Mediapart aime la brigade financière et ses méthodes où le témoignage serait confronté à l'épreuve des faits. Des agendas, des notes, des échanges divers qui justifieraient les écarts des puissants et sans doute ceux des autres aussi.
L'interrogatoire, si possible sans avocat, méticuleux voire insidieux , enrichi d'écoutes diverses: un magnétophone par ci, une interception téléphonique par là, seul permettrait la manifestation de la vérité. Bel éloge du système inquisitorial.
Reste à circonscrire une infraction (le mensonge n'en est pas une), et à en définir le ou la responsable de manière irréfutable.
Concernant l'affaire Tapie, plus de 400 M€ se sont évanouis au travers d'un arbitrage dont on nous dit qu'il aurait été inapproprié et qu'une décision rendue par une cour de justice eut été plus favorable à l'Etat.
On découvre de surcroît que l'un des arbitres auraient été en contact avec l'avocat d'une des parties en l’occurrence Tapie, les deux autres étant rapidement classés dans parmi les vieux Messieurs un peu à l'ouest.
Notons que tant le contrôle de la nomination des arbitres que l'acceptation de l'arbitrage ont donné lieu à l'acceptation du Tribunal de Commerce.
La Cour des Comptes dans un rapport circonstancié décrit par le menu cette affaire et conclut ou plutôt ne conclut pas, évoquant une incertitude à aboutir dans une remise en cause de l'arbitrage du simple fait de la position ambiguë de M. Estoup qui aurait été en affaire avec l'avocat de Tapie.
Pour faire simple, l'Etat s'est engagé de bonne foi ou non dans un dispositif légal: l'arbitrage. Ce dispositif a été perverti par la situation ambiguë de l'un des arbitres sans que cela ne soit suffisant pour annuler l'arbitrage. Nul ne sait par ailleurs le résultat qu'une procédure judiciaire classique aurait pu produire si ce n'est cependant que les intérêts auraient continué à courir au profit de la famille Tapie.
Il apparaît au passage d'évidence qu'une des mesures arbitrées: les 45 M€ de préjudice moral auraient plutôt du s’appeler franchise fiscale.
De nombreux millions d'euros nous passent au dessus de la tête, les puissants ont fait leurs affaires entre eux, les Tapies s'en sont mis plein les fouilles mais a-t-on pour autant la constitution d'une infraction répréhensible? L'Estoup pourrait avoir à s'expliquer mais on ne voit pas bien en quoi l'arbitrage en serait annulé. Les hommes et femmes politiques de l'époque s'expliquent vaguement devant la Cour de justice de la République qui manifestement n'écartèle pas aussi bien que la brigade financière ce qui est regretté par Mediapart.
Fermez le ban et n'en concluons pas que le système inquisitorial est une bonne chose. En d'autres temps et d'autres lieux, il a produit bien du malheur, Outreau par exemple.
Quant à l'attraction des journalistes de Mediapart pour la Brigade financière, un mystère pour moi mais peut être un débouché pour eux, il paraît que la Brigade embauche.
Mais non, je rigole....