vaccination et conflit de loyauté

La difficile question de l'échelle d'analyse.

On peut espérer que la crise de la Covid19, durant laquelle le TINA* s'est imposé de nouveau de façon violente et frénétique, va laisser place à une re-complexification de la description du monde. 

On peut s'amuser à voir dans la "vaccination de masse" une nouvelle façon de se tordre les neurones. Deux arguments semblent entrer en contradiction pour savoir si on doit se vacciner alors qu'on ne craint pas grand chose du virus (qui a un pool d'hôtes "à risque" très précis). 

1/ Il est civique de se vacciner, car cela réduit la diffusion du virus, donc les problèmes potentiels pour les personnes à risque. En conséquence, cela réduit la pression sur les hôpitaux. C'est une vision locale et de court terme, qui est "presque patriotique", vu la situation de guerre que nous connaissons.

2/ Il est dangereux de se vacciner car

  • a/ les vaccins arn présentent un risque de transformation de l'adn qui pourrait se transmettre, donc transformer en profondeur l'espèce humaine - risque individuel minime, mais multiplié par le nombre de vaccinés
  • b/ la vaccination de masse semble à l'origine d'une partie des variants, et de toute façon, tout porte à penser qu'elle peut en produire du fait de la pression de sélection. Une des possibles évolution du virus est l'augmentation de sa létalité pour l'humain, ennuyeuse pour les hôtes à venir.

La vaccination de masse alors que le virus circule activement est peut-être un problème pour l'espèce entière. 

Les deux propositions (qui pourraient être décrites avec plus de précisions bien sûr) sont soumises à des incertitudes qu'on évalue mal et sont longuement discutées : à ce stade, on voit qu'on n'a pas assez d'éléments pour estimer vraiment les probabilités et on ne peut parler que d'événements envisageables, des "possibles", sans mieux préciser - on ne peut donc pas comparer avec une rationalité probabiliste les deux chemins possibles. 

Pour se soulager l'esprit, chacun devra comparer la charge morale associée à chacune des propositions : soit on préfère papa, la Patrie, soit on préfère maman, l'Humanité. 

Cet énoncé ressemble bougrement un dilemme de philosophie morale - à chacun de trouver son chemin de réponse... mais c'est difficile de croire qu'il existe une "évidence".

* TINA est la logique qui s'est imposée avec l'émergence du néo-libéralisme qu'on qualifie parfois de "sauvage" après l'élection de Madame Thatcher - TINA est pour "There Is No Alternative" - après les "modèles de prédiction" économiques qui auront servi à fonder cette vision du monde. on a pu voir l'efficacité des modèles épidémiologiques pour atteindre le même but. 

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