Les malheurs des uns ne doivent en aucun cas faire ignorer ceux des autres...
Au nom de l'actualité, un véritable hit parade de la détresse « organise » nos esprits alors que tout malheur prend sa source dans cette misère de vivre qui reste tristement universelle et intemporelle dans toute tragédie humaine...
Au nom de l'information, les médias véhiculent l'actualité se prévalant du scoop, et dans une sorte de volubilité soporiphique et cynique, méprisent sans vergogne les plus petits...
Au risque de les rendre encore plus invisibles...
Au nom de l'urgence, il est heureux que des prises de conscience fleurissent. Mais pourquoi devraient-elles se manifester au détriment de celles qui végètent depuis des lustres sur nos trottoirs, les remisant en arrière plan social alors que la mort n'en reste pas moins l'issue commune ?...
L'attrocité des derniers événements...
129 victimes de la barbarie terroriste en un seul jour...
Des centaines de blessés...
Au delà des frontières et des couleurs, c'est l'humanité toute entière qui saigne...
Et pas seulement la France...
Hélas, cette tragédie rejoint celles qui résonnent dans les quatre coins du monde, chaque jour...
Non, nous n'avons pas le droit de minimiser l'horreur qui a frappé la France !
Oui, la France est meurtrie par ce déferlement de violence inavouable parce que les fondements mêmes du droit universel à la « vie » est remis en cause !...
La raison nous interdit de l'oublier...
Comme elle nous interdirait d'oublier TOUTE VICTIME qui tombe chaque jour à côté du sensationnel de l'actualité...
En effet, le plus sournoisement du monde, aujourd'hui, quelques médias s'emparent, ENFIN !, d'une information développée en juillet 2014 par le « Quotidien du Médecin » et qui, jusque là, était enrobée d'une indifférence manifeste...
Une information qui dénonçait 6730 morts de la rue en trois ans, en France !
Soit plus de 2 243 victimes par an dans la sixième puissance mondiale et dit berceau des Droits de l'Homme !
Une information immédiatement prise en compte par le 115 Du Particulier comme peuvent l'attester les nombreux échos faits sur nos supports de com.
ÉTRANGEMENT, cette information n'a pas retenue l'attention de l'ENSEMBLE de l'action sociale FRANÇAISE !
A ce stade, n'est-il pas important de se demander pourquoi ?...
Une information aujourd'hui relayée qui, a en comprendre les divers développements du moment, se contentent de considérer 2000 victimes par an, soit ipso facto 6000 en trois ans !
En un tour de main, l'information d'origine se voit amputée de quelques 730 personnes décédées !
Au nom de quoi priverait-on 730 personnes du droit de citer ?
Parce qu'elles appartiennent à un monde QUE L'ON NE VEUT PAS VOIR et QUE L'ON S’INGÉNIE A RENDRE INVISIBLE par la NON-INFORMATION...
6 730 victimes directement engendrées, de toute évidence, par nos égoïsmes sociaux QUOTIDIENS et qui ne risqueront jamais de faire la une de l'actualité puisque jusqu'à la mort : Une non reconnaissance sociale DOIT les accompagner !...
Force est de constater que la France n'a jamais été plongée dans un quelconque état d'urgence au nom de ces 6 730 victimes de l'oubli...
6 730 victimes qui informent pourtant à qui veut l'entendre qu'on n'a jamais autant crevé dans les rues de France et que l'assistance à personne en danger n'étouffe pas la conscience collective faute de sensationnel !
Par contre, l'état d'urgence vient d'être instauré pour une autre cause qui, rappelons le encore, est plus que justifié.
Cependant, cette mesure NÉCESSAIRE s'accompagne d'un tri sélectif qui n'est pas sans faire de victimes supplémentaires par extension et l'ordonnance ÉTATIQUE des priorités qui la motive nous laisse comme un arrière goût d'injustice caractérisée...donc
L'état d'urgence vient d'interdire, entre autres, aux camions des Restos du cœur d'assurer leur distribution quotidienne sous prétexte de ne pas promouvoir les rassemblements publics qu'ils génèrent. Privant ainsi quelques 70 000 SDF parisiens de manger tout simplement.
Les pouvoirs publics invoquent la sécurité !
A côté de ça, l'état d'urgence autorise l'ouverture des grandes surfaces, des galeries marchandes, des, futurs marchés de noël, des piscines, des patinoires, des gares, des aéroports, des hôtels, des stades, des théâtres, des cinémas, des salles de concert... En fait TOUS les lieux les plus fréquentés de la capitale !
On laisse donc accessible TOUS les endroits où la population est réellement exposée au vu des derniers événements, confortant ni plus ni moins le statut de cibles potentiellement visées par le TERRORISME ! En parallèle, on va interdire les distributions alimentaires qui répondent à une simple assistance à personnes en danger et qui manifestement intéressent en rien ledit terrorisme, jusqu'à preuve du contraire !
Comment ne pas entendre que ces ouvertures n'ont qu'un intérêt commun : L'argent qu'on y brasse en période de noël ?
De toute évidence, les attaques terroristes n'inquiéteront jamais les dindes aux marrons et les overdoses de foie gras baptisées au coca cola !
Privilégier le commerce coûte que coûte au détriment de la sécurité, tout en interdisant la survie d'une poignée de clodos reste du meilleur effet et signe l'ignominie la plus méprisable.
Ça n'a pas l'air de trop déranger l'opinion public puisque ce public va pouvoir faire quand même « la bombe » pendant que d'autres vont continuer à sauter à la corde et que même, qu'on va les aider encore plus à crever la gueule ouverte et pas seulement !...
129 personnes qui n'ont demandé qu'à vivre font la Une du monde...
Et 6730 autres, avec le même désir de vivre et qui par la force de nos égoïsmes se contentent de survivre, qui se voient un peu plus condamnées à mourir dans l'anonymat et l'indifférence générale.
Le monde des laissés pour compte n'est vraiment pas prêt de connaître la lumière de l'équité sociale si chère aux théories républicaines !
Vous avez demandé la justice ?
Ne quittez pas...
Et si l'abonnement n'est pas résilié faute de conscience, profitez de l'occasion pour lui demander, aussi, pourquoi le plan grand froid n'est pas encore instauré en France à la fin novembre ?
Brann du Senon