Kamel Djama, la fusée tranquille du futsal made in 19e arrondissement

#LESBÂTISSEURS Kamel Djama est ce qu'on appelle une tête bien pleine dans un corps bien fait. Ingénieur chez Safran pour la fusée Ariane 6, il coache également les jeunes du Paris Acasa Futsal dans son 19e arrondissement parisien. Auprès d'eux, il insuffle les bonnes ondes et transmet le meilleur au point de les élever en Ligue 1 de futsal

ssp-20180211-123-1-1170x480-c-default
Au gymnase de l’avenue Mac Donald dans le quartier Rosa Parks du 19e arrondissement de Paris, le sifflet a déjà retenti et l’entraînement des premières équipes commence. Les bruits des crampons et les coups de sifflet résonnent de plus en plus fort. Cette fois-ci, c’est au tour des petits apprentis de s’affairer. Une autre équipe, de noir vêtue, patiente sur le côté. C’est bientôt son tour. Floqué sur les maillots, le nom de l’association qu’elle représente, Paris Acasa Futbal 19e, écrit en lettres blanches.

Debout sur le côté du terrain, un grand gaillard observe et donne des directives aux jeunes. Imposant, impossible de le rater avec son maillot rouge. Et lui, ne lâche pas ses ouailles de l’œil. Lorsqu’il nous voit, il esquisse un grand sourire et nous invite à le suivre aux vestiaires. 

 Être ingénieur, c’était pour la fierté de mes parents »

Âgé de 40 ans, originaire de Kabylie, Kamel Djama fait bien plus jeune : fréquenter les petits et les ados, une cure de jouvence. Lui, c’est un enfant des quartiers populaires de Paris, né et élevé dans le 19e. Un enfant du cru. « Depuis petit, je suis ici. J’ai déménagé un moment à Montreuil, mais je suis vite revenu à mes racines. Le 19e, ça me manquait trop », confesse-t-il. Après son bac, c’est dans l’univers très compétitif des classes prépas que l’homme a commencé à baigner. « Quand j’étais en prépa, à la première interro mon voisin a eu une meilleure note. Il s’est moqué de moi. À partir de ce jour, je me suis juré de devenir meilleur ! À l’interro suivante, j’ai été meilleur que lui. Ça m’a valu la phrase ‘t’es un bon Kamel, t’es un bon toi !’ ».

Kamel Djama finira par être diplômé d’une classe préparatoire en math sup : le graal ! Il continue son parcours académique jusqu’au Danemark où il y obtiendra un master en ingénierie électrique. « Être ingénieur, c’était pour la fierté de mes parents. Je sais que mon père était fier de son fils, même s’il ne me l’a jamais dit les yeux dans les yeux ».

Du 19e à la fusée Ariane

C’est entre deux questions que Kamel tente de coacher la nouvelle équipe qui entre sur le terrain. « Tiens le ballon, tiens le ballon…. voilà comme ça ! ». Implication sans relâche. Le revoici à nos côtés. Depuis neuf ans, Kamel est ingénieur dans l’aérospatial au sein de la prestigieuse entreprise Safran. Il occupe le poste de chef de programme pour le lancement de la fusée Ariane 6. Rien que ça ! « L’espace ça a pour moi une dimension magique ! C’est ce qu’on ne connaît pas, c’est pour ça que j’ai voulu me spécialiser dedans », précise-t-il, les étoiles encore dans les yeux

Pour lire la suite de ce portrait, rendez-vous sur le Bondy Blog

Soutenez le Bondy Blog

Pour continuer à faire son travail éditorial et développer ses contenus, le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez-nous en participant à notre campagne de financement.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.