémoire s'est écrite dans les noms sans en oublié un seul, jusqu'au soldat inconnu...

Notre administration aujourd’hui nierait le droit au registre des infectés et au décompte des morts ? Et là on n'aurait pas la mémoire de ceux qui se sacrifient pour le bien commun, la vie des autres... tout comme celui qui est sur un lit médicalisé avec un Alzheimer sévère dans sa maison de retraite ?

Empêcher les registres des infectés ou des morts du Covid19 c'est au delà du mépris c'est effacer la mémoire et c'est le terreau des dictatures.

La DGS et l’état français se complaisent dans un néo-Pétainisme résidant à la négation de la vérité et de la réalité et l’effacement des mémoires, qu’on soit vieux, jeune, mendiant ou flic, sachant ou politique, soignant ou malade, croyant ou athée, blanc, black, jaune ou rien… nous faisons civilisation commune avec notre destin commun.

Aussi, demain et toujours, les registres de ceux qui sont tombés sont au delà des frontières, un témoignage d’un présent ultime qu’on doit honorer

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