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Billet de blog 28 déc. 2015

La guerre contre la terreur accomplit tout ce dont Ben Laden avait pu rêver

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Je reprends un texte de Tom Engelhardt, publié sur The Nation et traduit en français par les lecteurs de l'excellent site Les-Crises. C'est un complément à l'article "L'insoutenable légèreté de la politique anti-terroriste américaine". Je trouve qu'il résume à merveille le gâchis humain et matériel provoqué par la guerre contre le terrorisme. N'hésitez pas à le partager, je trouve qu'il provoque un choc et qu'on ne voit plus le monde tout à fait de la même façon après l'avoir lu.

Quatorze années se sont écoulées, y croyez-vous ? Les avons-nous réellement vécues ? Les vivons-nous encore ? Et cela semble tellement improbable !

Quatorze ans de guerre, d’interventions, d’assassinats, de torture, d’enlèvements, de “sites noirs”, de croissance de l’appareil de sécurité national américain dans des proportions monumentales. Et l’extrémisme islamique s’est encore plus propagé à travers le Moyen-Orient et l’Afrique. Quatorze ans de dépenses astronomiques, de campagnes de bombardements et de politique étrangère militaire comprenant multiples défaites, déceptions et désastres. Quatorze ans de culture de la peur en Amérique, d’états d’alertes sans fin, ainsi que de prédictions sinistres d’attaques terroristes. Quatorze ans d’enterrement de la démocratie américaine (ou plutôt de sa refonte en un terrain de jeu pour milliardaires et une source de spectacle, non de gouvernance). Quatorze ans de secret, de classification de chaque document en vue, de persécution féroce de donneurs d’alerte, et une recrudescence de la foi pour donner un sentiment de sécurité aux Américains en les laissant dans l’ombre concernant les agissements du gouvernement. Quatorze ans de démobilisation de la citoyenneté. Quatorze années d’expansion de la caste guerrière, de transformation de la guerre et du renseignement en activités lucratives, de signature de contrats avec d’innombrables sociétés privées au Pentagone, à la NSA, à la CIA et dans tant d’autres composantes de la sécurité nationale qu’il est impossible d’en garder la trace. Quatorze années durant lesquelles nos guerres reviennent sur notre propre territoire sous la forme de syndromes de stress post-traumatiques, de militarisation de la police, et de la multiplication de technologies de guerre comme les drones et les missiles stingray sur le sol de la “patrie”. Quatorze années de cette expression non américaine, la “patrie” (“homeland”). Quatorze années d’expansion de toutes sortes de surveillances, et de développement d’un système global de surveillance dont la portée – depuis les dirigeants étrangers jusqu’aux groupes tribaux dans les coins les plus reculés de la planète – aurait stupéfié ceux qui dirigeaient les États totalitaires du vingtième siècle. Quatorze années d’étranglement financier des infrastructures américaines et toujours pas un seul kilomètre de ligne de train à grande vitesse construit où que ce soit dans le pays. Quatorze années durant lesquelles faire éclater la guerre d’Afghanistan 2.0, les guerres d’Irak 2.0 et 3.0, et la guerre de Syrie 1.0. En bref, quatorze années d’improbabilités devenues réelles.

Quatorze années plus tard, merci beaucoup, Oussama ben Laden. Avec peu de soutien, de 400 000 à 500 000 dollars, et dix-neuf détourneurs d’avion suicidaires, la plupart d’entre eux saoudiens, vous avez produit un tour de passe-passe géopolitique de première grandeur. De la sorcellerie sur la scène des ténèbres. Ce faisant, vous avez bien “tout changé”, ou en tout cas suffisamment pour que cela compte. Ou plutôt, vous nous avez conduits à faire ce que vous n’aviez ni les moyens ni les capacités de faire. Alors autant vous rendre hommage. Du point de vue psychologique, les attaques du 11 septembre ont représenté un ciblage de précision dont les dirigeants américains n’ont pu que rêver dans les années suivantes. Je n’ai pas la moindre idée de comment vous y êtes arrivé, mais vous nous avez très clairement beaucoup mieux compris que nous ne vous avons compris, ou même que nous ne nous sommes nous-mêmes compris. Vous saviez exactement sur lesquels de nos boutons appuyer pour que nous nous chargions de mettre en place le reste de votre plan pour vous. Alors que vous vous reposiez et attendiez à Abbottabad, nous avons suivi les desseins de vos rêves et de vos désirs comme si vous l’aviez vous-même planifié, et ce faisant, nous avons modifié le monde de manière significative, (et significativement plus sinistre).

Quatorze ans plus tard, nous ne comprenons même pas ce que nous avons fait.

Quatorze années plus tard, l’improbabilité de tout ça continue à défier l’imagination, à commencer par ces vastes débris du World Trade Center dans le bas Manhattan, l’équivalent dans la vraie vie de la Statue de La Liberté émergeant du sable dans La Planète des Singes. Avec le Bas Manhattan brûlant encore dans un air âcre de destruction, ils semblaient la preuve d’une civilisation qui a passé son moment apocalyptique et qui l’a traversé et en a été transformée au point d’en être méconnaissable. A en croire la couverture médiatique de l’époque, les Américains avaient subi tout ensemble Pearl Harbour et Hiroshima. Nous étions les plus grandes victimes de la planète et dans le bas de New York se trouvait “Ground Zero”, une expression jusque-là réservée aux lieux touchés par une explosion nucléaire. Nous avons instantanément été les plus grandes victimes du monde et ses plus grands survivants, et il allait de soi que notre désir de revanche allait être le plus grand du monde. Le 11 septembre allait être vu comme une attaque contre tout ce qu’il y a d’innocent, de bon et de triomphant chez nous, le suprême instant du “ils-haïssent-notre-liberté”, et ça a marché, Oussama. Vous avez plongé ce pays dans une période de quatorze années durant lesquelles toute action stupide ou horrible, toute horrible loi ou intrusion dans nos vies privées ou restriction de nos droits se verrait remettre un laissez-passer inconditionnel. Vous n’avez pas seulement lâché vos chiens de guerre, mais bel et bien aussi les nôtres, ce qui était exactement ce qu’il vous fallait pour semer le chaos dans le monde musulman.

Quatorze années plus tard, laissez-moi vous rappeler à quel point l’attaque du 11 septembre était improbable, et combien frustrant était notre manque d’indices à ce moment. George W. Bush (et compagnie) ne purent même pas l’admettre quand, le 6 août 2001, le président a reçu une note quotidienne de renseignement intitulée “Ben Laden déterminé à frapper les USA”. La NSA, la CIA et le FBI, qui avaient dans leurs mains de nombreuses pièces du puzzle Ben Laden, étaient toujours incapables de l’imaginer. Et, croyez-moi, même alors que les événements se déroulaient, je n’arrivais pas non plus à y croire. Je prenais de l’exercice dans ma chambre à coucher, la télé allumée, quand j’ai entendu pour la première fois parler d’un avion qui aurait percuté le Word Trade Center et vis les premiers plans des tours fumantes. Et je me souviens de ce que j’ai pensé à ce moment-là : c’est comme le B-52 qui a failli faire s’effondrer l’Empire State Building en 1945. Des terroristes détruisant le World Trade Center ? Allons ! al-Qaïda ? Vous plaisantez. Plus tard, alors que deux avions avaient frappé New York et qu’un autre avait arraché une partie du Pentagone, et qu’il était clair qu’il ne s’agissait pas d’accidents, j’ai eu une pensée encore plus grotesque. J’ai réalisé que cette vulnérabilité inattendue d’Américains éprouvant, dans un pays largement protégé du chaos, tant de ce qu’éprouve le monde, pourrait nous ouvrir d’une nouvelle manière à la souffrance du monde. Rêve toujours. Cela nous a seulement ouverts à d’autres manières d’infliger de la souffrance au monde.

Quatorze années plus tard, ne trouvez-vous pas improbable que George W. Bush & Co a utilisé ces actes assassins et les quasi 3000 morts qui s’en sont suivis comme une excuse pour mettre la main sur le monde ? Il ne leur a pas fallu une minute pour décider de lancer une “Guerre Mondiale contre le Terrorisme” dans plus de soixante pays. Il ne leur en a pas fallu beaucoup plus pour rêver d’établir une future “Pax Americana” au Moyen-Orient, suivie d’une sorte d’empire global qui était auparavant seulement fantasmé par le genre de méchant qu’on retrouve dans les films de James Bond. Ne trouvez-vous pas étrange, en regardant en arrière, à quelle rapidité le 11 septembre a enflammé leurs esprits ? Ne trouvez-vous pas curieux que les hauts responsables de l’administration Bush se soient tant entichés de l’armée américaine ? Cela ne vous frappe-t-il pas qu’ils aient eu une foi aussi aveugle dans ce pouvoir militaire censément sans limite pour faire absolument tout et être “la plus grande force de libération que le monde ait jamais connu” ? Ne trouvez-vous pas intrigant que, dans le désastre du Pentagone, les premiers ordres que notre secrétaire à la Défense donna à ses adjoints étaient de travailler sur des plans pour attaquer l’Irak, même s’il était déjà convaincu que c’était al-Qaïda qui avait lancé l’attaque ? (“Allez-y à fond”, indique la note d’un de ses subalternes en le citant. “Balayez-les tous. Qu’il y ait un rapport ou pas.”) Ne trouvez-vous pas que le “ou pas” résume l’époque qui en a suivi ? Ne trouvez-vous pas curieux que, dans les décombres de ces tours, les plans non seulement pour faire payer Oussama ben Laden, mais aussi pour transformer l’Afghanistan, l’Irak et même l’Iran – “Tout le monde veut atteindre Bagdad. Les vrais mecs veulent aller à Téhéran” – en protectorats américains étaient déjà imaginés?

Quatorze ans plus tard, quelle était la probabilité que le pays alors universellement considéré comme “l’unique superpuissance”, ouvertement défiée seulement par de petits groupes de djihadistes extrémistes, avec une force militaire mieux dotée que les dix ou treize forces combinées suivantes (la plupart d’entre elles étant de plus des alliés), et dont la maîtrise technologique était, comme ils disent, à en crever, n’allait remporter aucune guerre, battre aucun ennemi, et n’arriver à aucune occupation réussie ? Quelles étaient les chances ? Ne me dites pas que vous n’auriez pas parié, le 12 septembre 2001, sur des chances à demi raisonnables d’une frappe militaire gagnante dans le grand Moyen-Orient.

Quatorze années plus tard, ne trouvez-vous pas incroyable que l’armée américaine ait été incapable de s’extraire d’Irak et d’Afghanistan, les deux guerres majeures qu’elle a menées durant le siècle, bien qu’elle ait officiellement quitté l’un de ces pays en 2011 (mais seulement pour y retourner à la fin de l’été 2014) et avoir sans arrêt annoncé la fin de ses opérations dans l’autre (mais seulement pour les remettre à nouveau en chantier) ?

Quatorze années plus tard, ne trouvez-vous pas incroyable que la politique menée par Washington après le 11 septembre ait contribué à établir un “califat islamique” sur des portions de l’Irak et de la Syrie démantelées, et à un mouvement extrémiste à peu près sans égal qui s’est affranchi avec succès de la Libye au Nigéria en passant par l’Afghanistan ? Si, le 12 septembre 2001, vous aviez émis pareilles prédictions, qui ne vous aurait pas tenu pour fou ?

Quatorze années plus tard, ne trouvez-vous pas incroyable que les États-Unis se soient lancés dans le business de l’assassinat robotisé ; que (malgré l’interdiction légale, datant de la période du Watergate, de pareils agissements), nous soyons à présent les Terminators de la planète Terre, et non ses John Connors ; que le président soit fièrement et ouvertement un assassin-en-chef possédant sa propre liste de cibles à abattre ; que nous ayons sans répit ciblé les régions les plus reculées de la planète avec nos (sinistres) drones Reaper et Predator (merci Hollywood !) équipés de missiles Hellfire ; et que Washington ait régulièrement abattu des femmes et des enfants dans leur recherche de leaders militants et de leurs suiveurs ? Et ne trouvez-vous pas incroyable que tout ceci ait été accompli au nom de la lutte contre les terroristes et leurs mouvements, malgré le fait que, où que nos drones fassent feu, ces mouvements semblent gagner en force et puissance ?

Quatorze années plus tard, ne trouvez-vous pas incroyable que notre “guerre à la terreur” se soit aussi régulièrement dévoyée en une guerre de et pour la terreur ; que nos méthodes, y compris le meurtre ciblé de quantité de chefs et “lieutenants” de groupes militants, ont visiblement contribué, au lieu de le freiner, au développement de l’extrémisme islamique ; et que, malgré ceci, Washington n’a en général pas redéfini ces méthodes de manière significative ?

Quatorze années plus tard, n’est-il pas possible de considérer le 11 septembre comme une fosse commune dans laquelle ont été ensevelis d’importants aspects du mode de vie américain, tel que nous le connaissions ? Bien entendu, les changements qui se sont produits, en particulier ceux qui ont renforcé les côtés les plus oppressifs du pouvoir d’État, ne sont pas sortis de nulle part, comme ces avions détournés. Qui, après tout, pouvait ignorer la taille et la puissance de l’État sécuritaire et du complexe militaro-industriel avant que ces dix-neuf hommes armés de cutters fassent irruption sur la scène ? Qui pourrait nier que, emballée dans le Patriot Act (voté en général sans avoir été lu au Congrès en octobre 2001), se trouvait une liste de projets de loi antérieure au 11 septembre renforçant les chevaux de bataille de la droite ? Qui pourrait nier que les plus importants dirigeants de l’administration Bush et leurs supporters néoconservateurs avaient réfléchi depuis longtemps à un moyen de transformer la “suprématie militaire américaine” en un nouvel ordre mondial de style Pax Americana ou qu’ils avaient rêvé d’un “nouveau Pearl Harbor” qui pourrait accélérer le processus ? Ce ne fut, cependant, que grâce à Oussama ben Laden qu’ils – et nous avec – s’embarquèrent pour le plus incroyable des siècles, le vingt-et-unième.

Quatorze années plus tard, les attaques du 11 septembre et les milliers d’innocents tués représentent un crime et une immoralité de première grandeur. De ceci, les Américains ne sont pas responsables mais – et c’est le plus incroyable de tout – personne à Washington n’a jamais endossé la moindre responsabilité pour avoir fait exploser le Moyen-Orient, pour avoir semé la désolation sur des portions significatives de la planète, ou pour avoir aidé à l’émergence de forces qui allaient créer le premier véritable État terroriste dans l’histoire moderne ; de même que jamais personne dans aucune institution officielle n’a endossé la responsabilité d’avoir créé les conditions qui conduisirent à la mort de centaines de milliers de personnes, peut-être un million ou plus, en transformèrent de nombreuses autres dans le grand Moyen-Orient en réfugiés intérieurs ou extérieurs, détruisirent des nations, et apportèrent des souffrances inimaginables à un nombre incalculable d’êtres humains. Durant ces années, aucun acte – ni la torture, ni le meurtre, ni l’emprisonnement offshore de gens innocents, ni la mort donnée depuis les cieux ou la terre, ni le massacre de fêtes de mariage, ni l’assassinat d’enfants – n’a émoussé parmi les Américains l’impression de vivre dans un pays “exceptionnel” et “indispensable” de stupéfiante bonté et d’innocence.

Quatorze années plus tard, est-ce si incroyable ?

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