LES CHEMINS DU VENT par Brigitte Faure

Les chemins du vent

par Brigitte Faure

 

Le livre de Brigitte Faure nous propose le spectacle et la méthode d’une introspection. Livre-analyse, et monologue intérieur, Les chemins du vent nous incitent à une remise en cause personnelle des chemins déjà empruntés, dont certains se révèlent être des voies sans issue. Dès la page 11, c’est une feuille de route que tend l’auteure à ses lecteurs, quand elle les incite à Oser ouvrir une autre voie de possibles. Elle se rapproche ici de Rainer Maria Rilke qui, dans ses Élégies de Duino, nous tend aussi la perche immense de l’Ouvert, perche que nous avons tant de mal à saisir, captifs que nous sommes, sous le coup d’innombrables fermetures civilisationnelles.

 Brigitte Faure nous dit sa fascination pour la nature et ce qui la constitue : de l’animal, du végétal et du minéral. L’ara macao d’Amérique du sud est tout autant objet de son affection que les rochers du Sidobre, dont le regroupement prétendument désordonné se nomme chaos.

 D’une page l’autre, ce livre de sagesse trouve lentement son devenir. L’histoire émerge, se structure de façon poétique et philosophique. Lecteurs, nous regardons par-dessus l’épaule de Brigitte Faure tandis qu’elle-même découvre pas à pas la réalité profonde de son écriture.

 Le récit nous conduit jusqu’au point où, dans nombre d’autobiographies, le destin individuel apparaît dans sa solitaire originalité. Existe-t-il deux vies semblables ?

 Si ce texte se lit comme un roman, c’est aussi parce que les révélations et les réflexions de Brigitte Faure, petite dernière de sa fratrie, nous tiennent en haleine jusqu’au tout dernier chapitre. La tension permanente qui règne dans son écriture provient de la complexité de sa relation avec père et mère — relation qu’elle ne parvient à démêler qu’à la fin du livre.

 Cette autobiographie pourrait paraître plutôt cérébrale — ce qui ne signifie pas ‘intellectualiste’. L’auteure nous explique pourquoi : J’ai vécu dans un monde où la mère ne prend pas les enfants dans ses bras, n’exprime pas son émotion, ne dit pas « je t’aime ». Un monde qui n’est pas fait de chair et de sang, un monde mental, et c’est par le mental que je le répare avec les mots. 

 L’intervention littéraire de l’auteur compte assurément, pour tout un chacun, parmi les meilleurs encouragements à s’ouvrir, à parler. Sa narration se donne un ancrage temporel et terrestre en progressant selon le déroulé des saisons.

 À n’en pas douter, pour cette auteure, l’écriture est bonheur. Elle ne cesse de le clamer. Sa joie en devient communicative : Écrire m’enchante. […] J’écris et le feu qui m’habite s’envole en volutes. […]. Sa langue vigoureuse et imagée en atteste.

 Nous sommes tous esclaves de quelqu’un ou de quelque chose, nous prévient-elle. Même les « grands » de ce monde, esclaves de l’argent et du pouvoir. Voilà qui est dit de notre liberté individuelle.

 Brigitte Faure est médecin. Elle a son mot à dire sur l’actuelle crise sanitaire : La France est totalement paralysée, otage d’un minuscule ennemi, le coronavirus (covid.19). Arme bactériologique très probablement échappée du laboratoire de recherche de Wuhan, la ville de Chine qui a vu le démarrage de cette épidémie mondiale. Laboratoire qui est spécialisé dans la fabrication du covid.19…

Ne disons rien de la fin poignante de ce beau récit, émaillé d’émotions polychromes, et convaincant de sincérité.

Pierre-Jean Brassac,

mai 2021

 Les chemins du vent, Brigitte Faure. 248 pages, 12 €.

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