Florence Gabay : focus sur le CEDS et engagements aupres des Nations- Unies

Florence Gabay, une femme engagée au sein de CEDS, de l'Institut Robert Schuman, incarnation de la génération montante...

INTERVIEW de Florence GABAY, Directrice du CEDS, Commissaire adjointe pour l’Afrique du COSCOC auprès des Nations- Unies et Vice- Présidente de l’institut Robert Schuman pour l’Europe

Florence Gabay choisit aujourd’hui d’insuffler un nouveau souffle au CEDS du groupe INSEEC U, dont elle a pris la direction depuis janvier 2020.
« En invitant des personnalités du monde politique, diplomatique et médiatique, à animer des conférences devant les auditeurs du Centre d’études diplomatiques (eux-mêmes hauts cadres fonctionnaires dans les domaines de la diplomatie et de la défense en France et à l’étranger). Je me donne ainsi la mission de transmettre et faire vivre à travers l’exigence universitaire et le travail de recherche les questions de médiation, de résolutions de conflits, de démocratie participative, de prospective au regard des grands chamboulements internationaux liés aux évolutions économiques, environnementales et sociales, le devoir de mémoire, d’entraide et de lutte contre toutes les formes d’oppression à travers le monde - dans la continuité de mon engagement à l’Institut Robert Schuman pour l’Europe et au Conseil de l’Europe.
Le CEDS travaille notamment avec de nombreux diplomates africains : Continent qui m’est cher et que je connais bien pour y avoir vécu.
Mon engagement pour ce continent se déploie aussi à travers ma nomination en tant que Commissaire région Afrique pour le COSCOC, comité diplomatique et de surveillance des climats scolaires auprès des Nations- Unies. Je suis Deputy Commissioner for Afrique.
Le Commissaire est représenté dans les régions et localités par des commissaires régionaux et locaux avec des pouvoirs d’enquêtes delegues et les possibilités de réunir des comités locaux et régionaux des climats scolaires.

Mon rôle est de rassembler des commissaires pays de toute l’Afrique afin qu’ils me rendent des rapports de l’état des climats scolaires dans leurs différents pays.
Je travaille avec le président du COSCOC, Jacky Pamart, et fais-en sorte de proposer des solutions qui visent à améliorer les climats scolaires sur le continent africain.

J’interviens lors des conférences onusiennes, j’amende la convention déjà adoptée en première lecture en novembre 2019 à Genève et qui sera définitivement adoptée pour ratification par les états des Nations- Unies en janvier 2021 .
J’apporte un éclairage sur le continent africain et je veille à ce que cette convention s’intéresse à la pluralité des visions du monde. »

gabay


-Qu’est-ce que le CEDS dont vous êtes Directrice ?

Le Centre d’études diplomatiques et stratégiques est créé en 1986 par le Professeur Pascal Chaigneaux, afin de dispenser des programmes de perfectionnement aux diplomates, cadres politiques, fonctionnaires et officiers supérieurs, sur des programmes de second et troisième cycle en diplomatie, en stratégie et en relations internationales, mais également sur des formations ponctuelles autour de thématiques actuelles telles que la résolution de conflits, la géostratégie de l’énergie et les relations civilo-militaires.


-Quels sont les grands enjeux dans la diplomatie aujourd’hui ?

La diplomatie est avant tout une pratique qui nécessite des compétences multiformes dont beaucoup sont liées à la pratique relationnelle. Elle se développe avec la connaissance du terrain de la négociation, un certain pragmatisme et une connaissance de la diversité des cultures. Mais cela ne suffit pas, car la pratique diplomatique évolue très vite, avec les initiatives prises par les acteurs de la société civile, mais également avec l’engagement des dirigeants d’entreprises aux côtés des diplomates officiellement accrédités.
C’est pourquoi, il faut développer une connaissance experte de l’action diplomatique, appuyer celle-ci sur un savoir pluridimensionnel certes, mais suffisamment développé de l’évolution du monde politique.

 

-Le monde évolue très vite, le CEDS se veut-il un observatoire des grands enjeux de demain ?

C’est une ambition pour le CEDS qui dispose d’un potentiel d’enseignants et de nouveaux diplômés ayant approfondi leurs recherches sur une vaste gamme de sujets allant de l’étude des diplomaties alternatives aux opérations de maintien de la paix en passant par les enjeux de la sécurité internationale.
C’est dans cette optique que le CEDS a créé un observatoire stratégie et prospective en vue d’étudier les questions actuelles et de projeter une représentation élaborée de l’avenir proche. Cet observatoire donnera l’occasion aux acteurs de la vie économique et politique de créer des chaires thématiques. Il comprend un grand nombre de pôles en fonction des thèmes (questions sociales, sécurité et défense ) et des aires géographiques (Afrique francophone, monde arabe, Caucase du sud ...)

-Quelles sont vos diverses formations au CEDS ?

Le CEDS dispose de nombre de formations de second et troisième cycle dont un PhD en relations internationales et diplomatie, un DBA en stratégie, un DBA en Diplomatie des affaires
Il propose également cinq spécialisations de « Master in Public Administration » (M.P.A.) en diplomatie, stratégie et résolution de conflits
Il organise également des formations courtes d’une ou deux semaines sur des thématiques spécialisées comme le protocole diplomatique, la géostratégie de l’énergie, les études de paix et la cybersécurité.

-Vous êtes partenaires des Nations Unies, en quoi consiste ce partenariat ?Comme le système des Nations unies est multiforme avec plusieurs dizaines d’organes et d’agences spécialisées dont certaines fonctionnent comme des structures autonomes, il est préférable de dire lequel d’entre eux est concerné : à ce titre, le CEDS dispose du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies depuis 2005, et a conclu en 2017 un partenariat avec l’UNESCO pour développer les études de paix et la culture de la paix.

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