Encore un p'ti coup d'primaire ? Pour la route !

Maintenant que Hollande s'est retiré de la course ... rien n'a changé.

Les questions essentielles restent : qui, pour s'opposer à la droite extrême et à l'extrême droite dans l'élection présidentielle ? Manuel Valls, le coauteur d'une politique si désastreuse et si honteuse qu'elle a conduit le chef de l'état à prendre une décision qu'aucun président de la Vième République n'avait jamais été contraint de prendre : s'eclipser tête basse ?

Arnault Montebourg, si vaillant dans la primaire de 2012, si progressiste, si "à gauche" quand il a soutenu au second tour de cette primaire le plus à droite, Hollande (oui, celui-là qui vient de se coucher sur le trottoir de l'Elysée), Arnaud, si heureux jeune quinqua, avec ses potes Valls et Hamon, si fier : ministre, hé ! T'as vu ? Et qui maintenant nous la joue : "Quelle vilaine politique c'était !" ? Truqueur !

Ou Mélenchon, qui a patiemment construit son projet de politique progressiste en multipliant les consultations d'experts et qui a su s'entourer d'une pleiade de femmes et d'hommes clairement engagés dans les combats des salariés ?

Au délà de 2017, qui peut reconstruire un puissant courant populaire progressiste intégrant des socialistes, des communistes, des écologistes, mais les dépassant largement, sinon la France Insoumise ?

Les problèmes demeurent et particulièrement celui posé par Henri Weber : "Nous pouvons perdre l'élection, et même ne pas être au second tour. Ce qui serait réellement grave, ce serait que notre candidat soit dépassé par la candidature JL Mélenchon".

"Tu peux gagner la primaire, Jean-Luc !" lance le célèbre progressiste libéral-verdâtre Daniel Cohn-Bendit, sur toutes les radios, télés et feuilles de choux. Et comme souvent, il lance ce qui doit être l'axe central des propagandes dans les sept semaines à venir : Mélenchon doit participer à la primaire, et il peut la gagner. S'il ne pense pas pouvoir la gagner, comment pourrait-il battre Juppé ou le Pen ?

On est triste d'entendre un garçon aussi intelligent que Thomas Piketty reprendre un raisonnement aussi bête et aussi malhonnête. Mais cela prouve qu'on peut être un économiste compétent et se montrer aveugle à la dimension qui doit être essentielle en politique, la droiture.

Un : une primaire serait le moyen (contestable) de désigner le meilleur candidat au sein d'une même famille. Que Mélenchon et Valls participent à la même primaire serait un mensonge fait aux électeurs. Les politiques qu'ils défendent ne relèvent en aucun cas d'une même famille de pensée. JLM peut-il s'engager à soutenir Manuel Valls en cas de succès de ce dernier à la primaire ? On ne se débarrasse pas de ce fait en déclarant : "Mais Valls ne va pas gagner !" : la valeur morale d'un engagement ne dépend pas d'une prédiction de résultat. La preuve : qui imagine Manuel Valls s'engager à soutenir Jean-Luc Mélenchon ? Ce serait un mensonge ! De tels comportements prostituent la politique.

Deux : la primaire est le lieu qui convient à toutes les magouilles. Arnaud Montebourg n'a-t-il pas publiquement appelé les électeurs de droites à venir voter à la primaire des gauches pour le soutenir de manière à "torpiller" Hollande ? En dehors de l'inconscience et de l'abjection d'un tel"appel", il est de fait que rien n'empêche les électeurs de droite de CHOISIR dans la primaire leur adversaire "de gauche" ! Ceci d'autant plus que les électeurs proches du PS sont maintenant en petit nombre et que ce sera un jeu d'enfant pour tel ou tel mouvement de droite de "se farcir" tel ou tel concurrent de la "primaire" de la "Belle Alliance" (un nom vraiment superbement choisi...).

Un seul candidat à gauche, oui, ce sera le cas : Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le PG, le PCF, Ensemble, NGS et déjà bien plus de cent soixante mille citoyens.

 

 

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