Paris 8 : fac bloquée mais fac vivante et auto-gérée par les étudiants mobilisés

Depuis un mois, l’université Paris 8 Saint-Denis est bloquée. Alors que d'autres facs comme Tolbiac ou Censier ont été évacuées par la police, les étudiants de "P8" ne sont apparemment pas prêts de lâcher la contestation contre la loi de réforme de l'université. Reportage parmi les étudiants engagés et disciplinés

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Sur le papier, Paris 8 étant bloquée, on pourrait se laisser à croire que ses allées, ses halls et ses salles de cours sont déserts. Il n’en est rien.

Certes ni cours ni partiels ne se tiennent dans l’enceinte de l’université de Saint-Denis mais l’établissement est bel et bien occupé. Occupé dans le sens habité.

"Ces tags et toutes ces affiches, c’est une manière de se réapproprier la fac"

Prenez le grec par exemple ou les épiceries de la fac, elles sont bien ouvertes, tout comme la Bibliothèque universitaire. Les allées de la fac sont animées comme jamais comme le bâtiment B2, véritable QG des bloqueurs. D’ailleurs, dans le hall de ce bâtiment, il m’aura fallu près d’une demie heure pour faire le tour des tags et des affiches qui arborent désormais les murs de la fac. « Ces tags et toutes ces affiches, c’est une manière de se réapproprier la fac », m’explique une étudiante de Paris 8 en première ligne de la mobilisation et qui me décrypte ce qui se passe.

Consentement et service d’auto-défense

Certaines concernent directement la loi réformant l’université déjà adoptée, réclamant son retrait immédiat et expliquant les raisons du blocage. D’autres n’ont aucun lien mais n’en sont pas moins intéressantes à observer. C’est le cas par exemple de cette affiche sur laquelle je suis tombé et qui explique, en anglais et en français, ce qu’est le consentement. « Ces affiches sur le consentement, c’est parce qu’il y a eu quelques incidents », m’explique Carla.

Paris 8 occupée, étudiants organisés

À l’intérieur, les étudiants en grève s’organisent dans une discipline remarquable. Au mur, des plannings sont placardés pour l’organisation du quotidien : ménage, nourriture. Car pour ravitailler ce monde, il en faut de l’organisation logistique. « Il faut prévoir à l’avance le nombre de personnes qui dorment sur place pour pouvoir aussi prévoir les besoins », nous explique Clara. « Par exemple, on va au marché de Saint-Denis juste avant sa fin pour récupérer les invendus. Et on a régulièrement quelque chose« . Il y a les bouches des étudiants mais aussi celles des exilés qui ont trouvé refuge dans le bâtiment A de l’université depuis le 8 février 2018« On a installé une cuisine dans laquelle, en fonction des personnes qui restent dormir, on prépare à manger ».

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