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Billet de blog 30 mai 2013

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A Bure: la démocratie gagne un match

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J'ai été choquée par l'introduction de l'article de  Jade Lindgaard, en date du 26 mai 2013 "déchets nucléaires: " on veut un référendum pas un débat" pour les raisons suivantes.

Il nous est rapporté que "Des opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs de Bure refusent d’expliquer tout le mal qu’ils en pensent, au point d’empêcher un débat en partie conçu pour les entendre. Jeudi 23 mai au soir, les zélateurs de la démocratie participative comme exorcisme des controverses environnementales ont perdu un match".
"empêcher un débat en partie conçu pour les entendre":
Parler ainsi me laisse supposer que Jade Lindgaart n'a jamais assisté à un débat organisé par la CNDP et ne sait pas ce que débattre veut dire.
J'ai assisté en juin 2011 à un débat organisé par la CNDP au sujet du déboublement de l'autoroute A9 au sud de Montpellier et je vais vous dire comment cela s'est passé:
Il faut savoir qu'en amont de ce débat , une campagne de publicité / propagande nous informait que ce débat consistait à recueillir les avis de la population par ce slogan décliné sur tous les supports médiatiques  "Qu'en pensez vous?".
Quant au débat lui mème, il s'est déroulé, sur une durée de 2 heures, répartie comme suit:
- 5mm: le préfet prend la parole pour dire tout le bien qu'il pense du projet.
- 60 mn: présentation du projet par les techniciens du projet .
- 30 mm: les élus sont invités à prendre la parole pour expliquer pourquoi ils soutiennent ce projet. 
Puis, après 1 heure 30, la parole est enfin "donnée" à la salle.
- pendant 15 mm, ce sont les ancien élus ou les personnes ayant travaillé sur le projet qui sempressent  de prendre la parole et d'affirmer que ce projet est le bon projet sans aucun souci d'argumentation pour valider leur point de vue.
- pendant 10 mn, 4 habitants exprimeront leurs doutes, leur incompréhension quant à la pertinence de ce projet pour différentes raisons.
-pendant les 5 mn restantes, le président de la CNDP et le préfet remercieront à tour de rôle, cette assemblée pour avoir participer à ce débat riche d'enseignements.

Je me permets de rappeler que ce débat était organisé sur ce mot d'ordre "qu'en pensez vous?". Or, seuls 4 avis d'habitants ont pu s'exprimer en fin de séance dans un espace-temps de 10 mn avec un temps de parole limité à 5 mn .

Conclusion:
Ce genre d'assemblée ne peut pas porter le nom de débat. En effet si l'on se réferre au petit Robert, débattre signifie " examiner contradictoirement avec un ou plusieurs interlocuteurs".
Or dans ce genre d'assemblée rien n'est examiner contradictoirement. On vous écoute  comme de gentils parents écoutent leurs enfants avant de les envoyer au lit.
Ainsi il est formidable que les habitants aient refusé de participer à un débat où rien ne sera débattu.
Quant à les surnommer "zélateurs de la démocratie participative", j'estime que Jade Lindgaard va un peu vite en besogne: ce sont des gens comme vous et moi qui pensent que leur avis peut avoir la mème valeur que celui d'un expert.
A l'heure où 80% des nouvelles générations ont leur bac, nous savons analyser un dossier, en faire une synthèse et développer une argumentation quant à la pertinence ou la carence de certaines partie d'un dossier. Ceci ne s'appelle pas du zèle mais une prise en charge de sa part de responsabilité dans les décisions que se prennent en notre nom au niveau du gouvernement.
Et pourquoi dire que les "zélateurs de la démocratie participative comme exorcisme des controverses environnementales ont perdu un match"? Je pense que bien au contraire, en refusant cette mascarade d'un prétendu débat, ils ont redonné sens au terme "participatif" et par ce geste, revitalisé la démocratie. Ceci, à notre époque, s'appelle gagner un match.

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