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Billet de blog 31 oct. 2010

Saint-Véran: le plus haut village de l’Hexagone

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Saint-Véran: le plus haut village de l’Hexagone
Dans les Alpes, se cachent des coins et des recoins très sympathiques. Par exemple: Queyras, un des recoins s’enfonce silencieusement dans les Alpes français, loin de Paris, proche de l’Italie, la région est cernée par des chaînes de montagne, depuis 1977, cet endroit est devenu un parc naturel. Bien que cette région ne soit aussi célèbre que celle de Chamonix, lequel tire profit du renom de Mont-Blanc, mais c’est ici, à Queyras, se positionne le village le plus haut de la France: Saint-Véran, un village situé à 2042 mètres d’altitudes, habitable depuis le Moyen-âge. Lorsque les gents parlent de Saint-Véran, on considère que c’est un village le plus proche du ciel! Un peu exagéré ? Peut-être, en tout cas, c’est un village d’altitude. Récemment, j’y ai fait un tour, on voit que des vieux chalets se reposent sereinement, près de la frontière franco-italienne, sous la caresse du soleil d’automne!Ce qui semble à encore plus intéressant, c’est que ce village Saint-Véran est entouré par de hautes montagnes (qui sont souvent plus de 3000 mètres d’altitudes). En hiver, cette terre est couverte de l’épaisse de neige et en été, arrosée par de pures eaux du glacier fondu traversant des roches dont elles sont très riches en matière minérale. Alors, malgré la terre de Saint-Véran dépassée en moyen 2000 mètres d’altitude, elle donne des récoltes : y poussent des pommes de terre, de céréale, notamment du seigle, et de légumes…
Depuis des siècles, dans la pensée traditionnelle à Saint-Véran, la culture du seigle, servant à faire le pain pour la consommation locale. Une habitante du village nous a affirmé qu’il y a 50 ans, sur le champs des environs du village, on a cultivé encore du seigle fournissant ensuite à la boulangerie, c’est ainsi qu’on disait que Saint-Véran est le plus haut village où se mange le pain fait avec les céréales récoltées dans la terre aux alentours: "la plus haute commune où l’on mange le pain de Dieu". Mais cela n’est plus le cas à notre jour, aujourd’hui, la culture des céréales est arrêtée, ce n’est pas parce que le soleil est moins chaud et la terre est moins féconde que jadis, mais parce que l’agriculture apporte très peu de bénéfice! Alors, on a choisi à abandonner la culture de la tradition, on a choisi à accepter la consommation de l’importation.Nous sommes voici en pleine d’Octobre, dans le village, il y a encore de beau jardin: les légumes (poireaux, côte de blettes et salades) et les fleurs se réjouissent de la chaleur du soleil. Un peu plus loin, on voit la montagne enneigée... où la route est gelée, une demi heure plus tard, nous devrions faire un peu de souci pour nos voitures puisqu’on n’était pas prêt à changer des pneus d’hiver, sur le col Dell’Agnello, à l’altitude de 2744 mètres, entre la France et l’Italie, c’est déjà pleine de neige et vent glacial!Loger dans un vieux gîte un peu plus bas que Saint-Véran, madame l’hôtesse nous a informé ce que dans nos assiettes: "tous les légumes que vous mangez, sont venus de mon jardin, c’est moi qui les ai plantés, la salade que j’ai repiquée en juillet, la courgette c’est ma dernière récolte…"La table à manger du gîte est longue, nous sommes une vingtaine à partager le dîner. Les légumes dans nos assiettes sont tellement bons, surtout la salade, avec beaucoup de saveurs … l’autre bout de la table, un des nôtres, est en train de raconter un épisode d’actualité: "…le plus long tunnel du monde, le Gothard vient d’achever, à son premier passage, déjà, dans la file des véhicules, un immense camion hollandais est soupçonné, ainsi que les douaniers suisses l’ont arrêté, vous savez de quelle marchandise qu’il a chargé ?"Notre raconteur s’arrête en nous demandant."Des machines.""Des matériaux de construction.""Du pétrole.""Des fruits de mer.""Non," puisque toutes les réponses ne sont pas correctes, le raconteur reprend la parole et se répond: "Des mêlons.""Des mêlons brésiliens, " il ajoute. Puis continue sa voix:"Le camion hollandais a récupéré des mêlons brésiliens depuis le port de Rotterdam, puis, à travers de l’Allemagne, en passant par le tunnel de Gothard, finalement, pour transporter des mêlons brésilien en Italie!""Mais c’est fou, Italie produit de bons mêlons, je viens de rentrer d’Italie, dans les environs de Tarente, j’ai vu à mes propres yeux, plein de mêlons et pastèques couchent dans le champ…" une des nôtres, se proteste en témoignage.Oui, il y a des mêlons partout, mais, ce ne serait pas de même prix…on veut choisir tout ce qui est moins cher et on peut payer n’importe quel prix !
Oui, à la course de la mondialisation, parfois on a peu de choix, parfois, on a trop de choix… c’est paradoxe!Soudaine, j’ai compris pourquoi à Saint-Véran, on ne fait plus le pain avec les céréales de son champ…dommage pour ceux qui aiment consommer des choses originales, apprécient des produits locaux et régionaux.Saint-Véran, le plus haut village de l’Hexagone, les légumes de cette terre sont très bons, la saveur est inoubliable…

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