À Beaumont, l’après-midi en soutien à la famille Traoré encadré par des militaires

Ce samedi 28 avril, les proches d’Adama Traoré organisaient un après-midi boxe à Beaumont-Sur-Oise en mémoire au jeune homme de 24 ans mort dans les mains des gendarmes en juillet 2016. Une journée également marquée par la visite inattendue de gendarmes et de… militaires. Reportage

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Ce samedi, le terrain de foot rue de Boyenval, à Beaumont-Sur-Oise, se fait sonore à partir de 14 heures : outre les enceintes qui balancent du Nas, du Fianso ou du Fred Wesley, il y a les exclamations des enfants, leurs rires, le grésillement des merguez sur le barbecue et la voix d’Aya Cissoko, deux fois championne du monde de boxe française et une fois de boxe anglaise, qui, le temps de cette journée, a revêtu ses gants pour animer des ateliers d’initiation. « Si vous frappez trop fort, le point va à l’équipe adverse,explique-t-elle à la quarantaine d’enfants présents. La boxe, ça n’est pas de la bagarre ! ».

L’écrivaine et boxeuse française, qui a elle-même eu affaire à la justice dans son enfance, dénonce un rapport de forces inéquitable dans les situations judiciaires : « J’ai vu ma mère se battre pour que justice soit rendue. Je sais comme c’est difficile quand on n’a pas les codes, qu’on ne connaît pas les rouages de la justice, ça épuise tout le monde au sein de la famille. Et en même temps, je crois en la justice et je veux continuer à y croire ».

Ring et gant de boxes

Assa Traoré, grande sœur d’Adama Traoré, qui porte le combat depuis la mort de son frère dans les mains des gendarmes il y a plus d’un an et demi, filme les petits qui défilent à tour de rôle sur le ring. Elle aussi portera les gants rouges aujourd’hui.« Contrairement à la société, c’est un combat fair-play la boxe, analyse-t-elle. On peut combattre et gagner dans la dignité ».

Pour la famille Traoré, organiser cet évènement c’est mettre du baume au cœur du quartier. « C’est quand même un quartier qui vit sous tensions, les relations avec la mairie font que l’ambiance est très tendue ici, poursuit Assa Traoré. Donc c’était important pour nous de faire plaisir aux habitants, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas organisé ce genre d’événement ».

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