JO 2016, Coupe du monde de Foot: Les quartiers populaires de Rio se soulèvent après la mort de deux personnes

 

Un flic dans le  Complexo do Alemão pendant l'opération policière Un flic dans le Complexo do Alemão pendant l'opération policière
Exigences criminelles de la FIFA et du CIO imposées à toute la société brésilienne (lois antiterroristes, décrets sécuritaires, expulsions généralisées, assassinats commis par la police, il ne fait pas bon être pauvre dans une Favela Carioca.

Dans la nuit du 28 avril, plusieurs quartiers populaires de la périphérie de Rio, s'embrasent, des barricades sont dressées pour protéger les habitant-e-s des exactions de la police sous le prétexte oh combien pratique, fallacieux et hypocrite de lutte contre le trafic de drogue. Les quartiers bourgeois de Leblon où de Copacabana n'ont pas, et pour cause connu ce genre de vicissitudes.

Deux communautés particulières sont sous les feux des force-nés de police, celle du Morro do Chapadão située dans le quartier de Costas Barros et la deuxième, le Complexo do Alemão. Toutes les deux sont situées dans la banlieue de Rio.

Les médias bourgeois, tels qu'Estadao, Folha, Veja et autres, ne se sont jamais préoccupés le moins du monde de cette vague d'expulsions qui touche 250 000 personnes et de répression sans précédent des communautés populaires au Brésil pour des jeux et un ballon à la con, événements destinés aux plus riches.

Beau comme les mensonges de l'AFP :les médias brésiliens crient aux casseurs.

Par contre, Globo online (Équivalent de TF1 version web), s'empresse dans un article du 29 avril, d'annoncer comme le reste de la presse larbine du capital, le bilan de la nuit. Le titre du quotidien en ligne réactionnaire est sans équivoques "Des vandales détruisent 9 bus et un centre de santé publique". Utilisant moultes formules dramatiques et rendant hommage à la barbarie policière.

La réactions de la communauté ne s'est pas faite attendre : destruction de neuf bus par les flammes, une unité de soin publique dégradée (Unidade de Pronto-Atendimento), un mort, un blessé, quatre adultes pris et deux mineurs appréhendés, lors d'actions d'auto-défense des deux communautés menacées par un processus accéléré de gentrification, chantiers des jeux olympiques obligent.

Les actions entreprises dans la favela Chapadão ont spontanément démarré suite à la mort d'un adolescent de 17 ans tué par la police le 28 au soir. En représailles, les manifestant-e-s ont brûlé 5 bus et bloqué une route, Tous les commerces de la région ont immédiatement fermé.

Cerise sur le gâteau...

Une agence de la banque privée brésilienne Itaú située Avendida Itaoca, juste en face de la communauté de Nova Brasília, finira totalement explosée dans la nuit du 28 à coup de barres de fer, les distributeurs et vitrines seront tous détruits.

La police en est arrivée à utiliser un véhicule blindé arrivé en renfort dans la nuit pour parvenir à déloger les résistant-e-s qui avaient dressé des barricades de pneus et des planche en bois. Les flics ont finalement réussi à rouvrir la route après de très violents affrontements, violence policière inouĩe scandaleusement qualifiée par la presse dominante de normale et proportionnée !

La résistance au Complexo do Alemao, organisée sur les réseaux sociaux

La communauté du Complexo (1) do Alemão n'est pas en reste face à la résistance à l'oppression capitaliste. Dans la matinée du 28, trois voitures ont été incendiées, après qu'une femme de 72 ans, Arlinda Bezerra de Assis, ait été retrouvée morte suite à une action de répression policière le 27. Des barricades avaient été érigées la veille, sur la route do Itararé, suite à l'intervention d'une Unité de la Police Pacificatrice (sic), Unidade de Polícia Pacificadora (UPP)) afin de débloquer les deux accès aux communautés des favelas dans le quartier de la banlieue de Rio de Nova Brasília. Une deuxième unité de soin public (Unidade de Pronto-Atendimento (UPA)) a elle-aussi été redécorée en mode free style après qu'un homme de 21 ans, Carlos Alberto de Souza Marcolino, ait été blessé par balles dans la poitrine lors de l'intervention de répression policière.

Des policiers et le bataillon de Choc et du Bope (police anti-émeute) se sont rendus sur les lieux et ont utilisé des grenades de désencerclement. Les flics ont réccupéré comme prise de guerre, un patator rempli de clous, des barres de fer et des bâtons en bois. Trois gamins de 15, 16 et 18 ans ont été arrêtés par les flics et immédiatement envoyés en garde à vue alors que la police les soupçonne d'avoir jeté des pierres en direction du bâtiment public.

Le gouverneur de Rio pète un câble

Le bilan final, là aussi, est lourd pour la mairie de Rio, 4 bus de la mairie finiront calcinés dans la nuit auxquels il faut additionner les 5 précédants. Le gouverneur do Rio, Luiz Fernando Pezão, affirme qu'il ne tolérera désormais aucune attaque violente où quelque tentative de déstabilisation que ce soit d'un processus de pacification (sic) des communautés visées par la police.

 

Note : (1) Complexo : groupe de favelas réunies ensemble.

Toutes ces informations proviennent de journaux bourgeois, n'ayant plus accès aux nouveaux articles de sites militants libertaires comme Indymedia Brasil depuis 2 jours, ni à mes 2 boites mails, merci au petit facho Benito Valls et à son larbin, nouveau sinistre de l'intérieur !!!

Sources : http://www.eleconomistaamerica.com.br/actualidad-eAm-brasil/noticias/5742782/04/14/Protestos-em-favela-do-Rio-resultam-em-um-morto-e-nibus-destruidos.html

http://g1.globo.com/jornal-hoje/noticia/2014/04/vandalos-depredam-unidade-de-saude-e-queimam-9-onibus-no-rj.html

 

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