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Ce qui se passe aujourd’hui est grave. Et ceux qui continuent de minimiser la situation, de temporiser ou de détourner le regard portent une lourde responsabilité.
Des agriculteurs voient leurs cheptels abattus administrativement au nom de la Dermatose Nodulaire Contagieuse, parfois sans explication claire, sans accompagnement réel, sans perspective. Des années de travail détruites en quelques heures. Des exploitations mises à terre. Des vies bouleversées. Et pendant ce temps, on leur demande de se taire, d’attendre, de comprendre.
Dans le même temps, l’accord UE-Mercosur continue d’avancer. Un accord qui met en concurrence directe des agriculteurs soumis à des normes strictes avec des productions importées qui ne respectent ni les mêmes règles, ni les mêmes exigences. On exige toujours plus de ceux qui produisent ici, pendant qu’on ouvre grand les portes à une concurrence déloyale. Cette hypocrisie est insupportable.
Face à cette colère légitime, que fait l’État ?
Il ne répond pas sur le fond.
Il ne corrige pas le cap.
Il réprime.
Interpellations. Gardes à vue. Blocages empêchés. Pressions policières. Voilà la réponse. Comme si le problème était l’expression de la colère, et non les décisions qui l’ont provoquée.
Ce choix est dangereux. Quand un pouvoir commence à traiter celles et ceux qui nourrissent le pays comme un problème d’ordre public, c’est que le dialogue est rompu. Quand manifester devient risqué, c’est la démocratie qui recule.
Ce combat nous concerne tous
Ne nous trompons pas : ce qui arrive aux agriculteurs aujourd’hui peut arriver à n’importe quel autre secteur demain. Salariés, indépendants, artisans, soignants, enseignants. À chaque fois, la même méthode : ignorer, user, puis faire taire.
Le mouvement Bloquons Tout ! le dit clairement : les agriculteurs ne doivent pas rester seuls. Leur combat est juste. Leur colère est légitime. Et l’isolement est exactement ce que le pouvoir recherche.
Appel clair et déterminé
Nous appelons massivement la population à rejoindre les agriculteurs sur les points de blocage. Pas demain. Pas plus tard. Maintenant.
Rejoindre les blocages, ce n’est pas chercher le chaos. C’est refuser de subir en silence. C’est montrer que cette colère dépasse le monde agricole. C’est dire que l’abattage des cheptels, les accords commerciaux imposés et la répression ne sont pas acceptables.
Il est temps que les décisions soient discutées avec ceux qui en paient le prix. Il est temps que la peur change de camp. Il est temps de montrer que la société ne se laissera pas gouverner par le mépris et la contrainte.
Tenir, élargir, durcir la mobilisation
La situation exige de la détermination. Pas des demi-mesures. Pas des déclarations creuses. Une mobilisation large, visible, persistante.
Si les agriculteurs tombent aujourd’hui, c’est un précédent qui s’installe.
Si nous laissons faire, nous savons ce qui viendra ensuite.
Nous refusons cette trajectoire.
Nous refusons cette résignation.
Nous refusons cette répression.
Rejoignons les agriculteurs.
Bloquons tout.
Et faisons-nous enfin entendre.