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Billet de blog 10 mai 2013

Histoire de l'esclavage

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'esclavage couvre plus de trois siècles d'histoire, du milieu du XVIe siècle jusqu’à la loi d’Or de 1888 (qui abolit cette institution au Brésil). C'est un élément fondamental de l'histoire des Amériques.

 Au travers de ses origines, ses mythes, son histoire et ses légendes, l'esclavage est un des ferments les plus puissants des identités américaines.

Le Brésil a la particularité d'ouvrir et de clôturer ce chapitre sordide de l'histoire humaine. La mémoire de ce crime collectif continue à rythmer cette société au travers d'une profusion de fêtes (Carnaval, le "Jour de la Conscience Noire", le Mardi Noir à Recife,…), de commémorations et de luttes politiques qui visent, pour l’essentiel, à doter les minorités noires et indiennes d’une plus large visibilité dans le paysage démocratique du pays.

 La colonie brésilienne avant la traite négrière

La traite atlantique s'initie milieu du XVIe siècle, au moment où les Indiens commençaient déjà à manquer pour plusieurs raisons. 

  •  Les épidémies de variole et de grippe importées d’Europe avaient considérablement décimé les peuples indiens. (Les historiens estiment de 75% à 90% la population indienne décimée dès le premier siècle de la colonisation des Amériques.)
  • D’autre part, bon nombre de peuples survivants entreprirent d’émigrer plus loin dans les terres. D'autres se révoltèrent contre les colonisateurs qui ne rêvaient que de les réduire au servage.

Les Indiens détruisirent ainsi un nombre significatif de jeunes capitaineries portugaises.

 Qu’est-ce qui a pu expliquer un tel revirement de la part des Indiens, dont on sait que les premiers contacts avec les Portugais furent peu conflictuels, au moins jusqu’en 1550 ?

 Bartolomé Bennassar avance l’idée que jusqu’au milieu du XVIe siècle, l’économie dominante procédait largement de l’exploitation du bois-brésil (pau-brasil), une activité qu’il qualifie de peu contraignante pour les Indiens.

C’était, comme le note Bennassar, un travail           « épisodique [qui] ne les obligeait pas à adopter un mode de vie sédentaire et ils y gagnaient un outillage de qualité, en métal, et des produits de peu de valeur en Europe mais qui avaient pour eux le mérite de la nouveauté – tissus, chapeaux ou miroirs, par exemple. ».

C’était en quelque sorte un échange de bons procédés.

La traite atlantique s'imposa comme une fatalité  dès les débuts de l'exploitation sucrière, vers 1530. La construction des premiers moulins nécessitait en effet une main d’œuvre abondante, régulière et sûre.

Les colons Portugais décidèrent donc, avec l’appui de la couronne, d’asservir les Indiens. Mais ce n’était pas si simple. D’abord parce qu’une bulle du Pape Paul III reconnu que les Indiens avaient une âme (amen !) : les Portugais ne pouvaient donc plus les priver indûment de leur liberté.

De plus, les Indiens trouvèrent chez les Jésuites des alliés puissants qui n’hésitèrent jamais à s’opposer à la vénalité de la couronne et des seigneurs de la terre. L’appui du Pape et des Jésuites ne furent certes jamais suffisant pour stopper les entradas mais au moins, ils en diminuèrent l’intensité.

On ne peut que regretter que le zèle des Jésuites à protéger les Amérindiens n’ait jamais su inspirer une action similaire envers les peuples d'Afrique…

Ainsi, confrontés à un manque de main d’œuvre au moment où ils en avaient cruellement besoin pour le développement des économies sucrières, les Portugais se résolurent à déporter des esclaves Africains. 

Davantage d'info ici : http://www.brasilpassion.com/traite-negriere.html

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