À la prison de Villepinte, du théâtre pour repousser les murs de la prison

Mercredi 25 avril, à la maison d’arrêt de Villepinte, dix détenus ont joué « Arnaque chez le bijoutier », une pièce qu'ils préparent depuis janvier avec deux metteurs en scène. Cette initiative, qui s’inscrit dans le programme de prévention de la récidive, est une première dans cette prison de 1 150 détenus en surpopulation. Elle a même permis de confirmer une vocation. Reportage

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Je suis villepintoise depuis treize ans et pourtant, j’entre pour la première fois dans ce lieu, situé à deux pâtés de maisons de mon domicile. Face à moi, dix comédiens vêtus de salopettes colorées donnent une représentation. L’intrigue ? Un huitième cambriolage chez François Franc, bijoutier. À ses côtés, sa femme au bord de la crise de nerfs, un hacker, un prince et un mafieux tous interprétés par des comédiens un peu spéciaux. Ce sont des détenus de la maison d’arrêt de Villepinte. Pour décor, des chaises recouvertes de velours pourpre et un tableau représentant le Baktar, le bijou volé, fil rouge de la pièce signée Vivien L’Heureux. Le public est composé d’une quarantaine de personnes : une trentaine de détenus en quartier libre, des agents du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP), des techniciens de la salle de spectacle Espaces V à Villepinte, fournisseur du matériel et l’équipe du canal TV interne. Pas de famille, interdit par l’administration pénitentiaire.

1 150 détenus pour 583 places à Villepinte

C’est ma première fois dans une prison et en toute sincérité, j’appréhendais le moment. C’est peu dire lorsqu’on découvre les conditions de vie dans cette maison d’arrêt qui accueille 1 150 détenus pour 583 places, l’une des plus surpeuplées de France. Et ce, sans compter les personnes détenues qui peuvent sur des matelas à même le sol, faute de place. En janvier 2018, les surveillants de Villepinte comme d’autres de leurs collègues dans plusieurs prisons françaises, bloquaient l’établissement pour protester contre la surpopulation carcérale, les agressions dont ils sont victimes et leurs conditions de travail.

Après divers contrôles de sécurité, trop nombreux pour les compter, des portes aux claquements grinçants, des couleurs ternes et lugubres et une lumière blafarde, nous voilà arrivés dans le gymnase de la maison d’arrêt de Villepinte. Étonnamment, c’est un lieu chaleureux et lumineux que je découvre. La première chose qui me saute à l’œil : une immense fresque représentant l’athlète jamaïcain Usain Bolt accompagnée des cinq anneaux olympiques et de la citation en latin « Mens sana in corpore sano », traduisez « Un esprit sain dans un corps sain ». J’aurais aimé vous montrer ce que j’y ai vu mais la prise de vue, photo et vidéo, nous a été malheureusement refusée par l’administration.

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