Le contexte : pourquoi revenir sur cette histoire de passoire ?
Dans une récente édition de "Ça ira !", la nouvelle émission de mon quotidien préféré, la journaliste Lumi s'est prise les pieds dans le tapis en interrogeant Ian Brossat sur la façon dont Fabien Roussel incarne le PCF : "Pourquoi parler aux électeurs comme s'ils avaient des affects de droite ? Sur certains sujets sécuritaires, des choses comme ça".
Manifestement insatisfaite de la réponse expliquant en quoi la question de la sécurité est une préoccupation populaire légitime, que la gauche doit en la matière porter ses exigences et y apporter des réponses qui, précisément, ne sont pas celles de la droite, elle relance : "sur les sorties médiatiques, du coup, qui sont interprétées par une partie de la gauche et, je pense, par une partie de la jeunesse, en tout cas je peux parler pour ma génération peut-être, parfois des phrases qui sont un peu conservatrices, etcaetera".
Ian Brossat demande lesquels.
Lumi : "Vous voulez que je donne les exemples ? Par exemple toutes les petites phrases qui ont été faite sur la passoire, la France qui est une passoire migratoire..."
Un exemple qui aurait peut-être mérité une petite investigation journalistique, plutôt qu'un ressenti gauchiste mainstream basé sur un vague souvenir...
Ceci étant dit, l'interview est intéressante, vous pouvez la retrouver ici (et vous abonner à L'Humanité) : https://www.humanite.fr/politique/elections-municipales/strategie-du-pcf-logement-municipales-ian-brossat-face-a-lhumanite-ca-ira
Retour en 2023
À l’issue du Congrès du PCF qui s’est conclu à Marseille le 10 avril 2023, des activistes (je préfère ce terme à celui de militants, d’autant plus que leur « activité » se résume pour l’essentiel à décerner des bons et des mauvais points dans des arènes numériques) ont diffusé sur les réseaux sociaux l’idée selon laquelle le Secrétaire national du PCF avait tenu des propos dignes de l’extrême-droite sur l’immigration et les migrants.
Le problème des contre-vérités, c’est que, comme les rumeurs et les calomnies, elles laissent toujours des traces auprès de personnes de bonne foi qui ne vont pas toujours vérifier l’information à la source.
Ainsi, Fabien Roussel aurait affirmé tranquillement que nous - les autorités de notre pays - n’aurions pas été assez fermes par le passé avec les migrants qui franchissent nos frontières. Pour diffuser la rumeur, les petits moralistes de la « vraie bonne gauche » s’appuient sur un terme utilisé dans le discours de clôture du congrès puis sur une interview dans la matinale de BFM TV, mardi 11 avril 2023.
Cela m’a valu le 1er mai dernier une engueulade avec une camarade de très longue date, militante du Réseau éducation sans frontières, pour laquelle j’ai énormément d’estime et de considération, autant que j’en ai pour RESF et toutes celles et ceux qui mènent au long de l’année la dure bataille de la solidarité avec les jeunes et les travailleurs sans-papiers.
Alors j’ai décidé d’aller écouter intégralement cette interview, et d’en retranscrire mot à mot les 10 minutes consacrées à l’immigration. 10 minutes ! Fabien Roussel n’a donc pas tenu le propos qu’on lui prête.
Et je trouve même qu’il est ici particulièrement habile pour ne pas tomber dans le piège d’une journaliste qui choisit de faire la moitié de son interview sur une pseudo-polémique déclenchée la veille au fond à gauche de la twitosphère. Habile aussi pour déconstruire le discours de l’extrême-droite sur l’immigration (en partant précisément d’une expression - « frontières passoires » - qui a initialement été utilisé par l’extrême-droite) et s’adresser à celles et ceux qui peuvent y être sensibles en raison des expériences matérielles qu’ils et elles vivent concrètement (expériences liées aux mouvements de capitaux, physiques et financiers, et non aux mouvements de migrations humaines).
Quand la gauche, dans son ensemble et collectivement, aura compris qu’elle doit cesser de ne se parler qu’à elle-même, elle regagnera en implantation réelle dans la société et en influence dans la bataille culturelle. Elle commencera sans doute à soulever ce plafond de verre qui la maintient dans un étiage à 25/30 %, dans des élections qui comptent de moins en moins de votants.
Dernière chose, il est question dans cette interview de Georges Marchais. Il est notable que Fabien Roussel, qui reconnait par ailleurs une grande admiration pour son prédécesseur, est le premier Secrétaire du PCF à assumer ouvertement son désaccord sur certains positionnements malheureux du PCF au début des années 1980 sur l’immigration. Il l’a fait dans le livre publié au début de sa campagne pour l’élection présidentielle (Ma France – Heureuse, solidaire et digne, Cherche Midi, septembre 2021). Et sauf erreur, ni Robert Hue, ni Marie-Georges Buffet, ni Pierre Laurent, ne l’ont fait aussi ouvertement avant lui (je le dis sans avoir le moindre doute sur les positions de ces deux derniers sur le sujet).
À vous de lire, d’écouter et de vous faire un avis, avec un minimum d’honnêteté intellectuelle. Même si vous n’avez pas du tout envie d’être d’accord avec le PCF et Fabien Roussel.
Bora Yilmaz
Responsable de la commission "Lutte contre le racisme et l'antisémitisme" du Conseil national du PCF, Conseiller régional dans le Grand Est et Adjoint au Maire de Nancy
Ce que Fabien Roussel a dit (retranscription mot à mot de la matinale de BFM TV du 11/04/2023)
50’’, début de l’interview
Fabien Roussel (FR) : Je souhaite ardemment pouvoir construire une alternative à Monsieur macron et à son gouvernement. Pas une alternance, pas un changement pour le changement, mais de rompre avec des logiques économiques qui broient les êtres humains et abîment la planète. Et c’est pour ça que je lance cet appel à construire le rassemblement le plus large, ce front populaire, qui permet autant de dire non à l’extrême-droite, parce que l’extrême-droite c’est le meilleur allié du capital, mais oui à un rassemblement progressiste, à une France du travail et du progrès social.
Plus tard, 7’45’’
FR : C’est pour ça que cette ambition pour le pays, cette France libre, heureuse et forte que nous souhaitons construire, nous voulons nous adresser à tout le monde, et parmi eux, il y a énormément de français qui ne votent plus, qui sont abstentionnistes, dégoutés de la politique et des urnes. Il y a parmi eux des ouvriers, que je connais, qui s’en vont voter à l’extrême-droite pensant que c’est la réponse à leurs problèmes. Je le redis ici, l’extrême-droite, Marine Le Pen, dans son projet c’est la suppression des cotisations sociales, c’est la mort de la sécurité sociale, c’est la fin de la retraite par répartition que nous défendons. Les français ne veulent pas de la fin de la sécurité sociale, ils en veulent plus. Et c’est pour ça que nous demandons la France du travail, de remettre le travail et les salaires au cœur de la reconstruction du pays, des salaires qui rémunèrent, des salaires qui cotisent, des salaires qui financent la santé, la retraite, la sécu. C’est ça notre projet. Ça c’est la gauche, et c’est toute la gauche qui défend ça.
S’ensuit un développement sur notre exigence d’échelle mobile des salaires, sur l’inflation et le pouvoir d’achat, puis, sans transition, à 10’24’’ :
Apoline de Malherbe (ADM) : Fabien Roussel y a une phrase que vous avez prononcé lors de votre discours à Marseille hier, et qui a mis le feu au poudre…
FR : Ah bon ?!
ADM : Je vous cite « ils ont mis la France sur Le Bon Coin, ils ont signé des traités de libre-échange, ils ont transformé nos frontières en passoires, ils ont laissé filer nos usines et ils reviennent la bouche en cœur en nous parlant de souveraineté ». Ils ont transformé nos frontières en passoires ?
FR : Ouais. Ouais, parce que quand aujourd’hui, nos frontières ne sont plus…
ADM : Vous auriez voulu que nos frontières soient fermées aux travailleurs…
FR : Quand aujourd’hui nos frontières ne permettent plus de protéger nos usines, nos emplois, quand nos frontières ne permettent plus d’empêcher l’évasion fiscale, la fraude fiscale, et nos richesses de partir dans des paradis fiscaux, et bien la France devient une passoire. Nous avons perdu un million d’emplois industriels en l’espace de dix ans. Ils ont mis la France sur Le Bon Coin, ils l’ont vendu en morceau. Et quand je vois qu’encore aujourd’hui des grands groupes industriels, comme ceux de l’automobile, Renault et Peugeot, continuent d’investir en Chine pour y produire des véhicules électriques peu chers qui seront ensuite revendus en Europe et en France, je dis honte ! Et je dis même plus que ça Madame de Malherbe, je dis trahison ! Ce gouvernement, comme les précédents, ont trahi la France, ont trahi le monde du travail en vendant nos usines à l’extérieur. Et je dis autre chose, c’est que cette Europe, cette Europe libérale, cette Europe de la concurrence libre et non faussée, elle trahit aussi les français quand elle donne des subventions à des groupes comme Bridgestone, ou comme d’autres, pour pouvoir construire des usines en Europe pour fermer les nôtres en France. Ça c’est le coup de poignard dans le dos au monde du travail et aux ouvriers, aux cadres et aux ingénieurs de notre pays. Et c’est cette souveraineté-là que je souhaite rétablir. Une souveraineté industrielle, et c’est une souveraineté démocratique, ça veut dire que les français doivent choisir ce qu’ils veulent pour leur économie, pour leur pays, pour leurs enfants…
ADM : Ça veut dire Fabien Roussel que pour vous il s’agit de rétablir des frontières industrielles, mais quand vous dites « ils ont transformé nos frontières en passoires », y a évidemment la question des migrants, est-ce que vous voulez qu’il aurait fallu davantage contrôler l’arrivée y compris des travailleurs, des migrants, de ceux qui arrivent pour travailler en France ? Est-ce que… Est-ce qu’il faut être plus ferme ? Est-ce que… C’est aussi ça que vous voulez dire ?
FR : Oui plus ferme oui, y a besoin d’avoir aujourd’hui… Enfin, un pays, un État, une nation, ce sont des frontières au sein desquelles s’exercent la démocratie quand même. On définit notre pays en appartenant, donc, à la France, et c’est au sein de notre pays que nous votons. Et ce que je défends c’est cette souveraineté-là, les choix démocratiques. Et ces choix démocratiques définissent la politique que nous souhaitons mener dans notre pays. Et je vais vous donner un exemple sur ces frontières qui deviennent des passoires. Les douaniers, les douaniers qui contrôlent justement les marchandises qui rentrent à l’intérieur de notre pays, on en a supprimé 15 000 en l’espace de quelques années. 15 000 douaniers en moins ! Il n’y a plus qu’un container sur 10 000 qui sont…
ADM : Oui mais là vous nous parlez de la marchandise, mais Fabien Roussel la question c’est aussi les travailleurs, c’est aussi les migrants…
FR : Mais bien sûr, mais moi je vous parle… Vous m’avez interrogé sur les frontières…
ADM : Sur votre expression, « frontières passoires »…
FR : Les frontières territoriales, les frontières d’un État sont celles dans lesquelles s’exerce la démocratie, nos choix économiques, nos choix souverains. Et je souhaite que nous retrouvions notre souveraineté et politique, et économique. Les douaniers ont perdu 15 000 postes, il n’y a plus qu’un container sur 10 000 qui est contrôlé à nos frontières, ce sont des marchandises qui rentrent. Ce sont aussi des trafics, de drogue, d’êtres humains, et la France, oui, devient une véritable passoire. Autre chose… Alors autre chose, parlons justement de ces populations et qui viennent… Alors, il n’y a pas de frontière pour l’argent, il n’y a pas de frontières pour les marchandises qui viennent de l’étranger et qui concurrencent les travailleurs français, mais il y a des frontières pour des êtres humains qui meurent dans la Méditerranée ou sur les côtes du Nord de la France…
ADM : Alors qu’est-ce qu’on fait justement ? Vendredi il y a 2 000 migrants qui ont été secourus, rien que depuis vendredi en Méditerranée, au moment où on se parle il y a une course contre la montre puisqu’il y a près de 1 200 migrants qui se retrouvent…
FR : Bien sûr, et bien…
ADM : Qui se retrouvent sur des petites embarcations et qu’il faut sauver. Est-ce que s’ils viennent frapper aux portes d’une France communiste, imaginons c’est vous qui êtes à la tête de l’État, vous dîtes quoi à ces 1 200 migrants ? S’ils veulent venir en France, est-ce que vous dîtes « bah attention on va en garder certains et puis d’autres on va les renvoyer dans leur pays ?
FR : Ben vous voyez ce qu’on porte c’est justement un projet cohérent…
ADM : Je voudrais juste savoir…
FR : Oui mais on porte un projet cohérent pour la France, y compris pour l’Europe, une Europe qui défend et qui respecte les choix de chaque nation, mais avec des pays qui coopèrent entre eux. Et nous avons besoin de construire une Europe qui coopère entre pays, pour relever le défi climatique, économique, réindustrialisation, etcetera, etcetera. Et cette Europe-là, elle est face aussi au défi de l’accueil des personnes qui fuient des catastrophes climatiques, qui fuient des guerres, et parfois des guerres dont l’Europe, ou l’OTAN, est responsable…
ADM : Oui, et ?
FR : Et donc c’est l’ensemble des pays de l’Union Européenne qui doit créer les conditions d’accueil de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants, plutôt que de les laisser mourir dans la Méditerranée. On a quand même…
ADM : Oui mais j’ai… J’ai toujours pas compris, si les italiens les prennent pas par exemple, vous ferez quoi vous ?
FR : Bah alors on fait comment ? On a quand même, non mais on a un problème…
ADM : C’est la question…
FR : On a quand même… Non mais on a un problème à régler au sein des pays de l’Union européenne…
ADM : Non mais, est-ce que vous, vous considérez qu’on accueille tout le monde ou est-ce que vous dites « bah non si moi je suis à la tête de l’État… »
FR : Je considère…
ADM : « Je ferai un certain nombre de quotas, je dirai on en accueille, je sais pas combien par an… » Comment vous ferez ?!
FR : Je considère que chaque pays doit avoir sa politique, économique…
ADM : Oui mais la vôtre c’est laquelle ?
FR : Et chaque… Au sein de l’Union européenne, nous devons avoir chacun notre responsabilité d’accueil, et on ne doit laisser personne mourir dans un bateau, voilà…
ADM : Je vous repose la question, j’ai bien compris que vous estimiez que c’était à chacun de définir, et que l’union européenne devait faire ça tous ensemble, etcetera. Mais vous, vous êtes Président de la République Fabien Roussel vous faites quoi avec les 1 200 migrants si jamais l’Italie dit « je les prends pas » ?
FR : Mais on a un devoir de les accueillir. Enfin, non mais on est quand même… On est quand même une grande nation, avec une histoire, et nous avons un devoir d’accueil, d’humanité… Et quand je vous parle d’une France humaine, fraternelle et solidaire, c’est une France qui ne laissera aucun enfant mourir dans la Méditerranée… Mais j’entends l’appel du Pape François qui dit la même chose hein ! Qui dénonce les pays qui laisse mourir les migrants… là… sur nos terres…
ADM : Donc il faut des frontières qui ne soient pas des frontières passoires…
FR : Cet appel à la fraternité humaine, est-ce que tout le monde peut l’entendre ? Et donc, nous fermerions chacun nos frontières à des femmes et des hommes préférant les laisser mourir dehors ? Mais en revanche, les frontières sont ouvertes pour fermer nos usines, pour laisser l’argent des riches s’enfuir dans les paradis fiscaux ? C’est ce monde-là que je rejette, vous comprenez ça ? Est-ce qu’on peut à un moment donné se dire : battons-nous pour maintenir nos emplois, donnons des conditions de vie décentes à chaque travailleur travailleuse, à chaque salarié de chacun de nos pays, et en France en particulier ? Protégeons nos usines, défendons des services publics, garantissons à chacun de nos enfants des conditions de vie dignes, d’étude et de travail ! Et en même temps, si nous créons toutes ces conditions-là, mais enfin vous… Comment pourrions-nous accepter en même temps de laisser des hommes, des femmes, des enfants mourir dans la Méditerranée ou dans La Manche ? Enfin c’est… C’est pour ça que je vous parle d’un projet cohérent que nous avons pour la France, et pour l’Europe.
ADM : Est-ce que votre projet est le même que Georges Marchais ? Georges Marchais qui en 1981, votre prédécesseur, qui disait : « il faut stopper l’immigration clandestine et officielle, en raison des graves problèmes de l’immigration, les graves problèmes de l’immigration qu’il pose aujourd’hui » ?
FR : Ouais, ouais il a pas dit tout à fait ça mais enfin la question qui se pose…
ADM : Il a dit « il faut stopper l’immigration clandestine et officielle »…
FR : La question qui se pose… D’abord une erreur a été commise par le Parti communiste français à l’époque, c’est que le lien avait été fait par Georges Marchais…
ADM : La phrase exacte c’est « la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes ».
FR : Bon d’abord je ne fais pas de lien entre immigration et chômage. Que les choses soit claires, je le dis pour ceux qui voudrait encore alimenter cette machine, c’est honteux de dire ça ! Et ce n’est pas vrai ! Si aujourd’hui les usines ferment, ce n’est pas à cause des immigrés qui rentrent sur notre territoire. Si hier Bridgestone a fermé ses portes à Béthune, c’est parce que l’Union européenne a financé une usine Bridgestone en Hongrie et que les pneus sont produits maintenant là-bas. Et donc il ne faut pas se tromper d’ennemi ! L’ennemi ce n’est pas celui qui vient en bateau et qui traverse la Méditerranée pour moi, l’ennemi c’est celui qui aujourd’hui, il est en col blanc, il est à Bruxelles, ou il est ici à l’Elysée, et c’est lui qui délocalise, qui organise le grand déménagement industriel de notre pays, l’ennemi c’est…
ADM : Une fois qu’on a dit ça, est-ce que cette phrase « la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes », qui est la phrase de Georges Marchais, est-ce que cette phrase vous la considérez toujours d’actualité ?
FR : Non ce n’est pas l’immigration qui pose les graves problèmes de notre pays ! Et justement, quand j’ai fait mon tour de France des Préfectures, des Sous-Préfectures là, j’ai été dans des usines, j’ai vu des hommes qui travaillent dans la métallurgie, d’ailleurs des hommes issus de toutes les nationalités… Je les vois à Castmetal… Castmetal c’était dans le Doubs, je les vois devant moi avec des mains épaisses, le visage marqué par le travail, ils travaillent de nuit, ils travaillent dans le froid, ils ont des conditions dures, ils sont tous d’origine étrangère, ils sont là à travailler les uns à côté des autres, dans des conditions extrêmement difficiles avec des salaires de misère. Pour moi, ça c’est la dignité de la classe ouvrière et elle n’a pas de nationalité. Ces hommes et ces femmes, ils font tourner notre pays, ce sont les mêmes que j’ai rencontrés et qui ramassent les poubelles et qui ont fait grève pendant quatre semaines… Et j’ai entendu « les poubelles font grève »… C’est pas les poubelles qui faisaient grève, c’était des êtres humains et qui demander à ne pas être sacrifiés avec deux années de plus de travail. Et bien ils sont dignes et nous les défendons autant.
ADM : Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français, réélu hier et donc toujours membre de la NUPES, merci à vous il est 8h53 sur BFM TV.
Sur 20 minutes et 42 secondes d’interview, un peu plus de 10 minutes consacrées à l’immigration, avec une journaliste qui par tous les moyens essaie de faire dire à Fabien Roussel ce qu’il n’a pas dit et ce qu’il n’a pas envie de dire parce que ce n’est pas la position des communistes, malgré la petite tempête que quelques activistes numériques bienveillants ont essayé de déclencher la veille sur les réseaux sociaux, pour venir pourrir la conclusion d’un congrès qui ne leur convient pas. Le débat politique et la confrontation d’idées méritent décidément mieux.
Lien vers l’interview dans son intégralité : https://youtu.be/9H1vVcHVxNM