J' étais Charlie, je suis retraité, je serai toujours debout

Retraite : dans la pensée libérale et de ses obligés actuellement au pouvoir, les synonymes sont clairs : inactivité, rebut, assistanat, coût, réforme, déchet, charge...

Retraité : inactif, pensionné, malade, sangsue, privilégié, égoïste, parasite...

Le libéralisme méprise ou hait le retraité, tout comme le chômeur, le handicapé, l'esprit simple,  l'artiste de rue, l'intellectuel libre, le paysan, le poète... Il aime le Téléthon, les Restos du Coeur, les quêtes et certainement les cimetières. Tous organisés, animés et financés  par des bénévoles. Le profit ne se partage pas.

La bataille du siècle, oui, du siècle pour ce que l'on en connaît, est engagée. Elle est intergénérationnelle et civilisationnelle. Elle se veut universelle.

Hésiter, renoncer, s'agenouiller, passer sous le joug, courber la tête, bredouiller, composer avec l'infâme, c'est trahir l'humain de notre société, de notre civilisation issue des Lumières ; c'est se condamner, condamner ses proches ou ses semblables, condamner les générations futures. C'est participer au retour de la barbarie sociale qui a déjà tâché les décennies, les siècles et les millénaires. 

Accepter, ne serait-ce que du bout des lèvres, la mise à mort définitive des extraordinaires progrès pour l'Homme construits par le Conseil National de la Résistance après des années de carnage, porteurs de projets et d'engagements  à l'égal symbolique de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, c'est renoncer à la Dignité de l'être humain. Et la lâcheté n'appelle jamais le pardon.

Ne biaisons pas. Nous sommes tous au pied du mur. On agit, on réagit ou non. On choisit : solidarité entre les générations ou loi de la jungle ?  Quand l'heure est tragique, et bien, non, il n'y aura pas de pardon.

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