Pression sur les parrainages

Le pouvoir en place peut-il empêcher la vraie gauche d’avoir un candidat à la présidentielles ?

 Le candidat de La France Insoumise peut-il être empêché par les différentes droites installées de concourir à la présidentielle ? 

 Le candidat en cause est crédité dans des sondages concordants de 13 à 16% des intentions de vote , ce qui, en nombre de votants signifierait cinq à six millions de citoyens de notre pays.

 Ce même candidat est spontanément majoritairement choisi par les électeurs qui se déclarent « de gauche » comme celui qui représente le mieux leurs valeurs, loin devant le président actuel et ses ministres.

Mais il est le candidat d'un mouvement émergent, nouveau, qu'aucun grand parti implanté depuis de nombreuses décades (PCF, PS, UDF-RPR-UDI-LR, FN) ne soutient, un parti qui participe pour la première fois à des élections et pour cette raison, ne dispose d'aucun réseau de notables.

 Le pouvoir en place peut-il, comme cela se pratique dans les régimes autoritaires d’Afrique ou d’Asie, exclure le candidat contestataire, même s’il porte les espoirs d’un français sur six ?

 Les hiérarques du parti dit « socialiste » ne se cachent pas de viser, par tous les moyens, leur adversaire principal. Henri Weber, sénateur socialiste, l’a déclaré avec philosophie :  L’histoire de la social-démocratie comporte des hauts et des bas. Perdre la présidentielle, et même être éliminé au premier tour, cela peut arriver. Ce qui serait vraiment grave, ce serait d’arriver derrière Mélenchon, car alors, le PS ne serait plus au centre du jeu politique.

Eviter la sanction de la gauche, affaiblir son candidat, c’est la priorité pour le parti au pouvoir. 

 Par tous les moyens ? 

 Spontanément on veut répondre : non, ce n’est pas possible, Jean-Luc Mélenchon, qui a obtenu plus de quatre millions de voix en 2012 et qui semble en mesure d’en obtenir beaucoup plus l’année prochaine, ne peut pas être écarté de l’élection présidentielle.

 Mais les choses sont plus compliquées. Les nouvelles réglementations concernant les parrainages braquent un projecteur sur les élus, et les maires en particulier. La pression est énorme.

Des maires nous disent « Nous n’avons pas demandé à avoir ce pouvoir ». D’autres : « Je ne veux pas d’ennuis. Je ne veut pas que le Préfet m’ait dans le collimateur durant tout mon mandat ». Dans d’autres cas, il s’agit de pressions qui émanent des Présidents de région. Le pouvoir en place dispose de beaucoup de moyens pour décourager les élus de  parrainer le candidat de gauche.

 Comme le contraire susciterait un énorme scandale, on peut prévoir que la candidature deJean-Luc Mélenchon obtiendra les cinq cent parrainages, mais il y a un autre aspect de la question : aucun candidat ne peut faire campagne sans obtenir un prêt bancaire, qui sera remboursé par une subvention étatique si le candidat obtient plus de cinq pour cent des voix. Et les banques ne prêtent qu’aux candidats qui ont déjà les cinq cent parrainages.

 La volonté du pouvoir en place, c’est donc que le candidat de gauche obtienne ses parrainages et son prêt le plus tard possible, de manière à brider sa campagne, au mépris de la démocratie, qui veut la justice et l’égalité entre candidats.

 Voilà le problème qui se pose à tous les citoyens de notre république. 

 

 

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