Barrages hydroélectriques de Santo Antônio et de Jirau : Les peuples indigènes de rio Madeira menacés.

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    Le processus : de la ponction du contribuable brésilien à l’extermination des populations indigènes.

Phase 1 : Les brésiliens casquent.

    Le contribuable brésilien, au moyen de la TVA et de l’impôt sur le revenu, remplit les caisses de l’Etat fédéral.

Phase 2 : La BNDES, les banques privées et les investisseurs financent les entreprises.

    Une partie des impôts, une fois récoltés, va directement remplir les caisses de la BNDS (Banque Nationale Brésilienne de Développement) qui est à l’origine du financement des deux centrales hydroélectriques, choix énergétique du Gouvernement Fédéral brésilien avec les centrales thermiques. Les deux banques privées - la banque espagnole Santander et la banque portugaise Banif - et les montages financiers à haut potentiel spéculatif (fonds d’investissement et effet levier), de leur côté, apportent le reste des fonds nécessaires.

    Un partenariat public/privé indigeste au nom du développement des infrastructures du Brésil. Choix politique, donc, du gouvernement brésilien qui mélange les genres et pratique le grand écart. Une social-démocratie brésilienne, fortement marquée par le PT (Partido dos Trabalhadores), son glissement politique vers la droite et ses compromis avec le capitalisme pour devenir un parti politique acceptable aux yeux des marchés financiers.  

Phase 3 : Les grandes multinationales se partagent la part du gâteau et entrent en action.

    Le consorsium est composé de Suez Energy à auteur de 50,1% (Cocorico, on sort les drapeaux et on chante la Marseillaise...), de Voith Hydro (Allemagne), de Odebrecht (Brésil) et de Andritz (Autriche).

    La réalisation des deux barrages hydroélectriques de Santo Antônio et de Jirau, sur un projet qui comportera au final quatre barrages, implique la construction d’infrastructures, de baraquements pour les travailleurs, de routes pour accéder aux chantiers, etc.

    Les conditions de travail au sein des entreprises de construction comme la Camargo Correa sont déplorables, et les travailleurs de véritables esclaves modernes. Le 15 mars 2011 des émeutes ont éclaté sur le chantier de la centrale hydroélectrique de Jirau. Les émeutes se sont vite répandues dans la région et au-delà (1).

Phase 4 : Dégager les indigènes qui freinent l’esprit d’entreprendre. Dans un langage non marchand : extermination des populations indigènes riveraines du rio Madeira.
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    Parmi les dernières tribus d’Amazonie et de leur mode de vie autonome et libre, préservés de notre civilisation marchande capitaliste, de ses règles, de ses murs et de ses frontières, quatre d’entre elles vivent au plus près du rio Madeira, (certains indiens sont à 10 kilomètres des berges de la rivière) et sont en train d’être rayées de la carte, exterminées.

    Ces hommes, femmes et enfants dépendent de la chasse, des plantes locales, de la cueillette et de la pêche pour vivre. Mode de vie ancestral en totale harmonie avec la nature. Tout bouleversement brutal peut leur être fatal en quelques années. Des anthropologues de renom comme Claude Levy Strauss ou encore Francis Huxley en ont déjà fait la démonstration.

    La violation de leurs territoires, de leur espace vital, par des multinationales rapaces, des prédateurs financiers, avec la complicité de l’UNESCO et de puissants lobbies comme "The International Hydropower Association" est un déni de leurs droits les plus fondamentaux, de leur mode de vie qui ne connait ni frontière, ni nation (la Bolivie et le Pérou sont proches des barrages de Santo Antônio et de Jirau), dans un monde soit-disant humaniste et civilisé.

    Hypocrisie éhontée, imposture totale sur toute la ligne.

    Les tribus vierges Karatiana, Karipuna, Uru-eu-Wau-Wau et Katawixi se sont retrouvées du jour au lendemain brutalement confrontées à la déforestation, aux bulldozers, aux pelleteuses et aux nuisances sonores qui réduisent leurs terrains de chasse traditionnels, font fuir le gibier, et leur apportent les maladies du monde "civilisé". Les indiens n’ayant jamais eu aucun contact avec le monde "civilisé" ne possèdent pas les anticorps nécessaires. Face à ces dangers multiples, et dans une tentative désespérée de survivre, il ne leur reste comme issue que la fuite vers d’autres terres. Ces tribus dépossédées de leurs territoires traditionnels et millénaires, se retrouvent, malgré elles, dans des régions où elles sont directement confrontées aux orpailleurs (2).

rio Madeira rio Madeira








 

    La construction des barrages hydroélectriques de Jirau et de Santo Antônio (inauguré en décembre 2011), nous montrent deux exemples emblématique du mode de domination capitaliste et colonial.

    Le premier, au travers du conflit social de mars 2011 qui a opposé les travailleurs sur les chantiers de construction des barrages, centrales thermiques, et autres grands travaux mis en place dans le cadre du programme du Gouvernement Fédéral de développement des infrastructures energia sustentável do Brasil et du PAC (3). Conflit social qui est parti du chantier de construction du barrage de Santo Antônio pour aboutir à l’un des conflit sociaux majeurs de l’histoire moderne du Brésil, au même titre que la grande grève des métallurgistes de l’ABC Paulista en mars 1979. Ce conflit social, d’une ampleur inouïe, puisqu’il a concerné plus de 80 000 travailleurs dans plusieurs états brésiliens, est un cas de figure typique de lutte des classes. Des travailleurs exploités et mal représentés, qui s’organisent au travers de piquets de grèves, blocages et occupations, face à l’oppression exercée par les puissances dominantes.

     Le deuxième, nous montre que les populations indigènes, que ce soit en Amazonie ou ailleurs représentent un obstacle à la "liberté" d’entreprendre. Le gouvernement Fédéral du Brésil a ratifié la convention 169 du ILO (The International Labour Organization), il est donc dans l’obligation de consulter toutes les tribus indiennes directement frappées par les barrages hydro-électriques sur la rivière Madeira. Certaines tribus concernées ne sont toujours pas recensées. Ces indiens non répertoriés sont donc condamnés à disparaître. L’IBAMA est tout à fait conscient du danger mortel qu’encourent ces populations. Cette agence qui dépend directement du Gouvernement brésilien a dû intervenir à plusieurs reprises pour nourrir des indiens isolés et touchés par les conséquences irréparables des barrages hydroélectriques sur leur milieu naturel. Le flux des poissons se retrouve interrompu, et les indiens, extrêmement fragiles, meurent des maladies causées par les eaux stagnantes (Malaria, hépatites), et une fois qu’ils ont abandonné leur terres, se retrouvent confrontés aux orpailleurs comme nous l’avons vu plus haut.

    Certes, il est plus "délicat" pour les puissances de l’argent, et pour le gouvernement brésilien, qui pratique le grand écart entre socialisme et capitalisme sauvage, de massacrer ouvertement des indiens de nos jours, il n’en reste pas moins que le génocide des indiens, initié sur le continent américain il y a plus de 500 ans, continue. Depuis la découverte des Amériques en 1492 par Christophe Colomb et toute sa clique d’illuminés et le génocide des peuples indigènes Arawak dans l’archipel des Bahamas, rien n’a changé. Dans la continuité des conquistadors, GDF SUEZ, ses partenaires et ses sous-traitants, exterminent les indiens et exploitent les travailleurs pour servir les intérêts de la caste des actionnaires et autres prédateurs financiers.

    Les capitalistes montrent bien plus d’égard pour une poterie artisanale derrière la vitrine d’un musée que pour une vie humaine.

"nous espérons que ce projet ne continuera pas, car ce sont nos enfants qui vont en souffrir. Il n’y aura plus assez de poissons ou d’animaux à chasser."
Domingos Parintintin, de la tribu des Parintintin, tribu menacée d’extinction par les barrages sur le rio Madeira.

(1) Brésil: rébellion ouvrière dans l’Amazonie : http://amerikenlutte.free.fr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=31&Itemid=54

(2)
Un rapport de la FUNAI démontre que le bruit occasionné par la construction des deux barrages a déjà eu pour conséquence que des indiens ont dû abandonner leurs terres pour s'installer dans des régions ou les chercheurs d'or oeuvrent illégalement. http://www.survivalinternational.org/informacao/barragens-rio-madeira

(3) Le programme du gouvernement appelé PAC permet une amélioration des flux marchands (bois, soja, minerais) le long des 4300 kilomètres du fleuve amazone et du rio Madeira, un de ses principaux affluants, afin de faciliter l’accès aux bateaux à l’atlantique et aux ports de commerce, l'impact de ce programme sur l'environnement et sur les indiens est calimateux. http://www.brasil.gov.br/pac

Source :
Serious Damage - Survival International

Source : http://www.xinguvivo.org.br/ - Ils veulent financer la destruction avec votre argent. Ne laissez pas celà arriver.

http://www.riosvivos.org.br/Noticia/ONGs+pedem+suspensao+de+hidreletrica+do+rio+Madeira/13932

Liens en relation : lutte du peuple Xingu contre le barrage de Belo Monte et la politique du PT. Luttes des peuples indigènes et racisme environnemental en amérique latine...

http://racismoambiental.net.br/

http://frentedeacaopro-xingu.blogspot.fr/

Coluna Xingu Vivo no Dia do Trabalhador

Construire et participer à un premier mai de luttes et de classes !

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    Nous appelons à la lutte, les étudiants, le peuple et les syndicats, insatisfaits avec la politique de gouvernement du PT et de Dilma Roussef, afin de construire un 1º Mai, Jour international des travailleurs (n'en déplaise à l'autre tache de Sarko et au FN), à frapper un grand coup au "Centro Arquitetônico de Nazaré-CAN (Av. Nazaré), às 9h, rumo à Praça da República, Belém-PA".

    Comme il ne pourrait en être autrement, le 1º Mai est le reflet de la lutte des travailleurs au niveau national comme international.

    Les principaux pays capitalistes d'Europe s'enfoncent dans une grave crise économique depuis 2008. Leurs dirigeants appliquent ponctuellement des mesures d'ajustement fiscal determinées par le FMI, qui incluent la compression salariale et la fin des droits sociaux, au bénéfice des banquiers et des entreprises. Le peuple a réagit en descendant dans la rue. La Grèce, l'Espagne et le Portugal ont connu plusieurs grèves générales.

    Le nord de l'Afrique et le Moyen-Orient (Tunisie, Egypte, Libye et le Yemen) sont à l'origine de grandes luttes, dégageant quatre dictateurs l'année dernière. Cette révolution est connue comme le Printemps Arabe. Aujourd'hui la révolution avance vers la Syrie, afin de dégager le dictateur Bashar el Assad.

    Au Brésil, la politique économique du gouvernement Dilma et du PT reproduit la même logique des gouvernements européens : compression salariale, coupes des financements dans les activités sociales, privatisations, projets de loi qui reviennent sur des droits historiquement conquis, etc, etc. Pour se faire une idée, rien qu'au début de cette année Dilma Roussef a annoncé la plus grande coupe budgétaire dans l'histoire de ce pays pour un montant de 55 milliards de reais. Et la Présidente a destiné 60 milliards de reais aux entrepreneurs de l'industrie. Déjà, l'année dernière elle leur avait destiné 25 milliards d'exemption fiscale au travers du programme Brasil Maior. Il est très important de mettre aussi en avant le fait que ce gouvernement ne prend pas en considération les revendications du mouvement féministe. Recemment, un projet de loi, qui devait mettre en avant l'égalité salariale homme/femme (à travail égal, salaire égal) a été rejeté par le majorité au sénat, montrant que ce gouvernement n'a pas avancé face aux revendications et aux nécessités des femmes.

    C'est dans ce contexte national et international qu'est lancée la campagne salariale des diverses branches des travailleurs brésiliens. Nous sommes disposés à partir au combat, après les frustrations successives que nous a infligé le gouvernement en 2011. La grève des ouvriers de la construction civile lors des travaux des usines hydro-électriques de Belo Monte annoncent un climat de mobilisation qui tendent à s'accentuer. Les étudiant ont réagit contre les augmentations abusives des tarifs dans les transports publics. Les professeurs des universités publiques fédérales ont voté nationalement pour une déferlante de grèves après que le gouvernement soit revenu sur son accord lors des dernières négociations salariales. Un forum de la fonction publique qui réunit 31 branches vient d'être créé. Ce forum (Fórum Nacional dos Servidores Públicos Federais) a pour but d'organiser les diverses branches des travailleurs afin de mobiliser et d'affronter les attaques du gouvernement, probablement au moyen d'une Grève Générale dés ce premier trimestre. Le climat d'insatisfaction est général !

Pour toutes ces raisons, le 1º Mai doit suivre cette ligne:

De classes et de luttes !

Passons tous à l'acte, à 9h, au CAN !!!

Sont signataires de cet appel :

CSP-Conlutas-PA

Unidos pra Lutar

Sindtifes-PA

Sinasefe-PA 

Sintsep-PA

Comitê Xingu Vivo

Grêmio Estudantil do Pedro Amazonas Pedroso

ARS (Ação Revolucionária Socialista)

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