bourgade
Abonné·e de Mediapart

59 Billets

2 Éditions

Billet de blog 11 oct. 2008

L'industrie aéronautique dans l'oeil du cyclone financier

bourgade
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La crise financière est devant nous. Elle n'épargne aucun secteur de l'économie réelle mais certains sont plus emblématiques et structurants que d'autres. C'est le cas de l'industrie aéronautique qui emploie en Europe 120 mille salariés et qui entre dans l'oeil du cyclone.

C'est en tout cas, ce qu'on peut déduire de l'étude faite par le bureau d'analyse de l'assureur crédit Eurles Hermès Sfac. Dans une livraison communiqué vendredi 11 Octobre, ces spécialistes estiment que l'actuelle crise financière touchera de multiples manières les deux plus gros

constructeurs que sont Airbus et Boeing. La crise financière a pour première conséquence de restreindre le crédit aux compagnies aériennes qui ont pourtant besoin d'acheter de nouveaux avions pour rajeunir leurs flottes et réduire leurs coûts de fonctionnement. Dans ce registre, le prix élévé du kérosène pourrait mettre à terre 50 à 60 compagnies aériennes également fragilisée par la contraction du marché du tranport. Celui ci s'accroit depuis de nombreuses années de 4,5% par an. Dans l'étude Eurles Hermès, les analystes le situent à plus 3, 5% pour cette année et 1,5% de plus seulement en 2009. Moins de passagers signifie bien sûr moins d'avions en vol. Le carnet de commandes d'airbus serait ainsi impacté de 5,4% du total des commandes et celui de Boeing de 16,2%. Ce qui est peu comparé au carnet de commandes total. Mais les experts estiment qu' au delà de 2010, les choses se compliquent. " Les deux avionneurs pourraient décider de ne pas accroitre les cadences compte tenu du ralentissement en cours. Cependant un certain nombre de facteurs limiteraient le repli à moins 25% contre moins 40% en moyenne lors des précédents retournements". En effet, l'aéronautique est une industrie a cycles faite de progression et de regression.

Mais dans l'instant, le problème d'Airbus et de Boeing est de connaître l'avenir du plus gros loueur d'avions au monde, la société IFLC qui leur a commandé quelques 155 appareils dont l'A 380 et le Boeing 787 Dreamliner pour un montant d'environ 25 milliards de dollars. La filiale d'AIG, l'assureur recapitalisé par l'intervention de l'Etat américain, est en effet à vendre. Elle a elle aussi été secourue par un prêt de 6,5 milliards de dollars. Et pour le moment, les acheteurs ne se bousculent pas même si les économistes du secteur aéronautique estiment que seules les puissances du Golfe Persique et la Chine ont la surface financière nécessaire pour le faire. Bank of China a d'ailleurs racheté en 2006 la société Singapour Aircraft leasing entreprise. A moins que le patron d'IFLC n'entre au capital de la société qu'il a fondé en 1973 et vendu 1 milliards et demi de dollars à AIG en 1990, dans le cadre d'un fond de capital investissement. La question est d'autant plus sensible qu'un avion sur trois qui vole est aujourd'hui vendu par les deux plus gros constructeurs à ces sociétés de leasing. C'est dire s'il est impossible de s'en passer.

A ce jour, Airbus est cependant mieux placé que Boeing. L'avionneur européen a par exemple enregistré, au troisième trimestre, plus de commandes (785) et éffectué plus de livraisons (349) que son concurrent américain ( 623 ventes pour 325 livraisons). Il est vrai que Boeing est empétré dans une grève qui dure depuis un mois déjà et mobilisent 27 mille salariés. Ce qui a pour conséquence de perturber le calendrier du premier vol et les essais du B787 et de retarder à 2010 ses livraisons à Japan Airlines et ANA pour lesquels il faudra payer des indemnités de retard.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Fraude fiscale : la procédure opaque qui permet aux grandes entreprises de négocier
McDonald’s, Kering, Google, Amazon, L’Oréal… Le règlement d’ensemble est une procédure opaque, sans base légale, qui permet aux grandes entreprises de négocier avec le fisc leurs redressements. Un rapport exigé par le Parlement et que publie Mediapart permet de constater que l’an dernier, le rabais accordé en 2021 a dépassé le milliard d’euros.
par Pierre Januel
Journal
Cac 40 : les profiteurs de crises
Jamais les groupes du CAC 40 n’ont gagné autant d’argent. Au premier semestre, leurs résultats s’élèvent à 81,3 milliards d’euros, en hausse de 34 % sur un an. Les grands groupes, et pas seulement ceux du luxe, ont appris le bénéfice de la rareté et des positions dominantes pour imposer des hausses de prix spectaculaires. Le capitalisme de rente a de beaux jours devant lui.
par Martine Orange
Journal — Politique économique
Inflation : le gouvernement se félicite, les Français trinquent
L’OCDE a confirmé la baisse des revenus réels en France au premier trimestre 2022 de 1,9 %, une baisse plus forte qu’en Allemagne, en Italie ou aux États-Unis. Et les choix politiques ne sont pas pour rien dans ce désastre.
par Romaric Godin
Journal
Variole du singe : « J’ai un ami qui l’a attrapée, ça m’a convaincu de me faire vacciner »
Selon les derniers chiffres, 25 000 personnes ont été vaccinées en France contre le Monkeypox. Une campagne jugée insuffisante par certaines associations. Le gouvernement s’en explique par les difficultés logistiques liées au stockage des doses. Reportage au Checkpoint, à Paris, qui a déjà vacciné un millier de personnes.
par Christophe Gueugneau

La sélection du Club

Billet de blog
Décret GPS, hypocrisie et renoncements d'une mesurette pour le climat
Au cœur d'un été marqué par une sécheresse, des chaleurs et des incendies historiques, le gouvernement publie un décret feignant de contraindre les entreprises du numérique dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais ce n'est là qu'une vaste hypocrisie cachant mal les renoncements à prendre des mesures contraignantes.
par Helloat Sylvain
Billet d’édition
Les guerriers de l'ombre
« Je crois que la planète va pas tenir longtemps, en fait. Que le dérèglement climatique ne me permettra pas de finir ma vie comme elle aurait dû. J’espère juste que je pourrai avoir un p’tit bout de vie normale, comme les autres avant ». Alors lorsque j'entends prononcer ces paroles de ma fille, une énorme, incroyable, faramineuse rage me terrasse. « Au moins, j’aurais vécu des trucs bien. J’ai réussi à vaincre ma maladie, c’est énorme déjà ».
par Andreleo1871
Billet d’édition
Canicula, étoile chien
Si la canicule n’a aucun rapport avec les canidés, ce mot vient du latin Canicula, petite chienne. Canicula, autre nom que les astronomes donnaient à Sirius, étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien. Pour les Grecs, le temps le plus chaud de l’année commençait au lever de Sirius, l’étoile chien qui, au solstice d’été, poursuit la course du soleil .
par vent d'autan
Billet de blog
L’eau dans une France bientôt subaride
La France subaride ? Nos ancêtres auraient évoqué l’Algérie. Aujourd’hui, le Sud de la France vit avec une aridité et des températures qui sont celles du Sahara. Heureusement, quelques jours par an. Mais demain ? Le gouvernement en fait-il assez ? (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement