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Billet de blog 2 mai 2022

Parcours de migration et d’exil

Delphine Rouilleault, directrice de France Terre d’Asile, et Armando Cote, psychologue clinicien et psychanalyste au centre Primo Levi, invités d'une rencontre à la Bpi en février 2022, reviennent sur la réalité des parcours des migrants jusqu’à leur arrivée en France, où ils doivent affronter, à travers l’exil, d’autres difficultés matérielles et psychologiques.

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La réalité des parcours de migration

Delphine Rouilleault, directrice de France Terre d’Asile, rappelle que la plupart des migrations se déroulent à l’intérieur d’un même pays ou vers les pays limitrophes. Les migrants qui arrivent en Europe sont rares et sont passés par un parcours qui a pu durer plusieurs années. Ils ont dû traverser de nombreuses frontières politiques autour desquelles se sont multipliés les murs et barrières : cela n’empêche en rien les migrations, mais les rend plus dangereuses. Les frontières physiques à traverser (mers, montagnes) rendent aussi le parcours particulièrement difficile, parfois mortel : on estime que 20 000 migrants sont morts en Méditerranée ces vingt dernières années. 

Crise de l’accueil

Les pays d’Europe apparaissent de plus en plus réticents devant l’arrivée des migrants. Si certains pays de l’Est se montraient antérieurement les plus hostiles, la crainte de la migration touche désormais des social-démocraties comme le Danemark ou les Pays-Bas. Cette véritable crise de l’accueil met en cause le projet européen : les droits de l’Homme ne sont plus respectés et la crainte de l’étranger se banalise. Selon Delphine Rouilleault, « on est progressivement en train de laisser l’Europe se construire comme une forteresse et non plus un lieu de paix et d’accueil ». 

Une prise en charge nécessaire

La violence du parcours enduré par les migrants occasionne de nombreux traumatismes qui rendent l’intégration difficile. Cependant, la santé mentale est rarement prise en compte, et les migrants restent le plus souvent silencieux sur leurs souffrances psychiques ou n’osent pas demander de soins. D’où l’importance de structures comme le Centre Primo Levi qui, comme le rappelle Armando Cote, prend en charge 400 personnes, de 46 nationalités. 

Sans prise en charge par des structures adaptées, le risque est grand de voir les migrants détournés par des réseaux délinquants, ou, pour les femmes, des réseaux de prostitution. Pourtant, un demandeur d’asile sur deux en France n’est pas hébergé. La prise en charge par les Centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) peut prendre des mois voire des années. 

Les problèmes de langue et d’accès à Internet rendent les démarches administratives très complexes. Ces formalités ont encore été complexifiées et ralenties pendant la période du Covid-19, ce qui a occasionné des ruptures de droit : les délais de traitement d’une demande peuvent entraîner l’annulation des démarches entreprises précédemment. 

Gilles d'Eggis, Bpi

Plus d'articles sur le cycle de conférences « Migrants, réfugiés, exilés » à lire sur Balises, le magazine de la Bibliothèque publique d'information. Revoir la conférence dans le Replay de Balises.

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