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Billet de blog 29 sept. 2008

Crise du logement: les De Robien aussi

Ce n'est pas la crise des subprimes, mais par pour ceux qui en sont les victimes, cela y ressemble un peu.

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Ce n'est pas la crise des subprimes, mais par pour ceux qui en sont les victimes, cela y ressemble un peu. Ils ont des logements sans locataires, des emprunts à rembourser, ils ont parfois hypothéqué leurs propres appartements comme apport initial et ils ne peuvent pas revendre leur nouveau bien, même à perte, puisque le crédit est aujourd'hui resserré. Ce sont les De Robien.

Les bâtiments sont neufs mais les volets sont presque partout fermés. Pourtant, le cadre est plaisant et les noms des résidences fleurent bon le calme et la douceur de vivre. Clos Valentine, les Fontaines, les Caussades, le Parc du Comminges, etc.. 10 résidences comme celles-ci ont été construites en quelques années à St Gaudens en Haute Garonne. Prés de 60 mille un peu partout en France dans les grandes villes comme Toulouse, Grenoble, la région parisienne, mais aussi dans des communes rurales. L'objectif du ministre du logement Gilles de Robien en Avril 2003, c'était de relancer la construction de logements locatifs, de détendre le marché sous tension dans certaines zones, et d'inciter les français à devenir propriétaires. Du même coup, l'Etat se défaussait, sans le dire, sur le privé de l'obligation de construire de nouveaux logements pour répondre à la demande. En effet, pour obtenir les avantages prévus par la loi De Robien, les futurs acheteurs devaient s'engager à plafonner leur loyer et à louer au moins neuf ans à des familles modestes. En contre-partie, ils pouvaient déduire de leurs impôts 50% de leur revenus fonciers, ce qui revenait à faire financer une partie de leur achat par la collectivité.

Trois ans plus tard, comme l'écrit la revue des consommateurs Que Choisir ? d'Août dernier, nous sommes à la "naissance d'un nouveau scandale".

En effet, pour vendre sur plan leurs appartements, les promoteurs n'ont pas manqué d'arguments dont certains fallacieux. Joël qui habite Paris et n'ai jamais descendu à St Gaudens y a acquis un logement de 60 mètre carrés 150 mille euros. St Gaudens, c'est , lui a t-on dit, "la banlieue de Toulouse", ville en plein développement. C'est sûr, les locataires allaient se précipiter. Mais Joël a manqué cruellement de lucidité. St Gaudens est à 90 kms de Toulouse, soit plus d'une heure d'autoroute. En région, une heure de route matin et soir pour aller travailler, c'est rédhibitoire, plus encore avec l'envolée du prix de l'essence. Aujourd'hui, son appartement est désespèrement vide et il ne trouve pas repreneur même à 120 mille euros. A Agen dans le Lot et Garonne, un T3 acheté par un autre parisien 140 mille euros ne vaut plus 2 ans plus tard que 94 mille euros. Sur un site internet, Olga confie "qu'il y a tellement de De Robien sur le marché que nous ne sommes pas sûr de pouvoir revendre à prix cassé". Quand à Zeidman dont le bien "se trouve à Ruelle sur Touvre, à 5 km d'Angoulème" il "cherche des gens dans la même situation que lui pour tenter une action en justice. Son bien acquis 134 mille euros ne vaut plus dit-il aujourd'hui que 75 mille euros.

"La revente à prix cassés n'en est qu'à ses débuts" estime d'ailleurs un notaire St Gaudinois. Quand aux agences de location locales, elles constatent que cet afflux de logements vides entraine les prix à la baisse. L'association "halte aux constructions anarchiques" demande donc au maire de ne plus accordé de permis de construire tant l'offre est importante et la demande faible.

"il est facile a posteri de relever l'imprudence de ces particuliers qui ont acheté (...) se fiant à des plaquettes promotionnelles surréalistes" explique un agent immobilier. Reste que le mal est fait et que comme pour les subprimes, ce sont les particuliers qui vont trinquer.

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