« ON N’EN PEUT PLUS » : LE CRI DE DETRESSE DES JEUNES MARIES, SAMEEHA ET AYMAN

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texte se trouvant sur la page facebook " Femmes contre le blocus de Gaza"

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« ON N’EN PEUT PLUS » : LE CRI DE DÉTRESSE DES JEUNES MARIES, SAMEEHA ET AYMAN

 


C’est un véritable cri du cœur que poussent Sameeha et Ayman, un jeune couple de Gaza interviewé par la journaliste australienne Ruth Pollard,. En nous le transmettant, nos amis palestiniens insistent plus que jamais sur la nécessité de répondre, partout dans le monde, à l’appel du 8 mars des Femmes contre le Blocus. Et, en France, à participer à toutes les mobilisations possibles, y compris en allant les voir, sur place, le 8 mars prochain, en coïncidence avec la Journée Internationale de la Femme (pour tous renseignements sur les départs : écrire d’abord à femmesgaza@gmail.com)
Article de Ruth Pollard, envoyée spéciale du quotidien australien The Age dans la bande de Gaza. (Traduit de l’anglais par Femmes Contre le Blocus de Gaza – France) :


"Les bouleversements en Egypte menacent Gaza d’étouffement". Gaza-Ville : Comme cadeau de mariage, Ayman avait offert à sa jeune épouse une réservation pour deux au point de passage avec l’Egypte de Rafah, un ticket pour la liberté destiné à marquer le début de leur vie de couple.
Ayman et Sameeha, qui s’étaient connus et étaient tombés amoureux l’un de l’autre alors qu’Ayman étudiait à Paris, caressaient l’espoir de retourner dans la ville où tout avait commencé pour eux.
Les jeunes mariés devaient d’abord participer à une conférence à Genève, et puis prendre le train pour Paris où ils auraient passé leur lune de miel, respirant un peu à distance de Gaza sous blocus.
Ca ne s’est pas passé comme cela. Après avoir obtenu –tant auprès du Hamas que des autorités égyptiennes- les permis et documents leur permettant de voyager, ils ne sont heurtés à la fermeture de la frontière par l’Egypte, en compagnie de centaines d’autres Palestiniens.


« Nous avons changé nos billets d’avion à trois reprises successives, j’appelais constamment mes amis à Genève pour les prévenir de nos retards, mais on n’y est pas arrivé, ni à Genève, ni à Paris », raconte Ayman, un jeune de 27 ans qui travaille pour une organisation non gouvernementale à Gaza. L’ouverture de la frontière est un sujet sans fin dans la bande de Gaza, une bande de terre de 42 kilomètres hermétiquement bouclée de trois côtés par Israël – tant par terre, que par mer et dans l’air- et faisant face, au sud, à un gouvernement égyptien de plus en plus dur, apparemment décidé à punir le Hamas, le parti qui gouverne Gaza, pour ses relations étroites avec les Frères Musulmans.


« C’est le règne de l’insécurité et de l’inquiétude », commente Ayman. « Quand vous êtes en voyage à l’étranger, vous pouvez faire des plans pour le lendemain. Ici, ce que nous devons planifier, ce sont les choses de la vie la plus élémentaire – la nourriture, l’électricité, la fioule, l’eau, le gaz et on ne sait jamais en se lavant chaque matin si on va en disposer ».
Alors que les différents membres de la famille d’Ayman entrent dans la salle à manger où j’ai été invitée à dîner, Ayman me décrit comment le blocus, qui en est maintenant à sa septième année, affecte la vie de sa communauté.
Son propre frère, qui est ingénieur civil, est au chômage, du fait des restrictions au passage de marchandises imposées et par Israël et par l’Egypte. La destruction, par l’Egypte, des 1.200 tunnels qui servaient à fournir des matières premières à Gaza, a pour conséquence qu’il n’y a plus de ciment pour les chantiers de construction où il travaillait.


Sa petite sœur, âgée de 8 ans, ne supporte d’être obligée de faire ses devoirs à la bougie pendant les coupures d’électricité. Au cours des derniers mois, les coupures se sont multipliées, jusqu’à réduire la fourniture de courant à moins de 6 heures (et encore, pas d’affilée) par 24 heures.
Sa mère, par exemple, a passé tout le mois dernier à se lever à quatre heures du matin pour faire le repassage et s’assurer que les ordinateurs et les téléphones portables se rechargeaient au cours des misérables 60 minutes de courant disponible à l’aube.
« C’’est complètement paniquant d’être obnubilé par la crainte d’avoir oublié un objet important à recharger pendant cette heure de courant. Je ne parviens pas à me rappeler, depuis que le siège a été instauré il y a sept ans, une seule fois où nous avons 24 heures d’électricité de suite », poursuit Ayman.


Ce sont de telles tâches, a priori si ordinaires, qui détruisent les habitants de Gaza, qui volent leur temps, tous les jours avant de se mettre au travail, d’aller à l’école, d’étudier pour leurs examens et de prendre soin de leurs enfants.
Que ce soit pour trouver l’essence de la voiture, le chargement d’un téléphone, faire des arbitrages dans les médicaments que l’on pourra acquérir, prendre une douche chaude, assister à un cours à la faculté, tout cela exige des trésors de préparation, de dépenses d’énergie et de coordination, qui ont épuisé les 1,7 million d’habitants de la bande de Gaza.


(lire la suite, en anglais sur http://www.theage.com.au/world/egypt-upheavals-threaten-to-suffocate-gaza-20140117-hv8uw.html)

Femmes contre le blocus de Gaza's photo.

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