Les villes font la lumière sur leur facture d'électricité

Depuis des lustres, nos rues sont éclairées durant des nuits entières. On éclaire les facades d'immeubles, les voies de circulation, les stades, les magasins, les monuments, etc. Bref, la nuit, il fait encore jour ou presque. C'est à la fois, expliquent nos élus, une question d'esthétique, de valorisation des sites et de sécurité. Nous consommons ainsi , d'aprés une enquête de l'Ademe (agence pour la maïtrisede l'énergie) produite par TNS en 2007, 32 milliards de kwh pour un coût total de 2,2 milliards d'euros TTC. Ce qui représente 4,4 millions de tonnes équivalents pétrole Mais la note est de plus en plus salée et de nombreuses villes se posent la question de l'éclairage.

 

Toulouse, 4 ième ville de France, consacre par exemple 4 millions d'euros par an à son éclairage public. La ville rose est d'ailleurs l'une des plus énergivore avec 2 fois plus d'électricité consommée par habitant que n'importe quelle autre ville. L'éclairage public représente 47% de sa facture d'énergie. Pour faire des économies sans renoncer à s'éclairer, la mairie vient de décider de commander 150 mille lampes à sodium pour un montant de 6 millions d'euros. Il s'agit ainsi sur 8 ans de remplacer au moins un quart du parc d'éclairage actuel. Le Capitole prend en fait le chemin emprunté par d'autres communes qui, soucieuses des impôts locaux et des rejets de CO2, ont aussi décidé de diminuer leur facture d'électricité.

 

Parmi ses villes, Albi est pionnière. Depuis 4 ans, la préfecture du Tarn est la seule ville d'Europe équipée de lampes à halogènures métalliques de 150W avec enveloppe céramique mise au point par le Centre de physique des plasmas de l'université Paul Sabatier de Toulouse. 120 lampadaires éclairent ainsi 4 axes routiers dont le centre piètonnier et des boulevards. Les lampes sont placées dans des lumières spéciaux qui distribuent mieux la lumière et évitent la pollution lumineuse. L'éclairage est piloté à distance depuis un ordinateur par la mairie elle même. 2% d'éfficacité lumineuse en plus représente une économie de 6 à 7 tonnes de rejets de CO2 en moins. Boulogne Billancourt et Sévre dans le Val de Seine veulent économiser 38% sur leur facture d'électricité. Les deux villes ont passé en Janvier dernier un contrat public privé de quelque 92 millions d'euros avec ETDE, filiale de Bouygues, pour fournir de l'électricité verte (éolienne, hydraulique) et repenser leur éclairage public. 8.800 points lumineux seront ainsi retraités. A Orgeval dans les Yvelines, la ville a opté pour un système qui permet de réduire la tension de l'éclairage public au milieu de la nuit et d'éteindre des ronds points et des rangées de lampadaires à minuit. La facture d'électricité a ainsi été diminuée de 25%.

De grandes villes comme Quèbec ont elles aussi entrepris de faire des économies d'électricité en utilisant la technologie par courant porteur controlé et piloté à distance par ordinateur. 1000 lampadaires ont déjà été remplacés dans le centre ville depuis 2007, 1.000 autres le seront chaque année sur dix ans pour amoindrir la facture d'électricité. Par contre, les grandes villes française, comme la ville lumière Paris qui posséde 110 mille éclairages de surface, 32 ponts et 276 monuments éclairés, n'ont toujours rien entrepris de signifiant. La marge de progression d'économie d'énergie, de rejet de gaz à effet de serre, et d'une meilleure utilisation des impôts, est donc grande. La France consomme en effet 91 kwh par habitant pour l'éclairage public contre 43 kwh en Allemagne.

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